​ Allal El Fassi, une mémoire vivante du combat national..


En ce 52ᵉ anniversaire de la disparition de Allal El Fassi a été organisé à Sidi Kacem un des foyers par excellence du parti ;en présence de Abdelouahed, Hani et Aouatif les enfants du Zaim, le Maroc s’est recueilli dans le souvenir d’un homme dont le nom demeure indissociable de la lutte pour la liberté, la dignité et la souveraineté nationale. Cofondateur du Parti de l'Istiqlal, penseur, écrivain et stratège politique, Allal El Fassi n’était pas seulement un militant de l’indépendance : il était une école de pensée, un souffle permanent de résistance intellectuelle et morale.



Une filiation politique et morale assumée

Son engagement ne s’est jamais limité à la revendication politique. Il portait une vision globale d’un Maroc moderne, enraciné dans ses valeurs, mais ouvert sur le monde. Exilé, persécuté, mais jamais résigné, il incarnait une constance rare : celle d’un patriotisme lucide, capable de conjuguer idéalisme et réalisme.

Aujourd’hui, cet héritage trouve une continuité particulière dans l’action de Nizar Baraka, petit-fils du Zaim et actuel secrétaire général du Parti de l’Istiqlal. Plus qu’un lien familial, c’est une filiation politique et éthique qui se dessine, dans un contexte profondément transformé mais tout aussi exigeant.

Le militantisme d’aujourd’hui ne se joue plus dans les mêmes conditions historiques. Il ne s’agit plus de conquérir l’indépendance, mais de la consolider. Les défis ont changé de nature : justice sociale, équité territoriale, souveraineté économique, transition énergétique, et confiance citoyenne. Pourtant, l’esprit du combat reste le même.
Nizar Baraka s’inscrit dans cette continuité en portant un discours réformiste, axé sur le développement inclusif et la responsabilité sociale. À travers ses prises de position et son action gouvernementale, il entreprend de réactualiser l’héritage istiqlalien, en l’adaptant aux enjeux contemporains sans en trahir les fondements.

Le passage de relais entre les générations ne se limite pas à une transmission symbolique. Il traduit une transformation du militantisme lui-même. Là où Allal El Fassi affrontait le colonialisme, les militants d’aujourd’hui affrontent d’autres formes de déséquilibres : fractures sociales, défis économiques, et attentes croissantes des citoyens.
Le Parti de l’Istiqlal, en tant qu’institution historique, se trouve ainsi à la croisée des chemins : rester fidèle à son identité tout en se réinventant. Cette tension, loin d’être une faiblesse, constitue au contraire une dynamique politique essentielle.
 
Commémorer la disparition d’Allal El Fassi ne doit pas être un simple exercice de mémoire. C’est un acte politique en soi, une invitation à interroger notre rapport à l’engagement, à la responsabilité et à l’intérêt général.
Entre la figure tutélaire du Zaim et l’action actuelle de Nizar Baraka, c’est toute une trajectoire du militantisme marocain qui se dessine : de la libération nationale à la construction démocratique et sociale.
 
Plus qu’un héritage, c’est un défi. Celui de rester fidèle à une exigence : faire de la politique non pas un espace de gestion, mais un espace de conviction, de courage et de vision.


Rédigé par Mohammed Koraiche.


Lundi 18 Mai 2026

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