​Dar Maalma Expo 2026 : quand les femmes artisanes africaines montent sur le devant de la scène


À Casablanca, l’artisanat féminin africain ne se contente plus d’être admiré dans les vitrines ou célébré dans les discours. Il prend la parole, affirme ses ambitions et revendique sa place dans l’économie créative du continent. C’est tout le sens de la 17ᵉ édition de Dar Maalma Expo et de la 4ᵉ édition du Congrès des Femmes Artisanes Africaines, organisées du 25 au 28 juin 2026 sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.



🎨 Une rencontre entre traditions africaines et création contemporaine

Au Mechouar des Habous, cette rencontre a réuni créatrices, professionnelles, partenaires et personnalités du monde de la mode autour d’une même conviction : les femmes artisanes ne sont pas seulement les gardiennes d’un héritage. Elles sont aussi des entrepreneures, des innovatrices et des actrices de la coopération africaine.

L’épisode spécial consacré à cette édition a donné la parole à des voix engagées dans la promotion de cet artisanat vivant. Parmi elles, le couturier parisien et directeur artistique Éric Tibusch, ainsi que le mannequin international Marie Ndao Top Manka, venus accompagner une démarche qui associe exigence esthétique, transmission et ouverture panafricaine.

Dès les premières minutes, le ton est donné. L’objectif n’est pas seulement de présenter des objets d’artisanat ou d’organiser un défilé de plus. Il s’agit de remettre les artisanes au centre du récit. Celles qui brodent, tissent, façonnent, créent, innovent et transmettent doivent aussi pouvoir être reconnues comme les véritables autrices de leurs créations.

L’un des messages forts de cette édition concerne la richesse des croisements culturels entre le Maroc et les autres pays africains. Les savoir-faire du continent, qu’ils viennent du Nord, de l’Ouest ou du Sahel, ne doivent pas être pensés comme des univers séparés. Ils peuvent dialoguer, s’enrichir et inventer de nouvelles formes.

Éric Tibusch évoque ainsi la nécessité de moderniser l’artisanat sans le dénaturer. Attirer une clientèle plus jeune, proposer de nouvelles matières, revisiter certains accessoires, travailler les détails et les finitions : autant de pistes pour donner aux créations traditionnelles une nouvelle présence sur les marchés contemporains.

La présence de représentantes de plusieurs pays africains ouvre également la voie à une coopération plus structurée. L’artisanat devient alors un langage commun, capable de faire circuler les idées, les techniques, les créations et les opportunités économiques.

👗 Un défilé où les artisanes deviennent les premières vedettes

Le moment le plus symbolique de cette programmation reste sans doute le Défilé Caftan Dar Maalma, organisé au Palais des Habous. Son originalité tient à une idée simple, mais forte : faire monter les artisanes elles-mêmes sur le podium.

Dans les défilés classiques, le public admire les pièces sans toujours connaître les mains qui les ont créées. Ici, la logique est inversée. Les femmes qui imaginent, cousent, brodent et assemblent les créations deviennent visibles. Leur présence sur scène transforme le défilé en un acte de reconnaissance.

Le caftan marocain y apparaît comme une pièce centrale, à la fois profondément ancrée dans l’histoire du pays et ouverte à des interprétations nouvelles. La mode devient ainsi un moyen de raconter le parcours des artisanes, de montrer leur précision, leur patience et leur talent.

📚 Transmettre pour protéger l’avenir

L’événement insiste également sur l’importance de la formation. Car un artisanat qui ne se transmet pas finit par s’affaiblir. La création d’une école dédiée aux métiers d’art figure parmi les perspectives évoquées afin de rapprocher les jeunes générations de ces savoir-faire.

Ce projet dépasse largement la simple initiation technique. Former, c’est aussi redonner de la valeur à des métiers parfois considérés à tort comme secondaires. C’est permettre aux jeunes femmes et aux jeunes hommes de voir dans l’artisanat une voie professionnelle, une source de revenus et un espace de création.

Dar Maalma Expo porte donc une ambition plus large : faire de l’artisanat féminin un levier culturel, social et économique. Conférences, ateliers, échanges professionnels, défilés et rencontres d’affaires s’inscrivent dans cette même dynamique.

🤝 L’artisanat féminin, une force économique africaine

Au-delà de la beauté des créations, le message est clair : soutenir les femmes artisanes, c’est soutenir l’emploi, l’autonomie économique, la transmission du patrimoine et la place des femmes dans l’espace public.

Avec un réseau qui réunit des milliers d’artisanes à travers les régions du Maroc et des liens de plus en plus forts avec le reste du continent, Dar Maalma Expo veut contribuer à construire une nouvelle visibilité pour les créatrices africaines.

Le public est ainsi invité à regarder autrement ces métiers. Derrière chaque broderie, chaque tissage, chaque bijou ou chaque caftan, il y a une histoire, une identité, une expertise et souvent un combat quotidien pour faire vivre une activité.

Dar Maalma Expo 2026 rappelle enfin que l’avenir de l’artisanat africain ne se joue pas seulement dans la préservation du passé. Il se joue aussi dans l’innovation, la formation, la digitalisation, l’accès aux marchés et la capacité des artisanes à devenir les premières ambassadrices de leur propre talent.

✨ L’artisanat féminin africain ne demande pas la charité. Il réclame la reconnaissance, la visibilité et les moyens de poursuivre son rayonnement.
Dimanche 28 Juin 2026

Dans la même rubrique :