Alors, verrons-nous au Maroc des robots policiers patrouiller autour des stades, dans les gares, les aéroports ou les fan zones ?
La question n’a plus rien de science-fiction. Elle devient une question de calendrier, de droit et de doctrine sécuritaire. Car si 2030 sera une vitrine mondiale pour les infrastructures marocaines, elle pourrait aussi devenir le premier grand test grandeur nature de la place que le Royaume acceptera de donner aux robots dans la sécurité publique.
Des robots pour assister les policiers ? Probablement.
Des robots pour surveiller, identifier ou décider à leur place ? C’est là que commencera le vrai débat.
La question n’a plus rien de science-fiction. Elle devient une question de calendrier, de droit et de doctrine sécuritaire. Car si 2030 sera une vitrine mondiale pour les infrastructures marocaines, elle pourrait aussi devenir le premier grand test grandeur nature de la place que le Royaume acceptera de donner aux robots dans la sécurité publique.
Des robots pour assister les policiers ? Probablement.
Des robots pour surveiller, identifier ou décider à leur place ? C’est là que commencera le vrai débat.
En attendant la chine "Robot municipal, oui. Robot policier, jusqu’où ?"
Ils ne dansent plus seulement dans les salons technologiques chinois. Ils commencent à descendre dans la rue. À Hangzhou, des robots humanoïdes sont désormais expérimentés pour assister les autorités dans certaines missions liées à la circulation. Une évolution encore limitée, mais suffisamment symbolique pour annoncer une nouvelle étape : après l’usine, l’entrepôt et le laboratoire, le robot humanoïde entre progressivement dans l’espace public.
Selon un reportage publié ce jeudi 20 août par Reuters, ces machines peuvent renseigner les passants, participer à la gestion des flux routiers et contribuer à détecter certaines infractions. Elles ne disposent cependant pas de pouvoirs d’arrestation et restent des auxiliaires des agents humains.
La nuance est essentielle.
Car derrière l’image spectaculaire du « robocop » chinois se cache une question beaucoup plus sérieuse : jusqu’où sommes-nous prêts à automatiser le service public ?
Du robot industriel au robot municipal
La Chine dispose aujourd’hui d’un avantage particulier. Elle ne développe pas uniquement des robots humanoïdes : elle possède également l’environnement industriel permettant de les produire rapidement, de réduire leur coût et surtout de les tester grandeur nature.
Hangzhou constitue un laboratoire particulièrement intéressant. Dans une ville fortement numérisée, les robots peuvent être connectés aux caméras, aux systèmes de circulation, aux bases d'information municipales et, demain, à des modèles d'intelligence artificielle capables d'interagir naturellement avec les citoyens.
On peut parfaitement imaginer leurs usages futurs : accueillir les voyageurs dans une gare, orienter les passagers dans un aéroport, renseigner les touristes, surveiller une zone industrielle, signaler un incident ou gérer une file d'attente.
Et pourquoi pas au Maroc ?
2030 peut accélérer le mouvement
La question pourrait se poser beaucoup plus rapidement qu'on ne le pense.
Le Maroc modernise ses aéroports, ses gares, ses transports urbains et plusieurs infrastructures publiques. La Coupe du monde 2030 constituera par ailleurs une gigantesque vitrine technologique.
Un robot capable de parler arabe, darija, français, anglais ou espagnol pourrait demain accueillir les visiteurs dans une gare de Rabat, un terminal de Casablanca ou à proximité d'un stade.
Techniquement, cela devient plausible.
Mais une frontière doit être tracée.
Informer n'est pas décider
Un robot municipal qui indique un quai, explique une procédure administrative ou signale un embouteillage ne pose pas les mêmes questions qu'une machine capable d'identifier une personne, d'établir automatiquement une infraction ou de déclencher une intervention policière.
Plus la technologie s'approche du pouvoir régalien, plus l'intervention humaine doit rester centrale.
La reconnaissance faciale, la verbalisation automatisée, l'analyse comportementale et la connexion permanente aux fichiers administratifs nécessitent des règles particulièrement strictes concernant les données personnelles, les recours et la responsabilité.
Qui répond lorsqu'un robot se trompe ? Son fabricant ? L'administration qui l'utilise ? Le fournisseur du modèle d'intelligence artificielle ?
Voilà probablement le débat que le Maroc devrait ouvrir avant l'arrivée des machines, et non après.
Le robot humanoïde peut devenir un formidable outil de service public. Il peut effectuer les tâches répétitives, dangereuses ou pénibles et libérer du temps humain.
Mais il existe une différence fondamentale entre aider l'autorité et devenir l'autorité.
Le véritable enjeu ne sera donc pas de savoir si nous voulons des robots dans nos villes.
Il sera de décider quels pouvoirs nous refusons de leur donner.
Selon un reportage publié ce jeudi 20 août par Reuters, ces machines peuvent renseigner les passants, participer à la gestion des flux routiers et contribuer à détecter certaines infractions. Elles ne disposent cependant pas de pouvoirs d’arrestation et restent des auxiliaires des agents humains.
La nuance est essentielle.
Car derrière l’image spectaculaire du « robocop » chinois se cache une question beaucoup plus sérieuse : jusqu’où sommes-nous prêts à automatiser le service public ?
Du robot industriel au robot municipal
La Chine dispose aujourd’hui d’un avantage particulier. Elle ne développe pas uniquement des robots humanoïdes : elle possède également l’environnement industriel permettant de les produire rapidement, de réduire leur coût et surtout de les tester grandeur nature.
Hangzhou constitue un laboratoire particulièrement intéressant. Dans une ville fortement numérisée, les robots peuvent être connectés aux caméras, aux systèmes de circulation, aux bases d'information municipales et, demain, à des modèles d'intelligence artificielle capables d'interagir naturellement avec les citoyens.
On peut parfaitement imaginer leurs usages futurs : accueillir les voyageurs dans une gare, orienter les passagers dans un aéroport, renseigner les touristes, surveiller une zone industrielle, signaler un incident ou gérer une file d'attente.
Et pourquoi pas au Maroc ?
2030 peut accélérer le mouvement
La question pourrait se poser beaucoup plus rapidement qu'on ne le pense.
Le Maroc modernise ses aéroports, ses gares, ses transports urbains et plusieurs infrastructures publiques. La Coupe du monde 2030 constituera par ailleurs une gigantesque vitrine technologique.
Un robot capable de parler arabe, darija, français, anglais ou espagnol pourrait demain accueillir les visiteurs dans une gare de Rabat, un terminal de Casablanca ou à proximité d'un stade.
Techniquement, cela devient plausible.
Mais une frontière doit être tracée.
Informer n'est pas décider
Un robot municipal qui indique un quai, explique une procédure administrative ou signale un embouteillage ne pose pas les mêmes questions qu'une machine capable d'identifier une personne, d'établir automatiquement une infraction ou de déclencher une intervention policière.
Plus la technologie s'approche du pouvoir régalien, plus l'intervention humaine doit rester centrale.
La reconnaissance faciale, la verbalisation automatisée, l'analyse comportementale et la connexion permanente aux fichiers administratifs nécessitent des règles particulièrement strictes concernant les données personnelles, les recours et la responsabilité.
Qui répond lorsqu'un robot se trompe ? Son fabricant ? L'administration qui l'utilise ? Le fournisseur du modèle d'intelligence artificielle ?
Voilà probablement le débat que le Maroc devrait ouvrir avant l'arrivée des machines, et non après.
Le robot humanoïde peut devenir un formidable outil de service public. Il peut effectuer les tâches répétitives, dangereuses ou pénibles et libérer du temps humain.
Mais il existe une différence fondamentale entre aider l'autorité et devenir l'autorité.
Le véritable enjeu ne sera donc pas de savoir si nous voulons des robots dans nos villes.
Il sera de décider quels pouvoirs nous refusons de leur donner.