Transferts MRE à plus de 122 MMDH en 2025 : un excédent des services à 159,66 MMDH qui soutient l’économie marocaine


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 2 Février 2026

Les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger ont franchi en 2025 un nouveau palier symbolique, dépassant les 122 milliards de dirhams. Portée par la diaspora et par la bonne tenue du tourisme, l’économie marocaine bénéficie d’un appui extérieur solide, même si les fragilités structurelles demeurent.



Les chiffres publiés par l’Office des changes confirment une tendance désormais bien installée. En 2025, les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont atteint plus de 122 milliards de dirhams, contre 118,9 milliards un an plus tôt. La progression est de 2,6 % en glissement annuel. Une hausse modérée, certes, mais significative dans un contexte international encore marqué par l’inflation, le ralentissement économique en Europe et des tensions géopolitiques persistantes.

Les transferts MRE, un pilier discret mais décisif

Ces flux financiers jouent un rôle que les statistiques peinent parfois à traduire pleinement. Ils soutiennent la consommation des ménages, contribuent à l’investissement immobilier et participent à la stabilité des réserves en devises. Dans de nombreuses familles marocaines, ces transferts constituent un filet de sécurité, parfois la condition même de projets éducatifs ou entrepreneuriaux. Leur régularité, malgré les cycles économiques, en fait l’un des piliers les plus fiables de l’économie nationale.

Une balance des services en nette amélioration

Au-delà des transferts MRE, l’année 2025 se distingue par la forte progression de l’excédent de la balance des services, qui s’établit à 159,66 milliards de dirhams, en hausse de 14,2 %. Cette performance résulte d’une augmentation simultanée des exportations de services, en hausse de 11,9 % à 315,03 milliards de dirhams, et des importations, qui progressent de 9,7 % à 155,37 milliards. L’écart reste favorable au Maroc, confirmant le rôle stratégique des services dans la correction partielle des déséquilibres extérieurs.

Le tourisme, moteur central de la dynamique

La balance Voyages illustre le mieux cette dynamique. Son solde positif dépasse 105,12 milliards de dirhams, en hausse de 23,5 %. Les recettes touristiques atteignent plus de 138,1 milliards de dirhams, soit une progression de 20,6 %, tandis que les dépenses liées aux voyages augmentent de 12,3 % à 32,98 milliards. Le différentiel reste largement en faveur du Royaume, porté par la reprise soutenue des arrivées touristiques et par le positionnement du Maroc comme destination stable et attractive.

Des équilibres encore fragiles

Ces performances ne doivent toutefois pas masquer certaines vulnérabilités. Le déficit commercial sur les biens demeure élevé, reflétant une dépendance structurelle aux importations, notamment énergétiques et industrielles. Les recettes issues des MRE et du tourisme agissent comme un amortisseur, mais ne sauraient, à elles seules, corriger durablement ces déséquilibres.


En 2025, les transferts des Marocains du monde et la vigueur des services offrent à l’économie marocaine une respiration bienvenue. Le défi reste désormais de transformer cet appui extérieur en levier de croissance durable, créatrice de valeur et d’emplois, afin que la résilience conjoncturelle se mue en solidité structurelle.





Lundi 2 Février 2026
Dans la même rubrique :