​Le projet de gazoduc Nigeria–Maroc franchit une nouvelle étape décisive

Un projet stratégique à 25 milliards de dollars


Rédigé par le7tv le Lundi 13 Avril 2026



Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), a annoncé la signature, d’ici la fin de l’année, de l’accord intergouvernemental encadrant cette infrastructure stratégique. La cérémonie devrait réunir les représentants des 13 pays impliqués, confirmant l’ampleur régionale d’un chantier évalué à 25 milliards de dollars.

Baptisé « Gazoduc Atlantique Africain », le projet remonte à près d’une décennie et a déjà validé plusieurs jalons techniques, notamment les études de faisabilité et les premières conceptions. Son tracé d’environ 6 900 kilomètres combinera des segments terrestres et maritimes, à travers ou au large de plusieurs États d’Afrique de l’Ouest, avec pour objectif de relier les ressources gazières du Nigeria aux marchés du Maghreb et, au-delà, à l’Europe.

La capacité maximale visée s’établit à 30 milliards de mètres cubes par an. Selon Amina Benkhadra, près de la moitié de ces volumes serait destinée à couvrir les besoins du Maroc, le solde étant orienté vers l’exportation, notamment vers les marchés européens. Pour Rabat, l’enjeu est double: sécuriser son approvisionnement et consolider son positionnement comme hub énergétique entre l’Afrique et l’Europe, en complément de ses atouts croissants dans les énergies renouvelables.

Sur le plan institutionnel, l’architecture de gouvernance se précise. Après la signature, une autorité de pilotage sera créée au Nigeria pour coordonner l’agenda politique et réglementaire entre les 13 États partenaires. Parallèlement, une société de projet verra le jour au Maroc, en coentreprise entre l’ONHYM et la compagnie pétrolière nationale nigériane, avec la mission de superviser le financement, la construction et l’exploitation.

Soutenu par la CEDEAO, le gazoduc est présenté comme un levier d’intégration économique régionale, d’électrification et d’industrialisation. Dans un contexte international tendu, marqué par des perturbations des flux énergétiques et une volatilité des prix du gaz, la diversification des routes d’acheminement revêt un intérêt renouvelé pour l’Europe comme pour l’Afrique de l’Ouest.

Les premières livraisons sont envisagées à l’horizon 2031, un calendrier ambitieux au regard des défis financiers, techniques et sécuritaires inhérents à un tel mégaprojet transnational. Reste désormais à transformer l’élan politique en décisions opérationnelles rapides afin d’ancrer ce corridor gazier dans la réalité énergétique du continent.




Lundi 13 Avril 2026
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