Ce premier Atlas n’était pas parfait.
Il n’était pas totalement autonome, ni industrialisé à grande échelle. Mais il posait une question fondamentale, toujours d’actualité : un pays peut-il exister dans le monde moderne sans maîtriser ses outils de calcul, ses systèmes et, aujourd’hui, ses intelligences artificielles ?
Cette question n’a jamais été résolue. Elle a été suspendue. Car ce qui caractérise l’histoire technologique du Maroc, ce n’est pas l’absence d’intuition. C’est l’absence de continuité.
Le projet Atlas portait une ambition industrielle et systémique. Il visait à construire une machine, mais surtout un savoir-faire, un écosystème, une capacité nationale. Puis, comme souvent, la dynamique s’est interrompue.
Le monde s’est globalisé, les technologies se sont concentrées, et le Maroc, comme beaucoup d’autres, est entré dans une logique d’importation.
Cette question n’a jamais été résolue. Elle a été suspendue. Car ce qui caractérise l’histoire technologique du Maroc, ce n’est pas l’absence d’intuition. C’est l’absence de continuité.
Le projet Atlas portait une ambition industrielle et systémique. Il visait à construire une machine, mais surtout un savoir-faire, un écosystème, une capacité nationale. Puis, comme souvent, la dynamique s’est interrompue.
Le monde s’est globalisé, les technologies se sont concentrées, et le Maroc, comme beaucoup d’autres, est entré dans une logique d’importation.
Aujourd’hui, un nouvel Atlas apparaît.
Plus léger, plus accessible, centré sur le logiciel, les données et les usages. Il répond à des préoccupations légitimes : souveraineté numérique, protection des données, indépendance vis-à-vis des grandes plateformes. Mais il ne faut pas se tromper de diagnostic.
Ce nouvel Atlas ne prolonge pas le premier. Il en est une version réduite. Hier, nous voulions construire la machine. Aujourd’hui, nous cherchons à configurer celles des autres.
C’est ici qu’intervient ce que l’on appelle aujourd’hui “Fusion AI”. Derrière ce terme, encore flou, se cache une idée puissante : la convergence entre intelligence artificielle, données, capteurs, infrastructures physiques et systèmes énergétiques.
Autrement dit, une intelligence non plus limitée à l’écran, mais intégrée au réel. Mais là encore, le risque est grand.
Fusion AI, dans sa version dominante, est pensée ailleurs, pour des logiques industrielles lourdes, énergivores, centralisées, dépendantes de grandes infrastructures cloud. Elle ne répond ni aux contraintes, ni aux réalités territoriales du Maroc.
Ce nouvel Atlas ne prolonge pas le premier. Il en est une version réduite. Hier, nous voulions construire la machine. Aujourd’hui, nous cherchons à configurer celles des autres.
C’est ici qu’intervient ce que l’on appelle aujourd’hui “Fusion AI”. Derrière ce terme, encore flou, se cache une idée puissante : la convergence entre intelligence artificielle, données, capteurs, infrastructures physiques et systèmes énergétiques.
Autrement dit, une intelligence non plus limitée à l’écran, mais intégrée au réel. Mais là encore, le risque est grand.
Fusion AI, dans sa version dominante, est pensée ailleurs, pour des logiques industrielles lourdes, énergivores, centralisées, dépendantes de grandes infrastructures cloud. Elle ne répond ni aux contraintes, ni aux réalités territoriales du Maroc.
C’est ici que la pensée du Maâlam prend tout son sens.
Le Maâlam ne part pas de la technologie. Il part du besoin. Il part du territoire. Il part du geste.
Et il construit un système cohérent, où chaque élément trouve sa place. Dans cette logique, l’intelligence artificielle n’est pas un objectif. Elle est un moyen. C’est précisément cette approche qui permet de repenser une application emblématique : le hammam.
Dans le Tome II de Wald Maâlam, le hammam n’est pas abordé comme un simple espace traditionnel.
Il est pensé comme un nœud énergétique et social. Un lieu où la chaleur, l’eau, le corps et la communauté se rencontrent. Un lieu où l’on peut imaginer une intelligence territoriale, frugale, circulaire.
Et il construit un système cohérent, où chaque élément trouve sa place. Dans cette logique, l’intelligence artificielle n’est pas un objectif. Elle est un moyen. C’est précisément cette approche qui permet de repenser une application emblématique : le hammam.
Dans le Tome II de Wald Maâlam, le hammam n’est pas abordé comme un simple espace traditionnel.
Il est pensé comme un nœud énergétique et social. Un lieu où la chaleur, l’eau, le corps et la communauté se rencontrent. Un lieu où l’on peut imaginer une intelligence territoriale, frugale, circulaire.
Imagine-t-on ce que pourrait être un hammam connecté à un micro data center local ?
La chaleur produite par les serveurs serait récupérée pour chauffer l’eau. Des capteurs permettraient d’optimiser la consommation énergétique. Une intelligence locale, embarquée, piloterait l’ensemble sans dépendre de plateformes extérieures.
Le hammam deviendrait ainsi un élément d’un système plus large, intégrant agriculture, habitat et services publics. Voilà ce que pourrait être une véritable “Fusion AI à la marocaine”.
Une intelligence intégrée, mais sobre. Puissante, mais locale. Technologique, mais enracinée.
La question n’est donc pas de savoir si Fusion AI est la solution. La vraie question est de savoir si nous sommes capables de la réinventer. De passer d’une intelligence importée à une intelligence pensée, conçue et déployée selon nos propres logiques.
L’histoire d’Atlas nous rappelle une chose essentielle : le Maroc a déjà su penser en avance. Il a déjà su formuler une ambition technologique souveraine. Ce qui a manqué, ce n’est pas la vision. C’est la persévérance.
Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, une nouvelle fenêtre s’ouvre. Mais elle ne restera pas ouverte longtemps. Les positions se figent, les dépendances se renforcent, les standards se verrouillent.
Le hammam deviendrait ainsi un élément d’un système plus large, intégrant agriculture, habitat et services publics. Voilà ce que pourrait être une véritable “Fusion AI à la marocaine”.
Une intelligence intégrée, mais sobre. Puissante, mais locale. Technologique, mais enracinée.
La question n’est donc pas de savoir si Fusion AI est la solution. La vraie question est de savoir si nous sommes capables de la réinventer. De passer d’une intelligence importée à une intelligence pensée, conçue et déployée selon nos propres logiques.
L’histoire d’Atlas nous rappelle une chose essentielle : le Maroc a déjà su penser en avance. Il a déjà su formuler une ambition technologique souveraine. Ce qui a manqué, ce n’est pas la vision. C’est la persévérance.
Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, une nouvelle fenêtre s’ouvre. Mais elle ne restera pas ouverte longtemps. Les positions se figent, les dépendances se renforcent, les standards se verrouillent.
Il ne s’agit plus de rattraper un retard.
Il s’agit de choisir une trajectoire. Construire un énième Atlas logiciel ne suffira pas. Adopter des solutions Fusion AI importées ne fera que déplacer la dépendance.
En revanche, repenser nos systèmes à partir de nos réalités, de nos territoires et de nos usages peut ouvrir une voie singulière.
Une voie où la technologie ne remplace pas le savoir-faire, mais le prolonge. Une voie où l’intelligence artificielle ne se substitue pas à l’intelligence humaine, mais s’y articule. Une voie où le Maâlam reste la tête, et la machine, les mains.
Car au fond, la véritable souveraineté ne réside ni dans les machines, ni dans les logiciels. Elle réside dans la capacité à penser le système.
Par Dr Az-Eddine Bennani.
En revanche, repenser nos systèmes à partir de nos réalités, de nos territoires et de nos usages peut ouvrir une voie singulière.
Une voie où la technologie ne remplace pas le savoir-faire, mais le prolonge. Une voie où l’intelligence artificielle ne se substitue pas à l’intelligence humaine, mais s’y articule. Une voie où le Maâlam reste la tête, et la machine, les mains.
Car au fond, la véritable souveraineté ne réside ni dans les machines, ni dans les logiciels. Elle réside dans la capacité à penser le système.
Par Dr Az-Eddine Bennani.