Typologie des supporters : Ce douzième homme de l'équipe.


Rédigé par le Vendredi 1 Avril 2022

Le supporter se manifeste comme un élément à part entière du spectacle. Son engagement partisan et son soutien vibrant se sont institutionnalisés : il est désormais considéré comme le douzième homme de l'équipe.



Le type de la veille école 

Cet homme ne fait jamais son apparition dans les tribunes seul, il est régulièrement entouré d’amis. (ils font généralement le même âge) il se souvient encore de comment on suivait autrefois les matchs, l’oreille collée à la radio et est très nostalgique de l’époque où son équipe du cœur était au sommet.

Il assiste aux rencontres sportives plus par habitude que par besoin. Il se permet de crier quelques injures à l’encontre des joueurs, arbitres et fédérations, sans enthousiasme et nécessité cependant. Ce représentant de la vieille école ne prend pas part aux règlements de comptes entre fans. Il n’est pas du tout ici pour cela, mais pour discuter avec ses amis.

Le supporter de canapé

Agité, interactif à toutes les passes manquées de son équipe, convaincu qu’il s’y connait à la perfection en football, il sait tout à fait comment on doit jouer. Il a tendance de discuter avec le téléviseur et de crier exagérément après chaque occasion ratée. Une autre variante consiste à marmonner de façon monotone tout ce qu’il pense face à ce qui se passe à l’écran.

Les victimes de son analyse de salon deviennent alors sa mère ou sa femme s'il en a, et parfois son voisin, car ce sont les seuls à avoir le malheur de l’entendre pendant les matchs qu'il regarde. Il est presque impossible de percevoir l’un de ces excités dans un stade. 

Le troll d'internet 

Généralement, il s’agit d’un étudiant persuadé de pouvoir rapidement devenir cool et populaire dans le domaine du foot. Ses trolls stories ciblent les internautes ayant laissé un commentaire sur une publication au sujet d’un match. De temps en temps, il vise d’autres trolls et s'ensuit alors une bataille phénoménale. Fort sur les réseaux sociaux, par contre, au stade, il est le plus posé et est toujours accompagné de son papa. 

Le patriote

Il n’est pas le plus fan de football et ne connait qu’un ou deux joueurs de l’équipe nationale (et ce sont certainement ceux qui ont tourné dans une pub ou était le sujet d'une polémique). Il devient un spécialiste de ballon rond seulement à l’occasion des matchs importants, surtout lors de la Coupe du Monde, et plus particulièrement quand les siens y participent. En signe de patriotisme, il a pour habitude d’enfiler un t-shirt patriotique. Le patriote ne connait pas les slogans des supporters et agit donc de manière situationnelle. Dans le stade, ce gaillard hurle cependant plus fort que tous les autres. Après l’échec, il reprend ses habitudes jusqu’au prochain grand championnat, où tout recommencera à zéro. 

L'ultra

Le football est toute sa vie, c'est le supporter excessif, il se prépare une semaine avant le match : il invente des slogans, décore des bannières et fait un stock de fumigènes et stroboscopes. Dans les gradins, il réagit à toutes les performances, le déplacement est sa devise, peu importe la ville ou le pays, tu le trouves présent avec son équipe. Sa vie est planifiée selon les matchs de son équipe, il se tient à ses principes et vit selon les règles particulières de sa sous-culture. 

Le hooligan

Le hooligan vit en banlieue, ne retirerait pour rien au monde sa tenue de sport. En fait, au cas où il accepte de retirer son maillot une fois dans les tribunes, c'est pour apparaître torse nu, en scandant tous les slogans possibles et imaginables. Il va au moindre match, même sans importance, pour être sûr de ne rater aucune échauffourée et de ne pas mettre les siens dans l'embarras.

En raison de son comportement néfaste, tous les autres types de supporters souhaitent s’en tenir le plus possible éloigné. Il est vrai que le hooligan ne frappe pas tout le monde frénétiquement. En fait, il ne s’en prend qu’aux hooligans de l’équipe adverse. Mais s’il rentre dans une rage folle et quitte son siège, alors n’importe qui peut se retrouver sur son passage.




Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 1 Avril 2022
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