Trump lorgne sur le Groenland et humilie les Européens


Rédigé par le Samedi 10 Janvier 2026



Donald Trump, toujours prompt à défier les conventions diplomatiques, a une nouvelle fois mis les Européens dans l’embarras en exprimant son désir de s’emparer du Groenland. Sous couvert de "sécurité nationale", cette manœuvre révèle une fois de plus les tensions croissantes entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels.

La porte-parole de la Maison blanche, Karoline Leavitt, a clairement affirmé à ce sujet, lors d’une conférence de presse, qu’ « utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef ».
 
Face au refus danois, Trump semble prêt à envisager toutes les options, y compris l’intervention militaire.

L’hypothèse d’une intervention militaire américaine au Groenland semble moins farfelue après l’enlèvement récent par les forces spéciales américaines d’un chef d’Etat en exercice, Nicolas Maduro du Venezuela.

Le Groenland, c’est la plus grande île du monde, d’une surface de 2,16 millions de Km2, aux trois-quarts recouverte par la glace.

Son sous-sol est riche de minéraux stratégiques, 25 des 34 minerais essentiels, selon l’Union européenne, ainsi que des hydrocarbures.

Son littoral regorge de ressources halieutiques, qui constituent d’ailleurs 95% des exportations de l’île.

Des entreprises chinoises ont bien tenté d’investir dans l’exploitation minière au Groenland, mais le Danemark et les Etats-Unis s’y sont fermement opposés.

Peu peuplé, le Groenland ne compte pas plus de 56.609 habitants, dont les quatre cinquièmes sont des autochtones Inuits.

Même si ces derniers se considèrent comme colonisés par le Danemark depuis trois siècles et qu’il existe une réelle tendance indépendantiste, les Groenlandais ne sont pas pour autant disposés à renoncer au plus de 520 millions d’euros de subvention versés annuellement par Copenhague, qui représentent pas moins que la moitié des dépenses publiques.

Entre deux occupants étrangers, les Groenlandais ne veulent surtout pas des Américains. Un sondage réalisé en janvier 2025 a montré que 85 % des Groenlandais ne veulent pas intégrer les Etats-Unis, seuls 6% y sont favorables.

Outre-Atlantique, les simples citoyens des Etats-Unis ne semblent pas, non plus, très intéressés de voir le Groenland devenir leur 51e Etat. 28 % à peine veulent son achat et juste 8 % seraient prêts à voir l’armée américaine l’envahir.

L’OTAN se déchire

Le plus cocasse dans l’histoire est que le Danemark est un pays membre de l’OTAN, c’est-à-dire un allié inconditionnel des Etats-Unis et l’armée américaine dispose déjà d’une base militaire au Groenland.

En vertu de l’article 5 de la charte de l’OTAN, toute agression extérieure contre l’un des membres de l’alliance entraîne une levée de boucliers de tous les autres membres. 

Mais qu’en est-il quand l’agresseur est le plus important pilier de la dite alliance ?

Prenant leur courage à deux mains, sept pays européens (Danemark, France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne et Royaume-Uni) ont publié, le 6 janvier, une déclaration conjointe, ou ils affirment qu’ « il appartient au Danemark et au Groenland, à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland ».

Il est probable que Trump n’arrive pas à fermer l’œil après une telle déclaration.
 
La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, pourrait, toutefois, se faire accuser d’organiser des raids de Vikings le long des côtes nord-américaines, capturée par les Navy Seals, exfiltrée et jugée aux Etats-Unis.

Pour les Danois, habitués à être considérés comme des alliés privilégiés, cette humiliation est particulièrement difficile à digérer.

Dans son palais du Kremlin, le président russe, Vladimir Poutine, se délecte du spectacle de ses adversaires européens qui se font humilier par leur « protecteur » américain. Même lui, pourtant leur ennemi juré, les traite avec beaucoup plus de considération.

Pour paraphraser Lord Hastings Ismay, secrétaire général de l’OTAN de 1952 à 1957, le nouvel objectif de l’OTAN, c’est « les Américains dedans, les Russes dehors, et les Européens à genoux ».




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Samedi 10 Janvier 2026
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