Tourisme : déjà 9,4 millions de visiteurs, mais Rabat et Ouarzazate volent la vedette


Rédigé par La rédaction le Mercredi 2 Septembre 2026

Le Maroc poursuit sa croissance touristique. Pourtant, le signal le plus intéressant du semestre pourrait être moins le record national que la montée de destinations jusqu’ici secondaires dans la carte touristique du Royaume.



Le Maroc approche 9,4 millions de visiteurs au premier semestre 2026 et engrange 64,9 milliards de dirhams de recettes voyages. Mais derrière ces résultats désormais presque habituels, deux chiffres méritent davantage d’attention : les nuitées progressent de 23 % à Ouarzazate et de 20 % à Rabat. Un signal encore fragile, mais potentiellement révélateur d’un tourisme marocain qui commence à mieux se répartir sur le territoire.

Il devient presque difficile de surprendre avec les statistiques du tourisme marocain. Records d’arrivées, progression des recettes, nouvelles liaisons aériennes : depuis trois ans, les indicateurs s’alignent dans la même direction.

Le premier semestre 2026 ne déroge pas à la règle.

Près de **9,4 millions de visiteurs** ont été enregistrés à fin juin, soit 6 % de plus qu’un an auparavant. Dans le même temps, les nuitées des établissements touristiques classés ont progressé de 9 % et les recettes voyages ont atteint 64,9 milliards de dirhams, en hausse de 15,9 %. 

Mais le chiffre le plus intéressant est peut-être caché quelques lignes plus bas dans la note de conjoncture de la DEPF.

À Ouarzazate, les nuitées augmentent de 23 %. À Rabat, de 20 %. Aucune des grandes destinations traditionnelles ne fait aussi bien : Agadir et Casablanca progressent de 11 %, Marrakech et Tanger de 10 %. 

Une géographie touristique qui s’élargit ?

Il faut garder la tête froide. Ouarzazate part d’un volume beaucoup plus faible que Marrakech ou Agadir. Une progression de 23 % ne signifie donc évidemment pas que la ville du cinéma et du désert est devenue la première destination touristique du Royaume.

Mais la tendance mérite attention.

Pendant longtemps, la croissance touristique marocaine a été extrêmement concentrée autour de quelques locomotives : Marrakech pour le tourisme culturel et urbain, Agadir pour le balnéaire, Casablanca pour les affaires et Tanger comme nouvelle destination du nord.

Rabat offre aujourd’hui un cas différent.

Capitale administrative, longtemps davantage visitée pour le travail que pour les vacances, la ville semble progressivement devenir une destination à part entière. Son aéroport confirme d'ailleurs ce regain d'activité : 1,217 million de passagers au premier semestre, soit +14,8 %. 

Patrimoine, musées, Bouregreg, équipements culturels, événements et nouvelles capacités hôtelières peuvent contribuer à cette transformation. Mais les statistiques disponibles ne permettent pas encore d'en mesurer précisément chaque effet.

Ouarzazate raconte une autre histoire : celle d'un Maroc touristique intérieur qui pourrait profiter davantage de la demande pour le désert, le patrimoine, le cinéma et les circuits d'expérience.

Plus de touristes, mais surtout plus de valeur

L’autre signal du semestre est économique.

Alors que les arrivées progressent de 6 %, les recettes voyages augmentent de 15,9 %. Autrement dit, les devises générées progressent beaucoup plus vite que le nombre de visiteurs. 

C’est probablement le véritable enjeu de la prochaine étape.

Après 19,8 millions de visiteurs en 2025, le Maroc vise désormais 26 millions à l’horizon 2030. La stratégie officielle mise sur la connectivité, l’offre touristique, l’investissement et une meilleure distribution territoriale de la croissance. 

Accumuler les visiteurs ne suffira cependant pas.

Le succès sera aussi mesuré à la capacité du pays à faire séjourner plus longtemps, dépenser davantage et surtout sortir une partie des flux touristiques des mêmes cinq ou six destinations.

À ce titre, les +23 % d'Ouarzazate et les +20 % de Rabat valent peut-être davantage qu'une simple bonne statistique semestrielle.

Ils pourraient constituer le début d'un rééquilibrage. À condition, bien sûr, que le second semestre confirme la tendance.

 




Mercredi 2 Septembre 2026
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