Un hiver déjà marqué par des précipitations hors normes
Les spécialistes se veulent toutefois rassurants. Nils est annoncée comme moins intense que les deux tempêtes précédentes. Il s’agirait d’un épisode hivernal actif, mais sans caractère exceptionnel ni niveau d’alerte majeur à ce stade.
Ces dernières semaines, le Nord du pays a connu des cumuls de pluie particulièrement élevés, sous l’effet de dépressions atlantiques successives alimentées par des flux d’air très humides. La tempête Leonardo avait provoqué jusqu’à 130 mm de pluie en 24 heures dans certaines zones du Rif et du bassin du Loukkos. À Tanger, 142 mm avaient été relevés en 48 heures, soit l’équivalent d’un mois et demi à deux mois de précipitations.
La dépression Marta a ensuite prolongé cette dynamique. À Tanger, plus de 92 mm sont tombés en 24 heures. Sur neuf jours, la ville a cumulé environ 398 mm, alors que la moyenne mensuelle habituelle de février tourne autour de 80 mm. Certaines zones ont ainsi enregistré trois à quatre fois leurs normales mensuelles.
Depuis septembre, début de la saison humide, les cumuls restent globalement excédentaires dans plusieurs régions du Nord. Tanger dépasse les 760 mm, un niveau favorable pour les ressources hydriques, notamment les barrages et les nappes phréatiques.
Nils, un épisode pluvieux d’ampleur modérée
Dans ce contexte déjà très arrosé, la tempête Nils devrait apporter de nouvelles précipitations vendredi et samedi, avec des effets plus marqués sur le Rif, le Loukkos et la région de Tanger. Les cumuls annoncés sont faibles à modérés, localement plus significatifs sur les reliefs.
En se dirigeant vers le centre du pays, les pluies devraient progressivement perdre en intensité, tandis que les provinces du Sud ne seraient pas concernées par cet épisode.
Retour progressif à l’accalmie
À partir de dimanche et en début de semaine prochaine, le retour de l’anticyclone des Açores devrait favoriser une amélioration progressive des conditions météorologiques et une stabilisation du temps.
Après un hiver déjà fortement marqué par les perturbations, l’arrivée de Nils s’inscrit donc comme une séquence supplémentaire, appelant à la vigilance locale, notamment dans les zones saturées en eau, mais sans dramatisation excessive.