​CAN 2028 : le Maroc à nouveau sollicité, entre reconnaissance continentale et équation stratégique


Rédigé par le Dimanche 4 Janvier 2026



Face à l’absence de candidatures solides pour la Coupe d’Afrique des nations 2028, la Confédération africaine de football se tourne vers le Maroc. Fort de l’élan de l’édition 2025, le Royaume apparaît comme une solution crédible, mais cette sollicitation exceptionnelle pose des enjeux logistiques, sportifs et politiques de premier plan.

La perspective peut surprendre par sa rapidité. À peine engagé dans la dernière ligne droite de l’organisation de la CAN 2025, le Maroc est déjà pressenti pour accueillir l’édition 2028. Selon plusieurs sources concordantes, la Confédération africaine de football estime que le Royaume est aujourd’hui l’un des rares pays capables de relever le défi dans des délais aussi resserrés. La CAN étant désormais quadriennale, le calendrier impose des choix rapides, alors même que peu de fédérations africaines disposent d’infrastructures prêtes et conformes aux standards exigés.

Ce nouvel appel du pied s’inscrit dans un contexte bien particulier. Depuis plus d’une décennie, le Maroc a engagé une stratégie de fond en matière de sport et d’infrastructures, avec des investissements massifs dans les stades, les réseaux de transport, l’hôtellerie et la logistique événementielle. L’organisation de compétitions continentales et internationales est devenue un levier de rayonnement, mais aussi un outil de structuration territoriale. La CAN 2025, très attendue, doit justement servir de vitrine de ce savoir-faire.

La CAF, confrontée à des dossiers concurrents fragiles ou incomplets, voit dans le Maroc une valeur sûre. L’Égypte est évoquée, mais son projet reste incertain à ce stade. D’autres pays, malgré leur volonté politique, peinent à répondre aux critères techniques et financiers. Dans ce paysage, le Royaume bénéficie d’un avantage comparatif évident : des chantiers déjà livrés, d’autres en phase avancée, et une expérience récente de grands événements sportifs.

Pour autant, accepter d’organiser deux CAN rapprochées ne serait pas un choix anodin. Sur le plan économique, l’impact peut être significatif, tant en termes de retombées touristiques que de dynamisation de secteurs connexes. Mais il implique aussi des coûts, une mobilisation prolongée des ressources publiques et privées, et une gestion fine des priorités, d’autant plus que le Maroc est également engagé dans la préparation d’échéances sportives majeures à l’horizon 2030.

Sur le plan politique et symbolique, cette sollicitation est révélatrice d’un positionnement continental assumé. Elle traduit la confiance accordée au Maroc par les instances africaines et conforte son rôle de partenaire structurant du football africain. Elle pose aussi la question de l’équilibre entre ambition et soutenabilité : jusqu’où peut-on capitaliser sur le succès sans risquer la saturation ou l’essoufflement ?

La décision finale devrait intervenir après la CAN 2025, laissant au Royaume le temps d’évaluer froidement les bénéfices et les contraintes. Accepter, ce serait confirmer une trajectoire de leadership sportif africain. Refuser, ce serait rappeler que la crédibilité passe aussi par la maîtrise du tempo. Dans les deux cas, le Maroc s’impose déjà comme un acteur central du jeu continental, au-delà même des terrains.




Dimanche 4 Janvier 2026
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