Véhicules utilitaires : la croissance de 19,8 % révèle les besoins de l’économie marocaine


Rédigé par La Rédaction le Lundi 7 Septembre 2026

Près de 20.000 utilitaires légers ont été vendus à fin août 2026. Leur progression dépasse celle des voitures particulières et reflète l’activité des entreprises.



Les utilitaires soutiennent le marché pendant le ralentissement d’août

Le segment des véhicules utilitaires légers affiche une santé remarquable en 2026. Entre janvier et août, 19.862 unités ont été immatriculées, en hausse de 19,8 % par rapport à la même période de 2025. En août, alors que les voitures particulières reculaient de 2,2 %, les utilitaires ont progressé de 22,1 %, à 2.263 exemplaires. Cette performance a permis au marché global de conserver une légère croissance. La demande provient des artisans, des entreprises de livraison, des commerces, du bâtiment, de l’agriculture et des opérateurs logistiques. L’essor du commerce électronique et des services de proximité augmente aussi les besoins en fourgonnettes et petits véhicules de distribution. Pour les professionnels, l’achat ne dépend pas seulement du prix catalogue. La charge utile, la consommation, la robustesse, la facilité d’entretien et l’immobilisation en atelier déterminent directement la rentabilité de l’activité.

Le coût total d’exploitation remplace progressivement le prix d’achat

Les gestionnaires de flotte accordent davantage d’attention au coût total de possession. Le carburant, l’assurance, les pneus, les révisions et la valeur de revente peuvent représenter une dépense supérieure à la différence de prix entre deux modèles. La disponibilité des pièces et du service mobile devient donc un argument commercial majeur. L’électrification des utilitaires pourrait progresser sur les tournées urbaines répétitives, où le kilométrage quotidien est prévisible et la recharge peut être organisée au dépôt. Elle reste plus difficile pour les longues distances, les charges lourdes ou les entreprises dépourvues d’infrastructure. Les pouvoirs publics peuvent accompagner la transition en facilitant les bornes dans les zones industrielles et en clarifiant les avantages fiscaux. La forte croissance du segment renseigne aussi sur l’état de l’économie réelle : une entreprise achète généralement un utilitaire lorsqu’elle anticipe davantage de commandes. La hausse de 19,8 % traduit ainsi un besoin productif, mais sa durabilité dépendra de l’accès au crédit et de la capacité des petites entreprises à préserver leurs marges. Le renouvellement des flottes peut aussi améliorer la sécurité et réduire la consommation, à condition de retirer progressivement les véhicules les plus anciens et les plus polluants. Les entreprises attendent des solutions de financement adaptées à leurs cycles de recettes, notamment dans l’agriculture et l’artisanat où l’activité peut être saisonnière. Les offres de location avec entretien ou de crédit-bail permettent de rendre les dépenses plus prévisibles, mais leurs contrats doivent rester transparents. La télématique ouvre une autre piste : suivi des parcours, prévention des conduites risquées et planification de la maintenance peuvent réduire les coûts. Ces outils doivent néanmoins respecter la vie privée des chauffeurs. Enfin, l’augmentation des livraisons urbaines oblige les villes à organiser les zones de chargement et les horaires, faute de quoi la croissance des utilitaires aggravera la congestion.




Lundi 7 Septembre 2026
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