Trump vient-il de faire basculer la guerre contre l’Iran dans une deuxième phase ?


Rédigé par La rédaction le Mercredi 2 Septembre 2026

Après un mois de relative accalmie, Washington frappe de nouveau massivement l’Iran et Téhéran riposte dans plusieurs pays du Golfe. Plus qu’un nouvel épisode militaire, le 1er septembre pourrait marquer un changement de nature du conflit : le dossier nucléaire recule, tandis que le détroit d’Ormuz, les routes pétrolières et la capacité de nuisance iranienne deviennent le véritable centre de gravité de la guerre.



La guerre n’avait jamais réellement cessé. Mais elle vient peut-être de changer de visage.

Le 1er septembre, les forces américaines ont lancé une nouvelle vague de frappes contre des cibles des Gardiens de la révolution en Iran. Le CENTCOM affirme avoir visé des systèmes de défense aérienne, des radars, des moyens maritimes, des capacités de mouillage de mines ainsi que des infrastructures de communication. L’Iran a répondu par des missiles et des drones contre des intérêts américains dans plusieurs pays de la région.

La séquence est suffisamment importante pour poser une question : Donald Trump vient-il de faire entrer la guerre dans une deuxième phase ?

D’une guerre de destruction à une guerre de contrôle

La première phase, déclenchée fin février, avait surtout consisté à réduire brutalement les capacités militaires iraniennes : missiles, drones, défenses aériennes, infrastructures de commandement et capacités navales.

Six mois plus tard, Washington estime avoir profondément affaibli l’outil militaire iranien. Le CENTCOM affirme notamment avoir détruit ou endommagé une grande partie de son industrie balistique et de ses défenses aériennes. Ces chiffres restent évidemment ceux du commandement américain et doivent être lus comme tels.

Mais le problème stratégique n’a pas disparu. Il s’est déplacé.

L’Iran conserve encore suffisamment de moyens asymétriques pour compliquer la circulation maritime, lancer des drones et missiles, menacer des bases américaines et entretenir une instabilité permanente autour du détroit d’Ormuz.

C’est précisément là que semble commencer la deuxième phase. Ormuz devient le vrai champ de bataille

Les premières frappes américaines depuis plusieurs semaines ont été déclenchées autour de l’île iranienne de Larak, à proximité du détroit d’Ormuz. Washington assure avoir voulu empêcher l’utilisation de roquettes et de capacités liées aux mines marines.

Le message est limpide : les États-Unis ne veulent pas laisser l’Iran transformer le détroit en instrument de pression stratégique.

Et pour cause.

Ormuz demeure l’une des artères énergétiques les plus importantes de la planète. Une fermeture, même partielle ou temporaire, ferait immédiatement grimper le prix du pétrole, renchérirait les coûts du transport et alimenterait l’inflation jusque dans les pays très éloignés du Moyen-Orient.

La guerre Iran-USA n’est donc plus seulement une affaire de missiles, de nucléaire ou de changement de régime. Elle devient aussi une bataille pour la liberté de circulation de l’énergie mondiale.

Trump assume désormais l’escalade

Donald Trump n’a d’ailleurs pas cherché à minimiser la portée des nouvelles frappes.

Il les a qualifiées de « justifiées » et prévenu que toute nouvelle riposte iranienne pourrait provoquer des attaques américaines encore plus importantes.

Quelques semaines plus tôt pourtant, le président américain avait accepté de suspendre de nouvelles frappes majeures, notamment après les pressions des pays du Golfe qui redoutaient une régionalisation incontrôlable du conflit.

Ce retour à la force suggère que la stratégie américaine a évolué.

Il ne s’agit plus seulement de détruire les capacités iraniennes. Il s’agit désormais d’empêcher leur reconstitution, de protéger les routes maritimes et de montrer que chaque tentative iranienne de retrouver une capacité de nuisance sera immédiatement sanctionnée.

Autrement dit, on passe peut-être d’une guerre de neutralisation à une guerre de surveillance armée permanente.

Une deuxième phase plus dangereuse ?

Paradoxalement, cette nouvelle étape pourrait être plus imprévisible que la première.

Lors d’une campagne militaire classique, les objectifs sont relativement lisibles : détruire des infrastructures, affaiblir un adversaire, imposer un rapport de force.

Dans une guerre d’usure autour du Golfe, chaque drone, chaque navire attaqué et chaque missile tiré peut provoquer une réaction en chaîne.

Bahreïn, la Jordanie, l’Irak, le Koweït ou les Émirats arabes unis peuvent se retrouver entraînés malgré eux dans une confrontation qu’ils cherchent précisément à contenir. L’Associated Press rapporte déjà plusieurs interceptions et attaques iraniennes dans l’espace régional depuis la reprise des hostilités.

C’est peut-être là le véritable basculement du 1er septembre.

La première phase de la guerre visait principalement l’Iran.
La deuxième risque de concerner tout le Golfe.

Et la question n’est donc plus seulement de savoir si Donald Trump peut encore frapper davantage.

Elle est de savoir s’il peut désormais empêcher cette guerre de devenir précisément ce qu’il voulait éviter : une crise régionale longue, coûteuse et impossible à refermer.




Mercredi 2 Septembre 2026
Dans la même rubrique :