​Avant de choisir les candidats… que voulons-nous pour Larache ?


À l’approche des prochaines échéances électorales, la province de Larache s’apprête une nouvelle fois à entrer dans le temps du débat politique et des choix électoraux. Cette première contribution consacrée à la campagne électorale se veut avant tout une réflexion sur les véritables enjeux qui attendent notre territoire, au-delà des noms, des slogans et des rivalités partisanes.



Par : El Mehdi Mouhid – Intéressé par les affaires locales

La particularité de Larache réside également dans son poids symbolique sur la scène politique nationale, en tant que province d’élection de M. Nizar Baraka, Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal. Une réalité qui confère à cette échéance une dimension particulière et invite, plus que jamais, à s’interroger sur les attentes des citoyens et sur l’avenir que nous souhaitons collectivement construire pour Larache.

À l’approche de chaque échéance électorale, le discours sur le changement refait surface, comme si la ville repartait de zéro à chaque scrutin. Pourtant, Larache, après des années d’attente, mérite que l’on se pose des questions bien plus profondes que celles portant uniquement sur les noms des candidats.

Le scénario semble presque toujours se répéter : des visages habitués à la compétition électorale, des discours qui se renouvellent davantage dans la forme que dans le fond, tandis que les indicateurs de développement restent en deçà des aspirations des habitants. Dès lors, la véritable question n’est plus : qui remportera les élections ?, mais plutôt : qu’a réellement gagné Larache grâce à la politique ?

Parmi les constats les plus préoccupants figure le recul de la présence des jeunes dans les espaces de décision et d’action. Au lieu d’être une force de proposition et de leadership, beaucoup d’entre eux ne deviennent qu’un élément complémentaire du paysage électoral, actifs durant les campagnes avant de disparaître une fois les résultats annoncés.

La réalité soulève également une question qui mérite un débat serein et responsable : dans quelle mesure le poids électoral du monde rural influence-t-il la configuration de la représentation chargée de gérer les affaires urbaines ? Et le système actuel de représentation électorale permet-il d’exprimer suffisamment les spécificités de la ville et ses attentes en matière de développement ?

Ces interrogations ne constituent nullement un appel à opposer le monde rural au monde urbain. Tous deux font partie intégrante de la province et ont le même droit au développement. Il s’agit plutôt d’une invitation à réfléchir aux moyens de garantir une représentation équilibrée, capable de répondre aux défis propres à chaque territoire.

Larache ne manque ni d’histoire ni de potentiel. Ce dont elle a besoin, c’est d’une véritable volonté politique qui fasse du développement un projet permanent et non un simple slogan de circonstance, et qui considère les jeunes comme des partenaires dans la prise de décision, plutôt que comme un simple public mobilisé durant les campagnes.

Puissent les prochaines élections être l’occasion de repenser notre manière de faire de la politique, avant d’être simplement une occasion de changer les personnes.


Dimanche 30 Aout 2026

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