Le Canada prépare un test de contrôle aérien à distance. Radio-Canada rapporte que Nav Canada a construit à Kingston une première tour numérique qui pourrait, à terme, desservir jusqu’à une quinzaine d’aéroports. Les avions arrivant à Hamilton seraient alors guidés par des contrôleurs installés à près de 300 kilomètres, grâce à des caméras haute définition, une vision infrarouge et une salle dotée de douze écrans.
Le projet répond notamment à une pénurie d’environ 200 contrôleurs. L’intelligence artificielle aide à repérer les aéronefs et les dangers, mais les décisions restent humaines, précise le partenaire technologique cité. La continuité repose sur des caméras supplémentaires, des alimentations de secours et deux fournisseurs de télécommunications indépendants. Le syndicat des contrôleurs souligne toutefois les risques liés aux ressources humaines et aux défaillances techniques, tandis qu’un expert rappelle la nécessité de se prémunir contre les cyberattaques.
Pour le Maroc, aucune adoption locale n’est annoncée par la source. L’expérience canadienne pose néanmoins une question concrète pour un réseau aéroportuaire en développement : la mutualisation à distance peut-elle améliorer la disponibilité des compétences sans affaiblir la sûreté ? Avant tout déploiement, l’exemple de Nav Canada invite à tester la redondance des télécommunications, le facteur humain et la cybersécurité. Les essais opérationnels à Kingston doivent commencer l’an prochain, avant une éventuelle autorisation de Transports Canada.