Trophée en transit… Escale festive avant restitution obligatoire


Rédigé par le Dimanche 29 Mars 2026

À défaut de pouvoir garder la coupe, autant lui offrir un voyage… Direction Paris, escale chic et ambiance festive pour un trophée en transit… entre deux statuts juridiques... Sur le quai, on applaudit, on immortalise, on célèbre… comme si le titre avait ses papiers en règle, alors qu’il semble surtout en situation administrative irrégulière…



Par Mohammed Yassir Mouline

Dans cette comédie diplomatico-sportive, le trophée devient touriste malgré lui… exhibé, photographié, presque naturalisé le temps d’une soirée... Une escale joyeuse, certes, mais au parfum de sursis… Car pendant que certains organisent le pot d’adieu, d’autres préparent déjà l’inventaire… et la restitution… Bienvenue dans la CAN version salle d’embarquement… ici, on fête les départs plus que les victoires…
 
À Paris, capitale mondiale du romantisme… et désormais des séparations douloureuses, on ne pleure plus les amours perdues mais les coupes en sursis… Le Sénégal y organise, tenez-vous bien, une cérémonie d’adieu au trophée de la CAN... Oui, un enterrement de première classe pour un titre encore tiède, posé là comme un bagage oublié sur le quai… sauf que le train, lui, est déjà parti en direction de Rabat…
 
Dans un stade aux allures de séance photo de fin de colonie de vacances, Sénégalais et Algériens immortalisent “leurs derniers instants” avec la coupe… Selfies par-ci, embrassades par-là… On se croirait à un pot de départ, sauf que le collègue n’a jamais vraiment été titularisé… Mais peu importe… l’essentiel est dans la mise en scène… Après tout, on ne rend pas un trophée tous les jours… autant en faire un spectacle… !!

Officiellement, pas de provocation… Non, non… Juste une “fête d’adieu”… Une sorte de mariage… avec divorce programmé... On danse, on sourit, on savoure… La coupe passe de main en main comme un héritage déjà contesté chez le notaire… Ambiance… orchestre en sourdine et parfum de fin de règne… !!
 
Pendant ce temps, au Maroc, on ne sort pas les mouchoirs mais les codes juridiques... Car pendant que certains dansent la rumba du trophée éphémère, d’autres affûtent les articles de loi comme des scalpels... Le barreau mobilisé, un huissier dépêché… voilà que le match Sénégal–Pérou se transforme en scène de crime… sportif… !! Mission de l’émissaire assermenté… relever les identités, noter les slogans, constater l’exposition du corps du délit « la coupe »... On attend presque les scellés et le ruban jaune autour du terrain…  “Attention, trophée en instance de restitution”… !!
 
Et demain… Direction la commission d’éthique de la FIFA... Là où les danses d’adieu risquent de se transformer en danse du ventre… devant le règlement... Articles 11, 13, 15…  le tiercé gagnant du rappel à l’ordre… Car oui, célébrer un titre retiré, c’est un peu comme fêter un diplôme annulé… ça fait des photos, mais ça ne fait pas une carrière… !!
 
Les habituels procureurs du “tout se joue sur le terrain” montent alors au créneau… Selon eux, seul le gazon tranche, le reste n’est que paperasse... Charmante vision d’un football sans règles, sans arbitres… !! et pourquoi pas sans hors-jeu tant qu’on y est ? À ce compte-là, autant remplacer les tribunaux par des tirs au but et les lois par des prolongations… !! Car enfin, si le terrain suffit à tout justifier, alors le voleur mérite son butin s’il court plus vite que la police… Et le plus fort aurait toujours raison, même hors-jeu de la morale…
 
Mais le sport n’en déplaise aux romantiques du chaos… c’est une mécanique réglée au millimètre, où la loi veille au grain comme un gardien sur sa ligne... Sans elle, le match devient bagarre, et la coupe… un simple trophée de kermesse… Alors oui, qu’ils profitent de la fête… Qu’ils dansent, chantent, immortalisent l’instant... Les adieux ont toujours ce charme mélancolique des illusions qui s’accrochent… Mais au bout du bal, il y a toujours l’addition… Et cette fois, elle pourrait bien être salée… avec supplément jurisprudence…
 
Car au bout du compte, il y a un invité que ni les tambours, ni les tribunes, ni les discours enflammés ne peuvent impressionner… le Tribunal arbitral du sport… Là-bas, pas de hola, pas de slogans… seulement des dossiers, des pièces, et des preuves... Et, fâcheuse coïncidence pour certains, celles-ci semblent avoir pris un aller simple pour le Royaume du Maroc… Le TAS ne juge ni au volume des supporters, ni à l’intensité des indignations télévisées… Il tranche au scalpel du droit... Froid, précis, implacable... Une espèce en voie de disparition dans les gradins, mais toujours vivace dans les prétoires…
 
Alors, simple recommandation… presque sanitaire… en cas de confirmation officielle, il conviendra de désinfecter soigneusement cette coupe avant sa remise… Par précaution… On ne sait jamais… certaines mains y ont laissé des traces persistantes… Et pour éviter toute rechute, un petit passage en quarantaine ne serait pas du luxe… Histoire que le trophée, une fois entre de bonnes mains, ne soit plus jamais contaminé par ce virus tenace… la rage de perdre… et l’incapacité de l’admettre… !!
 
Et quand les lumières de la fête s’éteindront, quand les confettis retomberont et que les selfies jauniront dans les galeries de téléphones, il restera une seule chose debout… la vérité… Une vérité que ni les chants, ni les foules, ni les mises en scène ne pourront détourner... Car au bout du voyage, ce trophée n’a qu’une seule destination… celle du mérite, du droit… et de la légitimité
 
Le Maroc, lui, n’a pas besoin d’organiser des adieux… Il attend, serein… Parce qu’il sait que les titres ne se mendient pas, ne se mettent pas en scène, et ne se prolongent pas artificiellement dans les coulisses de l’illusion… Ils se gagnent… Ils se défendent… Et surtout… ils reviennent toujours à leurs véritables propriétaires… Et ce jour-là, il n’y aura ni escale, ni transit, ni cérémonie d’adieu… Juste un retour... Légitime… Définitif… Incontestable… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.





Mohammed Yassir Mouline: Journaliste caricaturiste professionnel... 34 ans d'expérience à… En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 29 Mars 2026
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