Vingt-sept ans de règne : le Maroc a changé de dimension...


Par Aziz Daouda.

Le vingt-septième anniversaire de l'intronisation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI n'est pas seulement une date commémorative. Il constitue un moment privilégié pour mesurer, avec le recul nécessaire, l'ampleur des transformations qu'a connues le Royaume depuis 1999. Au-delà des débats politiques ou des aléas conjoncturels, les indicateurs économiques, sociaux et infrastructurels révèlent une réalité difficilement contestable : le Maroc a changé d'échelle.



Cette évolution ne se résume pas à une simple croissance économique.

Elle traduit un changement de modèle. En moins de trois décennies, le Royaume est passé d'une économie de taille modeste, relativement peu intégrée aux échanges mondiaux, à une puissance régionale disposant d'infrastructures de rang international, d'une industrie compétitive et d'une protection sociale en voie de généralisation.

En 1999, le produit intérieur brut du Maroc avoisinait 42 milliards de dollars.

Aujourd'hui, il atteint environ 165 milliards de dollars, soit une multiplication par quatre. Le revenu par habitant a, quant à lui, été multiplié par trois, tandis que les exportations de marchandises sont passées d'environ 7 milliards à plus de 45 milliards de dollars.

Ces chiffres traduisent davantage qu'une simple progression statistique. Ils illustrent la montée en puissance d'une économie devenue plus diversifiée, plus résiliente et davantage tournée vers les marchés internationaux.

L'exemple le plus spectaculaire demeure sans doute celui de l'industrie automobile. Quasi inexistante à la fin des années 1990, elle produit désormais plus de 700 000 véhicules par an et constitue le premier secteur exportateur du Royaume, avec plus de 150 milliards de dirhams d'exportations annuelles.

Cette mutation industrielle s'est appuyée sur une politique ambitieuse d'investissements, sur l'ouverture commerciale avec plus de cinquante pays partenaires et sur le développement d'infrastructures logistiques parmi les plus performantes au monde.

Là encore, le changement est spectaculaire.

Le réseau autoroutier est passé d'environ 400 kilomètres à près de 1 800 kilomètres.

Le Maroc est devenu le premier pays africain à disposer d'une ligne à grande vitesse en exploitation, tandis que Tanger Med est devenu le premier port de Méditerranée et d'Afrique avec plus de dix millions de conteneurs traités chaque année.

Le trafic aérien a été multiplié par cinq et le tourisme accueille désormais près de 20 millions de visiteurs.

Ces infrastructures ne constituent pas une fin en soi. Elles sont les outils d'une stratégie visant à faire du Maroc un hub reliant l'Europe, l'Afrique et les Amériques. Nador West Med et bientôt le gigantesque port de Dakhla viendront renforcer le dispositif.

L'une des transformations les plus profondes du règne concerne toutefois le domaine social. En 1999, moins d'un Marocain sur cinq bénéficiait d'une couverture médicale. Aujourd'hui, entre 90 et 95 % de la population est couverte grâce à la généralisation de l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Les bénéficiaires de la protection sociale sont passés d'environ cinq millions à plus de trente millions.

La disparition progressive du RAMED au profit d'un système plus intégré, la mise en place de l'aide sociale directe destinée à plusieurs millions de ménages ainsi que la généralisation de l'AMO constituent probablement la réforme sociale la plus ambitieuse de l'histoire contemporaine du Royaume.

Les progrès sanitaires sont également visibles. L'espérance de vie est passée d'environ 69 à 77 ans, soit un gain de 8 années. Cet indice à lui seul résume l’étendue des progrès réalisés.

La mortalité infantile a été divisée par plus de deux, tandis que plus de 96 % des accouchements sont désormais assistés par un personnel qualifié. Le budget consacré à la santé a été multiplié par plus de cinq et le nombre de centres hospitaliers universitaires ainsi que celui des facultés de médecine a triplé. Nombreux chantiers dans le domaine de la santé sont en cour.

Ces résultats ne signifient pas que tous les défis ont disparu. Il ya un manque de médecins, les disparités territoriales sont bien là, les délais d'accès aux soins spécialisés et le financement durable du système demeurent des enjeux majeurs.

L'éducation a également changé d'échelle. Le nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur est passé d'environ 300 000 à plus de 1,3 million, tandis que le réseau universitaire s'est progressivement étendu.

Dans le domaine énergétique, le Maroc s'impose comme l'un des pionniers africains des énergies renouvelables, avec une capacité installée supérieure à 5 000 MW, soit dix fois plus qu'à la fin des années 1990. L'électrification rurale dépasse désormais 99 % et l'accès à l'eau potable en milieu rural atteint plus de 97 %.

Ces réalisations témoignent d'une vision stratégique de long terme. Elles traduisent une volonté constante d'investir dans les infrastructures, les territoires et le capital humain afin de préparer le Royaume aux défis du XXIᵉ siècle.

Naturellement, tout n'est pas parfait.

Le chômage des jeunes, les inégalités sociales, la qualité de certains services publics, les écarts entre régions ou encore les effets des changements climatiques continuent d'exiger des réponses plus ambitieuses. Les performances enregistrées ne doivent donc pas conduire à l'autosatisfaction mais plutôt servir de fondation pour accélérer les réformes.

Vingt-sept ans après l'accession au Trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le constat demeure néanmoins clair : le Maroc n'est plus celui de 1999. Sa taille économique, ses infrastructures, son système de protection sociale, son appareil industriel et son rayonnement régional ont profondément évolué.

L'histoire retiendra probablement cette période comme celle où le Royaume a cessé d'être un pays en développement parmi d'autres pour devenir un acteur régional incontournable, capable de concevoir et de conduire des projets de dimension mondiale.

Le véritable défi des prochaines décennies sera désormais de transformer cette montée en puissance en prospérité partagée, afin que chaque Marocain bénéficie pleinement de ce changement d'échelle.

Par Aziz Daouda/Bluwr.com


Mardi 4 Aout 2026

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