​Le pari gagné de Mouna Fettou


Dans un théâtre mythique de Paris, le Palais des Glaces pour ne pas le nommer, où les murs gardent l’empreinte des rires provoqués par les plus grands du théâtre comique français, Muriel Robin, Michèle Laroque, pour ne citer que celles-ci, Mouna Fettou joue une pièce hilarante au nom succulent de « Poulet aux olives » aux côtés de comédiens connus et reconnus en les personnes de Jean-marc Coudert, Matthias Van Khache ainsi que la délicieuse et éternelle jeunette, comme elle se joue de le dire pendant toute la pièce, Gladys Cohen, vue entre autres dans « la Verité si je mens » et « Coco ».



Par Ali Bouallou

L’histoire de la pièce se déroule dans un immeuble réunissant des locataires de différentes obédiences vivant dans la concorde, la joie et la bonne humeur.

Juifs, catholique et musulmane, en le rôle de Mouna Fettou, donnent à cette pièce théâtrale un sens singulier du vivre-ensemble, qui se perd malheureusement de plus en plus en France et dans le monde de manière générale.

Il s’agit d’échanges finement menés, parfois ponctués de disputes bienveillantes et affectueuses, entre mère et fils, entre fils et beau-père, et enfin entre voisines, pour faire face aux imprévus de la vie. Derrière chaque dialogue et chaque jeu de mots se révèle une part de vérité et d’authenticité.

Drôle et pétillante, Mouna Fettou est complètement dans son élément dans cette pièce. Ses répliques ensoleillantes tordent de rire le public composé en partie des ressortissants marocains, musulmans et juifs, vivant en région parisienne et en province.

La pièce de théâtre commence autour d’un plat de poulet aux olives à la marocaine et finit autour du même plat dans un décor et des costumes marocains.

Cette pièce de théâtre est une ode à la différence, une invitation à regarder au-delà des jugements rapides et des regards réducteurs. C’est un instant de joie communicative dans un monde en ébullition pour ne pas dire en perdition.

Le spectateur rit, aux larmes des fois, et s’oublie. Il en ressort, avec une naïveté mesurée, plein d’optimisme enclin à croire en la communion des peuples et des communautés du monde.

Cette pièce tombe a point nommé pour faire du bien et pour donner à réfléchir. L’autre pari gagné des auteurs, Nicolas Nebot et Judith El Maleh, sœur de notre Gad national.

Pour celles et ceux qui n’auront pas la chance de la voir au Palais des Glaces à Paris, Mouna Fettou et ses complices feront trois représentations au Maroc pour le plus grand bonheur des théâtrophiles marocains.

La première aura lieu le 05 mai au Studio des Arts Vivants à Casablanca. La seconde, le 18 mai au théâtre Mohammed V à Rabat et enfin la troisième, le 20 mai au Meydene à Marrakech.

Le succès de cette pièce ne se dément pas, comme en témoigne sa prolongation au Palais des Glaces.

Saluons Mouna Fettou pour avoir brillamment relevé le défi d’une carrière désormais internationale.

Bon vent Mouna, le peuple marocain suivra de près vos nouveaux pas artistiques comme il l’a toujours fait.

Ali Bouallou


Lundi 30 Mars 2026

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