Urgences médicales : l’Istiqlal veut remettre de l’ordre dans la chaîne de secours


Lorsqu’une urgence médicale survient, chaque minute compte. Pourtant, pour beaucoup de Marocains, le premier réflexe reste parfois hésitant : qui appeler ? vers quel service se tourner ? quel hôpital est en capacité de recevoir le patient ? Et une fois sur place, comment éviter les pertes de temps entre accueil, orientation et prise en charge ?



Un seul numéro, une agence nationale et 2 000 médecins spécialisés

Le programme électoral 2026-2031 du Parti de l’Istiqlal avance ici une proposition étonnamment structurée : créer une Agence nationale des urgences, mettre en place un numéro national unique, adopter un protocole national de tri des patients et former 2 000 médecins spécialisés en médecine d’urgence à l’horizon 2031.

Ce qui surprend favorablement, c’est que le problème n’est pas traité uniquement par la construction d’hôpitaux ou l’achat d’équipements. Le programme semble partir d’une autre réalité : une urgence est d’abord une chaîne de décisions.

Avant même l’arrivée du patient à l’hôpital, il faut recevoir l’appel, comprendre la situation, déterminer la gravité, orienter vers la bonne structure et coordonner les moyens disponibles. Puis, à l’arrivée, il faut hiérarchiser rapidement les cas pour éviter qu’un patient critique attende derrière une situation moins urgente. D’où l’intérêt d’un protocole national de tri.

Ce type d’organisation peut paraître banal dans les systèmes de santé les mieux structurés. Mais au Maroc, l’enjeu est considérable : homogénéiser les pratiques entre territoires, réduire les différences de prise en charge et rendre le parcours plus lisible pour le citoyen.

La proposition des 2 000 médecins urgentistes est tout aussi importante. Elle reconnaît une évidence souvent sous-estimée : un service d’urgence ne repose pas uniquement sur des murs et des machines. Il repose aussi sur une spécialité médicale, une organisation et des compétences capables de décider très vite.

Le programme évoque parallèlement la mise en place d’un médecin référent afin de mieux organiser le parcours de soins, ainsi qu’une réforme de la gouvernance des hôpitaux publics.

Pris ensemble, ces éléments dessinent moins une réforme ponctuelle qu’une tentative de remettre de la cohérence dans l’ensemble du dispositif. Bien sûr, les questions ne manquent pas. Qui pilotera l’agence ? Comment articuler le futur numéro unique avec les services existants ? Où seront formés les 2 000 spécialistes ? Comment garantir une couverture équitable dans les zones rurales et les petites villes ?

Mais le mérite de la proposition est de partir d’une situation que chacun peut comprendre. Quand une vie est en danger, le citoyen ne devrait pas avoir à connaître l’organigramme du système de santé. Il devrait simplement savoir qui appeler, où aller et être certain que la chaîne fonctionne.


Mercredi 9 Septembre 2026

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