Une histoire de sens (unique en son genre)


Rédigé par La rédaction le Jeudi 5 Mars 2026

Par Anissa MEKOUAR SENHADJI.

Grâce à une bourrasque particulièrement espiègle, la plaque « sens interdit » d’une rue casablancaise très fréquentée a pris son envol.

Résultat : une artère autrefois bien élevée se transforme en rodéo urbain. Les conducteurs, l’air soudainement inspirés, s’engouffrent à contresens, convaincus d’avoir découvert un raccourci génial. Qui prévenir ? Le service météo ? Un médium spécialisé dans la recherche de panneaux fugueurs ? Mystère.



Imaginez maintenant la scène :

Anissa MEKOUAR SENHADJI
Un poids lourd et plusieurs voitures se sont installés en double file devant un supermarché, façon « moi d’abord, les courses après ».

Vous tentez de slalomer entre les pare-chocs… quand surgit en face une voiture, son conducteur affichant un sourire conquérant, persuadé d’être dans son bon droit. S’ensuit un échange au klaxon :

« — C’est interdit !
— Montrez-moi la plaque !
— Elle est partie en vacances, faut suivre ! »

Avant, quand la plaque trônait encore à son poteau, les contrevenants vous gratifiaient d’un doigt d’honneur distingué et refusaient obstinément de reculer. Aujourd’hui, c’est encore mieux : ils lèvent les yeux au ciel et vous rétorquent, l’air offensé :

« Interdit ? Où ça ? Sur le nuage ? »

Cerise sur le goudron : dans cette même rue, une moitié reste officiellement à sens unique, tandis que l’autre s’est autoproclamée à double sens.

On ne sait plus où donner du volant. On se croirait plongé dans un casse-tête logique digne d’un championnat : « Si un véhicule arrive de là où il ne devrait pas, et que vous arrivez d’ici où vous devriez être, qui cède le passage ? »

Réponse : personne. Tout le monde reste coincé, dans l’attente hypothétique d’un arbitre… ou du retour miraculeux de la plaque.

Conclusion : En cas de crise de sens (unique), armez-vous de patience, d’un bon sens de l’improvisation et d’une dose de philosophie.

Et si jamais vous croisez la plaque en voyage, n’hésitez pas à lui transmettre nos amitiés… et notre suggestion de revenir au plus vite.

Par Anissa MEKOUAR SENHADJI.




Jeudi 5 Mars 2026
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