Du 2 au 10 mars prochains, aucun mariage ne pourra être célébré au Maroc. Les adouls, acteurs centraux de l’état civil et du droit de la famille, ont décidé une suspension nationale de leurs activités. Derrière cette décision, une contestation frontale du projet de loi n°16-22, censé réformer et moderniser leur profession. Une grève technique, mais aux effets sociaux très concrets.
Dans un pays où le mariage reste un marqueur social fort, cette interruption dépasse largement le cadre corporatiste. Elle touche des familles déjà engagées financièrement, des calendriers planifiés parfois depuis des mois, et des équilibres personnels fragiles. La réforme, selon les représentants des adouls, introduirait des contraintes jugées unilatérales, une redéfinition de leur statut et une perte d’autonomie professionnelle. Le ministère concerné, lui, défend une mise à niveau nécessaire, au nom de la transparence, de la traçabilité et de l’adaptation aux standards contemporains.
La question qui affleure n’est donc pas seulement juridique. Elle est politique et sociale. Peut-on moderniser une profession aussi sensible sans un consensus réel ? Le droit de la famille, au Maroc, ne relève jamais d’un simple ajustement technique. Il touche à l’intime, au religieux, au symbolique. L’arrêt temporaire des mariages agit comme un révélateur : celui d’un dialogue institutionnel encore inachevé, voire déséquilibré.
Cette séquence interroge aussi la capacité de l’État à anticiper les effets collatéraux de ses réformes. La modernisation normative est nécessaire, personne ne le conteste. Mais son calendrier, ses modalités et sa pédagogie restent décisifs. En creux, cette grève pose une question simple et inconfortable : à quel moment une réforme bien intentionnée devient-elle socialement disruptive ?
Dans un pays où le mariage reste un marqueur social fort, cette interruption dépasse largement le cadre corporatiste. Elle touche des familles déjà engagées financièrement, des calendriers planifiés parfois depuis des mois, et des équilibres personnels fragiles. La réforme, selon les représentants des adouls, introduirait des contraintes jugées unilatérales, une redéfinition de leur statut et une perte d’autonomie professionnelle. Le ministère concerné, lui, défend une mise à niveau nécessaire, au nom de la transparence, de la traçabilité et de l’adaptation aux standards contemporains.
La question qui affleure n’est donc pas seulement juridique. Elle est politique et sociale. Peut-on moderniser une profession aussi sensible sans un consensus réel ? Le droit de la famille, au Maroc, ne relève jamais d’un simple ajustement technique. Il touche à l’intime, au religieux, au symbolique. L’arrêt temporaire des mariages agit comme un révélateur : celui d’un dialogue institutionnel encore inachevé, voire déséquilibré.
Cette séquence interroge aussi la capacité de l’État à anticiper les effets collatéraux de ses réformes. La modernisation normative est nécessaire, personne ne le conteste. Mais son calendrier, ses modalités et sa pédagogie restent décisifs. En creux, cette grève pose une question simple et inconfortable : à quel moment une réforme bien intentionnée devient-elle socialement disruptive ?