​Mais que se passe-t-il vraiment avec le virus Nipah ?

Un virus déjà connu, mais toujours dangereux




Synthèse structurée d’une crise sanitaire qui inquiète – mais qu’il faut lire avec nuance

Le virus Nipah est un pathogène zoonotique – il passe des animaux (surtout des chauves-souris frugivores) à l’homme, parfois via un hôte intermédiaire comme le porc. Découvert à la fin des années 1990 en Malaisie et à Singapour, il a depuis provoqué des flambées périodiques en Asie, notamment au Bangladesh et en Inde. La maladie qu’il cause peut débuter comme une grippe banale, puis évoluer vers des complications graves comme une inflammation du cerveau (encéphalite) ou une détresse respiratoire sévère.

Contrairement au Covid-19, il n’existe aujourd’hui ni vaccin ni traitement spécifique approuvé contre Nipah. Les soins restent de soutien symptomatique, même si certains anticorps monoclonaux expérimentaux sont utilisés dans des cas précis.

La situation actuelle en Inde (janvier 2026)
Depuis le 12 janvier 2026, plusieurs cas de Nipah ont été confirmés dans l’État du Bengale-Occidental, à l’est de l’Inde. Au moins cinq personnes ont été infectées, dont des soignants après exposition en milieu hospitalier. En réaction, une centaine de contacts étroits ont été mis en quarantaine et des investigations épidémiologiques sont en cours.

Des campagnes de dépistage ont été réactivées dans les hôpitaux locaux et dans les aéroports de certains pays asiatiques, avec des contrôles sanitaires inspirés de l’expérience Covid (questionnaires, prise de température, questionnaires de santé).

Dans certains pays voisins comme la Thaïlande ou le Vietnam, les autorités sanitaires insistent sur la vigilance sans céder à la panique, rappelant que la transmission interhumaine de Nipah reste limitée et que des mesures simples de prévention demeurent efficaces.

Pourquoi l’alerte suscite de l’attention ?
Le virus Nipah n’est pas nouveau, mais il est classé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un agent pathogène à haut risque. Ses taux de mortalité observés dans les flambées passées varient de 40 % à 75 %, bien plus élevés que ceux du Covid-19.

Ce qui inquiète :

son potentiel de transmission dans des contextes proches (famille, soins sans protection) ;
l’absence de remède spécifique ou de vaccin disponible pour la population générale ;
le fait que les symptômes débutent souvent comme une grippe banale, rendant difficile une détection précoce.

Cela dit, la capacité du virus à se propager librement dans une population comme le SARS-CoV-2 est jugée faible, car il ne se transmet pas efficacement par voie aérienne sur de longues distances.

La situation en Inde est certes préoccupante, mais elle ne constitue pas une pandémie mondiale immédiate. Les autorités sanitaires locales et internationales ont déjà des protocoles éprouvés pour contenir ce genre de flambée : isolement des cas, traçage des contacts, quarantaines ciblées, surveillance renforcée.

L’attention médiatique et les mesures de surveillance dans certains pays reflètent surtout la mémoire récente du Covid-19 plutôt qu’une menace totalement comparable.

Ce n’est pas “encore le Covid”. C’est une maladie rare mais grave qui réapparaît périodiquement dans certaines régions d’Asie. L’absence de vaccin, le taux de mortalité élevé et la nécéssité de soins intensifs expliquent l’inquiétude des autorités, mais sa propension à se propager de manière explosive est faible si les mesures d’hygiène et de prévention sont respectées.

Mardi 27 Janvier 2026



Rédigé par La rédaction le Mardi 27 Janvier 2026
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