Walid Regragui ou la valse à quatre temps : scoop, démenti, scoop, démenti


Rédigé par La rédaction le Mercredi 25 Février 2026

Depuis quelques jours, l’équipe nationale vit au rythme d’un scénario désormais familier dans le paysage médiatique sportif marocain : une information surgit, un démenti institutionnel tombe, puis l’information ressurgit sous une autre forme, avant un nouveau démenti. Une valse à quatre temps qui entretient le flou autour de l’avenir de Walid Regragui à la tête des Lions de l’Atlas, sans jamais trancher la question de fond.



Premier point souvent perdu dans le brouhaha : Walid Regragui lui-même n’a jamais confirmé ni démenti quoi que ce soit.

À chaque fois, la réaction est venue de la Fédération royale marocaine de football, et très rapidement. Une célérité qui interroge. Non pas parce qu’un démenti serait en soi suspect, mais parce qu’il s’inscrit dans une mécanique de communication défensive, sans parole claire ni message structurant sur la suite du projet sportif.

Dans ce type de séquence, une maxime revient souvent chez les observateurs : il n’y a pas de fumée sans feu. Cela ne signifie pas que la rumeur dit toujours vrai, mais qu’elle trouve rarement sa source dans le néant. Pour une partie des analystes, Regragui ne serait plus aujourd’hui en situation confortable pour rester à la tête de la sélection, pour plusieurs raisons cumulées. La plus visible est celle d’un divorce progressif avec une frange du public. Les réactions sur les réseaux sociaux, parfois excessives et souvent injustes au regard de son parcours – demi-finale historique au Mondial, remise à niveau de l’image du football marocain – témoignent d’une usure réelle du lien émotionnel.

Ce climat délétère n’est pas neutre. Il pèse sur la perception du sélectionneur, sur sa marge de manœuvre et sur la sérénité du vestiaire. Mais il serait trop simple d’en faire la seule explication. L’information qui circule ne sort pas de nulle part. Une fuite a nécessairement eu lieu. Reste à savoir d’où elle vient et dans quel objectif.

Deux hypothèses dominent : soit l’entourage du sélectionneur, soit des cercles proches de la fédération. Dans les deux cas, la logique serait la même : peser sur d’éventuelles négociations en vue d’un divorce à l’amiable, ou à tout le moins tester l’opinion publique.

Cette stratégie du flou n’est pas nouvelle. Elle permet de préparer le terrain, de mesurer les réactions, d’ajuster les positions. Mais elle comporte un risque majeur : celui d’installer un suspense permanent qui finit par nuire à tout le monde. Au sélectionneur, d’abord, maintenu dans une zone grise où son autorité est fragilisée. Aux joueurs, ensuite, qui évoluent dans un environnement incertain. Et à l’institution fédérale elle-même, dont la parole perd en lisibilité.

Dans ce contexte, la solution paraît presque triviale. La fédération n’a qu’un geste à faire pour mettre fin à cette séquence : confirmer clairement le maintien de Walid Regragui, ou assumer un changement de cap. Tant que cette clarification n’intervient pas, le cycle scoop-démenti continuera de prospérer, alimenté par les réseaux sociaux, les interprétations et les calculs d’arrière-plan.

Au fond, la question dépasse le cas Regragui. Elle renvoie à la gouvernance de la communication sportive au Maroc. Le silence stratégique peut parfois servir, mais à force de l’étirer, il devient contre-productif. Dans le football comme ailleurs, l’absence de parole officielle est souvent la meilleure alliée de la rumeur. Et dans cette valse à quatre temps, ce n’est pas le rythme qui fatigue le plus, mais l’impression persistante que personne n’ose vraiment annoncer la fin de la musique.




Mercredi 25 Février 2026
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