​Marchés financiers : le choc iranien impose une semaine de prudence extrême


Rédigé par La rédaction le Lundi 2 Mars 2026



Le week-end a marqué un tournant géopolitique majeur, et les marchés n’ont pas tardé à en tirer les conséquences. Ce lundi 2 mars, l’économie mondiale entame la semaine sous tension, avec des investisseurs contraints de digérer une séquence inédite au Moyen-Orient : l’opération militaire baptisée « Fureur épique », le décès du Guide suprême iranien Ali Khamenei et les ripostes de Téhéran. Un cocktail explosif qui bouleverse les équilibres régionaux et force les opérateurs financiers à revoir en urgence leurs scénarios.

Dès l’ouverture des places européennes, le ton est donné : la prudence domine, presque la sidération parfois. Le CAC 40 a ouvert en net repli, cédant environ 2 % vers 9h05, pour s’établir autour de 8 408 points. Les marchés actions, déjà fragilisés par un contexte international tendu, subissent de plein fouet l’incertitude liée au vide institutionnel à Téhéran. Dans ce climat anxiogène, les investisseurs réduisent leur exposition au risque, privilégiant des arbitrages défensifs.

Sans surprise, les valeurs refuges retrouvent les faveurs du marché. L’or, thermomètre classique de la peur, s’est apprécié de 2,43 %, propulsant l’once à 5 407 dollars. Un niveau élevé qui traduit moins un engouement spéculatif qu’une recherche de protection face à un avenir jugé opaque. Barclays, dans une note très suivie, souligne que l’absence de visibilité politique en Iran et l’imprévisibilité des développements militaires vont probablement contraindre les marchés à maintenir cette posture prudente à court terme. Autrement dit, la nervosité n’est pas un accident de séance, mais un état durable.

Au cœur de toutes les attentions : l’énergie. Plus précisément, le détroit d’Ormuz, ce couloir maritime stratégique par lequel transitent près de 20 millions de barils par jour, soit environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Si le détroit n’a pas été officiellement fermé, la situation sur le terrain est loin d’être rassurante. Deutsche Bank rapporte que trois navires ont été attaqués par l’Iran durant le week-end, provoquant un arrêt de fait du trafic des tankers. Une paralysie informelle, mais aux effets bien réels sur les marchés.

La réaction du pétrole ne s’est pas fait attendre. Le Brent de la mer du Nord, échéance mai, a bondi de 9,8 % pour atteindre 79,57 dollars le baril. Une hausse brutale qui ravive le spectre d’un choc énergétique mondial. Barclays n’exclut d’ailleurs pas un scénario à 100 dollars le baril si les perturbations dans le Golfe devaient se prolonger. Un tel niveau aurait des répercussions directes sur l’inflation, le pouvoir d’achat et la croissance, notamment dans les économies importatrices d’énergie.

Face à ce risque, l’OPEP+ tente d’envoyer un signal d’apaisement. L’organisation a annoncé une augmentation de sa production de 206 000 barils par jour à compter d’avril. Un contre-feu destiné à rassurer les marchés sur la disponibilité de l’offre. Mais cette décision, si elle peut amortir une partie du choc, ne suffit pas à dissiper les inquiétudes : tant que le détroit d’Ormuz restera sous menace, la prime de risque géopolitique continuera de peser sur les cours.

En toile de fond, une question obsède les investisseurs : assiste-t-on à une crise ponctuelle ou à l’ouverture d’une phase de déstabilisation durable au Moyen-Orient ? La réponse conditionnera l’évolution des marchés dans les semaines à venir. Pour l’heure, une chose est sûre : la séquence iranienne a rappelé, avec brutalité, à quel point la géopolitique reste un moteur central de l’économie mondiale. Et tant que le brouillard ne se lèvera pas sur Téhéran et Ormuz, la prudence restera la règle, bien plus que l’exception.




Lundi 2 Mars 2026
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