Alibaba vient de lancer à Hong Kong une augmentation de capital de 80 milliards de dollars hongkongais, soit environ 10,2 milliards de dollars américains. L’opération doit notamment financer ses investissements dans l’IA et le cloud.
Le marché a d’abord sanctionné l’entreprise. L’action Alibaba a fortement reculé lundi, notamment parce que les nouvelles actions étaient proposées avec une décote importante.
Mais la demande raconte une autre histoire : les investisseurs auraient présenté pour environ 28 milliards de dollars d’ordres, soit près de trois fois le montant recherché.
Autrement dit, malgré les interrogations sur la rentabilité de l’IA, le capital continue d’affluer.
Le message est majeur.
La première phase de l’intelligence artificielle générative pouvait donner l’impression que la compétition dépendait surtout des chercheurs, des algorithmes et des modèles.
La seconde rappelle brutalement que derrière l’IA se trouvent des data centers, des puces, des réseaux, de l’électricité et des milliards de dollars d’investissement.
Alibaba a déjà engagé un gigantesque programme d’infrastructures. Ses dépenses liées à l’IA ont fortement progressé et le groupe veut notamment continuer à développer ses modèles Qwen et ses capacités cloud.
Pour le Maroc et les pays intermédiaires, cette inflation du capital impose de changer de raisonnement.
Il serait absurde d’essayer de reproduire les dépenses d’Alibaba, Google, Microsoft ou Meta.
La souveraineté IA ne signifie pas nécessairement tout posséder.
Elle consiste à savoir ce qu’il faut absolument contrôler et ce qu’il est plus rationnel de mutualiser, louer ou développer en partenariat.
Le Maroc peut par exemple concentrer ses investissements sur certaines capacités de calcul nationales, la protection des données souveraines, la formation, la recherche et surtout les applications sectorielles où il possède déjà des avantages : industrie, agriculture, logistique, finance, énergie ou services publics.
La guerre mondiale de l’IA devient donc aussi une guerre du capital.
Et cette évolution peut paradoxalement clarifier la stratégie marocaine.
Le Royaume n’a pas besoin de courir derrière ceux qui peuvent dépenser 10 milliards de dollars en une seule opération. Il doit sélectionner quelques batailles dans lesquelles quelques centaines de millions bien investis peuvent produire davantage de valeur.
Dans l’IA comme ailleurs, la puissance ne consiste pas toujours à disposer du plus gros budget. Elle consiste parfois à savoir exactement où ne pas le dépenser.
Le marché a d’abord sanctionné l’entreprise. L’action Alibaba a fortement reculé lundi, notamment parce que les nouvelles actions étaient proposées avec une décote importante.
Mais la demande raconte une autre histoire : les investisseurs auraient présenté pour environ 28 milliards de dollars d’ordres, soit près de trois fois le montant recherché.
Autrement dit, malgré les interrogations sur la rentabilité de l’IA, le capital continue d’affluer.
Le message est majeur.
La première phase de l’intelligence artificielle générative pouvait donner l’impression que la compétition dépendait surtout des chercheurs, des algorithmes et des modèles.
La seconde rappelle brutalement que derrière l’IA se trouvent des data centers, des puces, des réseaux, de l’électricité et des milliards de dollars d’investissement.
Alibaba a déjà engagé un gigantesque programme d’infrastructures. Ses dépenses liées à l’IA ont fortement progressé et le groupe veut notamment continuer à développer ses modèles Qwen et ses capacités cloud.
Pour le Maroc et les pays intermédiaires, cette inflation du capital impose de changer de raisonnement.
Il serait absurde d’essayer de reproduire les dépenses d’Alibaba, Google, Microsoft ou Meta.
La souveraineté IA ne signifie pas nécessairement tout posséder.
Elle consiste à savoir ce qu’il faut absolument contrôler et ce qu’il est plus rationnel de mutualiser, louer ou développer en partenariat.
Le Maroc peut par exemple concentrer ses investissements sur certaines capacités de calcul nationales, la protection des données souveraines, la formation, la recherche et surtout les applications sectorielles où il possède déjà des avantages : industrie, agriculture, logistique, finance, énergie ou services publics.
La guerre mondiale de l’IA devient donc aussi une guerre du capital.
Et cette évolution peut paradoxalement clarifier la stratégie marocaine.
Le Royaume n’a pas besoin de courir derrière ceux qui peuvent dépenser 10 milliards de dollars en une seule opération. Il doit sélectionner quelques batailles dans lesquelles quelques centaines de millions bien investis peuvent produire davantage de valeur.
Dans l’IA comme ailleurs, la puissance ne consiste pas toujours à disposer du plus gros budget. Elle consiste parfois à savoir exactement où ne pas le dépenser.