​ Énergies renouvelables : le Maroc attire les financements, sans droit à l’autosatisfaction


Rédigé par La rédaction le Dimanche 28 Juin 2026



Le Maroc figure parmi les dix principaux bénéficiaires mondiaux de financements publics internationaux consacrés aux énergies renouvelables sur la période 2010-2024. Selon le rapport international « Tracking SDG 7: The Energy Progress Report 2026 », le Royaume aurait mobilisé 6,6 milliards de dollars sur quinze ans.

Le chiffre confirme une réalité : le Maroc a réussi à se rendre visible auprès des bailleurs internationaux grâce à une stratégie énergétique engagée depuis plusieurs années, portée notamment par le solaire et l’éolien. Dans une région où les besoins en énergie augmentent, cette capacité à attirer des capitaux est un avantage réel. Elle soutient les infrastructures, les interconnexions, l’électrification et la préparation de futurs projets industriels liés à l’énergie propre.

Mais il serait imprudent de confondre financement mobilisé et transition accomplie. La dépendance aux importations d’énergies fossiles demeure forte. Les défis du stockage, de la flexibilité du réseau, de l’eau utilisée par certaines technologies et de l’accès des PME marocaines à cette nouvelle économie restent entiers.

Le rapport place le Maroc parmi les pays les plus financés, mais il rappelle aussi une tendance mondiale moins confortable : les flux internationaux vers l’énergie propre ont peu progressé en 2024. Cela signifie que la concurrence entre pays va se durcir.

Le vrai test n’est donc plus seulement d’attirer de l’argent. Il est de transformer ces financements en emplois qualifiés, en tissu industriel local, en factures énergétiques mieux maîtrisées et en souveraineté technologique. C’est là que se fera la différence entre une vitrine verte et une transformation durable.




Dimanche 28 Juin 2026
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