​Défense navale : le Maroc explore la piste des sous-marins russes dans un environnement sécuritaire en mutation


Rédigé par le Dimanche 4 Janvier 2026



Défense navale : le Maroc explore la piste des sous-marins russes dans un environnement sécuritaire en mutation

Le Royaume a entamé une phase d’étude stratégique en vue de l’acquisition de capacités sous-marines. Dans un contexte régional marqué par des recompositions rapides et des menaces maritimes plus complexes, Rabat examine notamment des options russes afin de renforcer la surveillance et la dissuasion en Méditerranée et dans l’Atlantique.

L’information confirme une inflexion doctrinale déjà perceptible depuis plusieurs années. Le Maroc s’intéresse désormais de près à la composante sous-marine, longtemps absente de son arsenal naval. Selon des sources concordantes, les autorités militaires étudient plusieurs modèles de sous-marins, dont des plateformes russes réputées pour leur discrétion et leur polyvalence, dans le cadre d’une réflexion globale sur la sécurité maritime nationale.

Cette démarche s’inscrit dans un environnement stratégique en profonde évolution. Les espaces maritimes marocains, à la croisée de routes commerciales majeures et de zones d’intérêt énergétique croissant, sont soumis à des risques multiples : trafics illicites, menaces asymétriques, surveillance des câbles et infrastructures sous-marines, sans oublier les enjeux liés à la compétition navale régionale. Dans ce contexte, la maîtrise de la dimension sous-marine apparaît comme un levier de crédibilité et de dissuasion.

Jusqu’à présent, la Marine royale a privilégié le renforcement de ses capacités de surface, avec l’acquisition de frégates modernes et la modernisation de ses moyens de surveillance côtière. L’éventuelle introduction de sous-marins marquerait un saut qualitatif. Ces bâtiments offrent une capacité de projection discrète, une endurance accrue et un avantage stratégique certain dans la collecte de renseignement et la protection des approches maritimes.

Le choix d’examiner des modèles russes ne préjuge toutefois pas d’une décision finale. Il s’agit avant tout d’une phase d’évaluation technique et stratégique, prenant en compte les performances, les coûts, la maintenance et la compatibilité avec les doctrines existantes. Cette exploration reflète aussi une approche pragmatique de la diversification des partenariats militaires, dans un cadre où le Maroc cherche à préserver son autonomie décisionnelle et l’équilibre de ses alliances.

Sur le plan régional, cette réflexion est observée avec attention. La Méditerranée occidentale et l’Atlantique Nord connaissent une intensification des activités navales, dans un contexte de rivalités feutrées mais persistantes. L’acquisition de capacités sous-marines par le Maroc contribuerait à redéfinir certains équilibres, sans nécessairement s’inscrire dans une logique de surenchère. Elle traduirait plutôt une adaptation aux standards contemporains de la guerre navale, où la dissuasion repose autant sur l’invisibilité que sur la puissance affichée.

Reste la question des ressources humaines et industrielles. Exploiter des sous-marins exige une formation pointue, des infrastructures spécifiques et une chaîne logistique robuste. Le succès d’un tel projet dépendra donc de la capacité à investir dans le capital humain et à inscrire cette acquisition dans une vision de long terme, cohérente avec les autres priorités de défense.

En explorant la piste des sous-marins, le Maroc envoie un signal clair : celui d’une stratégie navale en mutation, attentive aux menaces émergentes et aux nouvelles réalités géopolitiques. La décision finale, si elle intervient, dira jusqu’où le Royaume souhaite aller dans la consolidation de sa posture maritime, entre prudence stratégique et affirmation de souveraineté.




Dimanche 4 Janvier 2026
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