Les vidéos sont spectaculaires.
Un humanoïde court.
Un autre danse.
Un troisième réalise un salto arrière.
On partage la séquence sur les réseaux sociaux et l'impression est immédiate : les robots sont presque prêts.
Pas vraiment. Car un robot capable d'exécuter parfaitement une chorégraphie programmée peut encore se révéler incapable d'accomplir une tâche banale qu'il n'a jamais rencontrée.
C'est précisément là que se déplace aujourd'hui la bataille chinoise des humanoïdes.
LE CERVEAU EST DEVENU LE MAILLON FAIBLE
Gao Yang, cofondateur et directeur scientifique de Spirit AI, l'a résumé à Reuters : le « cerveau » constitue désormais le maillon faible de la chaîne robotique.
Selon lui, une rupture comparable à celle de GPT-3 pourrait intervenir autour de la mi-2027. Il estime que les humanoïdes pourraient alors accomplir une grande partie des tâches générales à partir d'instructions verbales.
Il faut prendre cette échéance pour ce qu'elle est : la projection d'un dirigeant d'entreprise engagé dans cette course, et non un calendrier technologique établi.
Mais le problème qu'il décrit est bien réel.
« PRENDS CET OBJET ET RANGE-LE »
Pour mesurer le chemin restant, oublions les saltos.
Demandons simplement à un robot : « Prends les câbles qui sont sur cette table, vérifie-les et range-les dans la caisse. »
Pour un humain, la phrase paraît triviale.
Pour une machine, elle implique de comprendre le langage, reconnaître les objets, estimer leur forme, manipuler quelque chose de flexible, planifier plusieurs mouvements et corriger les imprévus.
C'est précisément pourquoi Spirit AI mise fortement sur des données collectées dans le monde réel plutôt que seulement sur la simulation. Les objets souples et déformables, comme les câbles, restent particulièrement difficiles à modéliser.
L’USINE AVANT LA MAISON
Autre enseignement intéressant : l'humanoïde utile devrait probablement arriver dans l'industrie avant de devenir domestique.
Spirit AI fait déjà fonctionner plusieurs dizaines de ses robots Moz1 dans des environnements industriels, notamment chez le fabricant de batteries CATL et chez JD.com.
Une usine est relativement structurée.
Une maison est chaotique.
Dans une usine, les objets, procédures et espaces peuvent être standardisés.
Chez vous, une chaussure traîne sous la table pendant que le chat traverse la cuisine.
Selon Gao, l'arrivée réellement utile des humanoïdes dans les foyers pourrait encore demander au moins huit ans.
POUR LE MAROC, LA QUESTION N’EST PAS DE FABRIQUER UN ROBOT MAROCAIN
Du moins pas nécessairement. Avec ses industries automobile, aéronautique, électronique et logistique, le Maroc doit surtout regarder où se déplacera la valeur.
Hier : mécanique.
Aujourd'hui : automatisation.
Demain : intelligence incarnée.
Il faudra des ingénieurs capables d'entraîner, adapter, sécuriser et maintenir ces cerveaux robotiques dans les usines.
La véritable révolution n'arrivera donc peut-être pas lorsqu'un robot chinois réussira un nouveau salto. Elle arrivera lorsque, dans une usine marocaine, un opérateur pourra simplement lui dire : « Prends cette pièce, contrôle-la et pose-la là-bas. »
Et que le robot comprendra quoi faire.
Un humanoïde court.
Un autre danse.
Un troisième réalise un salto arrière.
On partage la séquence sur les réseaux sociaux et l'impression est immédiate : les robots sont presque prêts.
Pas vraiment. Car un robot capable d'exécuter parfaitement une chorégraphie programmée peut encore se révéler incapable d'accomplir une tâche banale qu'il n'a jamais rencontrée.
C'est précisément là que se déplace aujourd'hui la bataille chinoise des humanoïdes.
LE CERVEAU EST DEVENU LE MAILLON FAIBLE
Gao Yang, cofondateur et directeur scientifique de Spirit AI, l'a résumé à Reuters : le « cerveau » constitue désormais le maillon faible de la chaîne robotique.
Selon lui, une rupture comparable à celle de GPT-3 pourrait intervenir autour de la mi-2027. Il estime que les humanoïdes pourraient alors accomplir une grande partie des tâches générales à partir d'instructions verbales.
Il faut prendre cette échéance pour ce qu'elle est : la projection d'un dirigeant d'entreprise engagé dans cette course, et non un calendrier technologique établi.
Mais le problème qu'il décrit est bien réel.
« PRENDS CET OBJET ET RANGE-LE »
Pour mesurer le chemin restant, oublions les saltos.
Demandons simplement à un robot : « Prends les câbles qui sont sur cette table, vérifie-les et range-les dans la caisse. »
Pour un humain, la phrase paraît triviale.
Pour une machine, elle implique de comprendre le langage, reconnaître les objets, estimer leur forme, manipuler quelque chose de flexible, planifier plusieurs mouvements et corriger les imprévus.
C'est précisément pourquoi Spirit AI mise fortement sur des données collectées dans le monde réel plutôt que seulement sur la simulation. Les objets souples et déformables, comme les câbles, restent particulièrement difficiles à modéliser.
L’USINE AVANT LA MAISON
Autre enseignement intéressant : l'humanoïde utile devrait probablement arriver dans l'industrie avant de devenir domestique.
Spirit AI fait déjà fonctionner plusieurs dizaines de ses robots Moz1 dans des environnements industriels, notamment chez le fabricant de batteries CATL et chez JD.com.
Une usine est relativement structurée.
Une maison est chaotique.
Dans une usine, les objets, procédures et espaces peuvent être standardisés.
Chez vous, une chaussure traîne sous la table pendant que le chat traverse la cuisine.
Selon Gao, l'arrivée réellement utile des humanoïdes dans les foyers pourrait encore demander au moins huit ans.
POUR LE MAROC, LA QUESTION N’EST PAS DE FABRIQUER UN ROBOT MAROCAIN
Du moins pas nécessairement. Avec ses industries automobile, aéronautique, électronique et logistique, le Maroc doit surtout regarder où se déplacera la valeur.
Hier : mécanique.
Aujourd'hui : automatisation.
Demain : intelligence incarnée.
Il faudra des ingénieurs capables d'entraîner, adapter, sécuriser et maintenir ces cerveaux robotiques dans les usines.
La véritable révolution n'arrivera donc peut-être pas lorsqu'un robot chinois réussira un nouveau salto. Elle arrivera lorsque, dans une usine marocaine, un opérateur pourra simplement lui dire : « Prends cette pièce, contrôle-la et pose-la là-bas. »
Et que le robot comprendra quoi faire.