Top School in Morocco 2026 : Wald Maâlam applaudit… mais pose quelques questions

Réputation, employabilité, IA et orientation des futurs étudiants marocains.


Par Dr Az-Eddine Bennani.

Le classement Top School in Morocco 2026 vient d’être publié. Fondé principalement sur la perception de DRH, de recruteurs et de professionnels, il propose une photographie des écoles marocaines les plus reconnues par le marché du travail.

Wald Maâlam souhaite d’abord saluer l’initiative.

Dans un paysage de l’enseignement supérieur devenu dense, parfois difficile à lire pour les familles et les futurs étudiants, disposer d’indicateurs peut être utile. Beaucoup de lycéennes, de lycéens et de parents cherchent aujourd’hui des repères.

Mais, comme souvent avec les classements, une question importante mérite d’être posée : que mesure‑t‑on exactement ?



Dans le cas présent, la méthodologie repose essentiellement sur la perception des recruteurs.

Autrement dit, le classement mesure principalement la réputation des établissements, leur image auprès des entreprises, leur attractivité perçue et la confiance que certains employeurs accordent à leurs diplômés.

Ces dimensions sont importantes. Mais elles ne recouvrent pas nécessairement l’ensemble de ce qui fait la valeur profonde d’une formation. Une école peut être très connue sans être la meilleure pour tous les profils.

Une autre peut être moins médiatisée tout en proposant une pédagogie remarquable, une forte proximité avec les étudiants, une réelle innovation pédagogique ou un environnement humain exceptionnel.

Dans l’univers du Maâlam, la réputation compte. Mais le vrai jugement intervient souvent ailleurs : dans la qualité du geste, la transmission du savoir‑faire, la rigueur de l’apprentissage et la capacité à former des femmes et des hommes capables de progresser, d’innover et de durer.

Aujourd’hui, un mot semble s’être installé partout : IA. Programme IA. Master IA. Campus IA. Certification IA. Comme si l’ajout de deux lettres suffisait soudainement à garantir l’avenir professionnel d’un étudiant. Wald Maâlam observe cette tendance avec intérêt mais aussi avec prudence.

Une formation solide en intelligence artificielle ne se réduit pas à un label marketing. Elle repose sur des fondations plus durables : mathématiques, informatique, données, systèmes, stratégie, sciences humaines, éthique et esprit critique.

Le marché du travail recherche de plus en plus des profils hybrides : ingénieurs capables de dialoguer avec les métiers, managers comprenant la technologie, spécialistes de la donnée sachant saisir les réalités sociales et économiques.

Wald Maâlam invite donc les futurs bacheliers marocains à utiliser ce type de classement avec intelligence : non comme une vérité absolue ni comme une unique boussole, mais comme une source d’information parmi d’autres.

Avant de choisir une école, il peut être utile de demander : qui enseigne réellement ? Quelle pédagogie ? Quel accompagnement ? Quelle place pour la créativité, l’ouverture internationale, la recherche, les compétences humaines et la capacité d’apprendre toute une vie ?

Top School in Morocco 2026 apporte une contribution utile au débat.

Mais aucun classement ne peut résumer à lui seul la richesse, la diversité et la complexité de l’enseignement supérieur marocain.

Car, comme le sait tout Maâlam, ce n’est pas seulement le nom de l’atelier qui fait l’avenir de l’apprenti. C’est aussi ce qu’il y apprend réellement.

Par Dr Az-Eddine Bennani.


Mardi 26 Mai 2026

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