En économie, les moyennes ont souvent le défaut de masquer la réalité du terrain. Le recul de 4,5 % de l'indice de production de l'industrie manufacturière (hors raffinage de pétrole) au deuxième trimestre 2026, publié par le HCP, pourrait à première vue inquiéter. Pourtant, au-delà des grandes annonces d'investissements futurs et des capacités projetées sur le papier, l'analyse de ce qui sort réellement de nos usines aujourd'hui raconte une toute autre histoire. Celle d'un Maroc industriel à deux vitesses, où le chiffre agrégé ne suffit plus à comprendre la dynamique en cours.
Les moteurs de l'industrie lourde à plein régime
Pour saisir cette réalité, il faut déconstruire cette moyenne et observer les forces contraires qui s'exercent sur notre économie. D'un côté, cinq moteurs tournent à plein régime et tirent la production vers le haut. L'écosystème des industries lourdes affiche une santé de fer, mené par les produits métalliques qui bondissent de 14,1 %, suivis de près par la métallurgie avec une progression de 11,6 %. L'automobile, véritable locomotive nationale, confirme sa robustesse avec une hausse de 6 %. À cette dynamique s'ajoutent les produits minéraux non métalliques qui progressent de 5,9 %, ainsi que l'agroalimentaire, pilier résilient de notre économie, qui enregistre une croissance de 5,7 %
Chimie, électronique et textile : le décrochage
De l'autre côté, cinq freins majeurs tirent l'indice global vers le bas et accusent des baisses spectaculaires. L'industrie chimique s'effondre avec un recul vertigineux de 29,5 %, une chute intimement liée à celle de l'indice des industries extractives qui dévisse de 28,8 %. L'électronique et l'optique, pourtant considérées comme des métiers mondiaux d'avenir pour le Royaume, décrochent sévèrement de 19,5 %. Enfin, le secteur historique de l'habillement continue de souffrir face à la conjoncture et à la concurrence internationale, essuyant une baisse de 10 %.
Vers la fin d'une politique industrielle "taille unique"
Les moteurs de l'industrie lourde à plein régime
Pour saisir cette réalité, il faut déconstruire cette moyenne et observer les forces contraires qui s'exercent sur notre économie. D'un côté, cinq moteurs tournent à plein régime et tirent la production vers le haut. L'écosystème des industries lourdes affiche une santé de fer, mené par les produits métalliques qui bondissent de 14,1 %, suivis de près par la métallurgie avec une progression de 11,6 %. L'automobile, véritable locomotive nationale, confirme sa robustesse avec une hausse de 6 %. À cette dynamique s'ajoutent les produits minéraux non métalliques qui progressent de 5,9 %, ainsi que l'agroalimentaire, pilier résilient de notre économie, qui enregistre une croissance de 5,7 %
Chimie, électronique et textile : le décrochage
De l'autre côté, cinq freins majeurs tirent l'indice global vers le bas et accusent des baisses spectaculaires. L'industrie chimique s'effondre avec un recul vertigineux de 29,5 %, une chute intimement liée à celle de l'indice des industries extractives qui dévisse de 28,8 %. L'électronique et l'optique, pourtant considérées comme des métiers mondiaux d'avenir pour le Royaume, décrochent sévèrement de 19,5 %. Enfin, le secteur historique de l'habillement continue de souffrir face à la conjoncture et à la concurrence internationale, essuyant une baisse de 10 %.
Vers la fin d'une politique industrielle "taille unique"
Ce grand écart n'est pas anodin : il révèle les mutations profondes du modèle industriel marocain. D'une part, le "Made in Morocco" consolide ses nouvelles forteresses. L'enracinement de la chaîne de valeur automobile et métallurgique prouve que la montée en gamme porte ses fruits. D'autre part, le décrochage brutal des secteurs liés aux matières premières (chimie, extraction) illustre une vulnérabilité persistante aux chocs externes, tandis que la difficulté du textile à se réinventer pose un véritable défi en termes de maintien de l'emploi.
Ce bulletin de santé du deuxième trimestre 2026 démontre que la politique industrielle marocaine ne peut plus se contenter d'une approche globale. Le Maroc doit désormais gérer deux réalités simultanées : accompagner l'expansion de ses industries lourdes, tout en déployant des thérapies ciblées pour ses secteurs historiques en perte de vitesse. C'est à cette seule condition que ces deux Maroc industriels cesseront d'avancer en sens inverse.