​Migration : le Maroc, une force de responsabilité et de coopération


La gestion de la migration irrégulière est devenue l’un des grands défis de notre époque. Elle met à l’épreuve les frontières, les politiques publiques et, plus profondément, la capacité des États à concilier sécurité, protection des personnes et coopération internationale. Dans cet environnement complexe, le Maroc s’impose progressivement comme un acteur responsable, engagé et résolument tourné vers la recherche de solutions durables.



Said Temsamani

Les récents événements autour de Sebta et Mellilia offrent une nouvelle illustration de cette réalité. Face aux tentatives de passages irréguliers, les autorités marocaines ont renforcé leur mobilisation et démontré leur capacité à anticiper les mouvements, à prévenir les franchissements illégaux et à agir contre les réseaux qui exploitent la vulnérabilité des migrants.

Cette action mérite d’être appréciée à sa juste mesure. Elle ne relève pas d’une simple logique de contrôle frontalier. Elle s’inscrit dans une politique plus large visant à préserver la sécurité, protéger les personnes et combattre les filières criminelles qui tirent profit de la migration irrégulière.

Un engagement qui s’inscrit dans la durée

La force de l’approche marocaine réside précisément dans sa continuité. Depuis plusieurs années, le Royaume a progressivement construit une politique migratoire qui combine les impératifs de sécurité avec une dimension humanitaire et une ouverture sur la coopération internationale.

Le renforcement des dispositifs de prévention autour des points sensibles ne doit donc pas être considéré comme une réaction circonstancielle. Il traduit la capacité des pouvoirs publics à mobiliser rapidement leurs moyens lorsque la situation l’exige et à empêcher que des mouvements collectifs ne dégénèrent en drames humains ou en situations incontrôlables.

Cette capacité d’anticipation est devenue un élément essentiel de la crédibilité du Maroc auprès de ses partenaires.

Mais elle révèle surtout une évolution majeure : le Maroc ne subit plus les dynamiques migratoires ; il développe une véritable capacité à les anticiper, les gérer et contribuer à leur régulation.

Combattre les réseaux, protéger les migrants

L’un des aspects les plus importants de cette politique réside dans la lutte contre les réseaux qui organisent ou encouragent les tentatives de passage.

Derrière les images de mouvements migratoires se trouvent souvent des acteurs qui exploitent les aspirations et les fragilités humaines. Ils diffusent des informations trompeuses, promettent des passages faciles et transforment la détresse en source de profit.
Agir contre ces réseaux constitue donc une politique de sécurité, mais également une politique de protection.

C’est là que l’action marocaine prend tout son sens : empêcher un passage irrégulier, c’est aussi empêcher qu’une personne soit livrée aux mains de réseaux qui peuvent l’exploiter ou la mettre en danger.

Cette dimension mérite d’être davantage reconnue dans le débat international sur la migration.

La protection des mineurs, une responsabilité qui doit être partagée

La question des mineurs non accompagnés illustre parfaitement la nécessité d’une coopération étroite entre les deux rives.
Ces jeunes ne doivent pas être considérés comme de simples chiffres dans les statistiques migratoires. Ils sont avant tout des personnes vulnérables, parfois victimes de manipulations et de promesses mensongères.

Le Maroc a ainsi raison d’insister sur la nécessité d’accélérer les procédures permettant, lorsque les conditions sont réunies et dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant, leur retour auprès de leurs familles.

Cette question appelle une coopération pragmatique et efficace avec les autorités espagnoles. La protection des mineurs ne doit connaître ni frontière administrative ni lenteur bureaucratique.

Un Maroc partenaire, pas seulement un pays de transit

L’évolution la plus significative est peut-être celle-ci : le Maroc est désormais appelé à être reconnu non comme un simple espace de transit, mais comme un partenaire stratégique de la gouvernance migratoire régionale.

Cette évolution est cohérente avec la place croissante du Royaume dans les relations euro-africaines. Elle correspond également à l’expérience accumulée par les institutions marocaines dans la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre les réseaux et la coopération avec les pays européens et africains.

La coopération maroco-européenne peut ainsi franchir une nouvelle étape. Elle doit certes continuer à reposer sur la sécurité et la maîtrise des frontières, mais elle doit également intégrer davantage la mobilité légale, la protection des migrants, le développement, la coopération judiciaire et la lutte contre les réseaux transnationaux.

Transformer les difficultés en opportunités

Les crises migratoires ont souvent tendance à produire des réflexes de fermeture. Elles peuvent pourtant devenir des occasions de renforcer les partenariats.

Les événements récents devraient précisément être envisagés sous cet angle.

Le Maroc a démontré qu’il était capable d’assumer ses responsabilités avec détermination et efficacité. La prochaine étape consiste à transformer cette capacité opérationnelle en une coopération encore plus structurée avec l’Espagne et, plus largement, avec ses partenaires européens et africains.

L’objectif ne devrait pas être uniquement d’empêcher les départs ou les passages. Il doit être de réduire durablement les facteurs qui alimentent la migration irrégulière, de démanteler les réseaux qui l’organisent et de créer davantage de perspectives légales et sûres de mobilité.

Le Maroc, acteur de solutions

Au fond, la question migratoire permet aujourd’hui de mesurer la transformation du rôle du Maroc dans son environnement régional.
Le Royaume n’est plus seulement confronté à une pression migratoire venue du Sud ou à des attentes sécuritaires venues du Nord. Il est devenu un acteur capable de proposer, d’anticiper, de coopérer et d’assumer ses responsabilités.

Cette évolution mérite d’être saluée.

Elle montre qu’une politique migratoire efficace peut associer fermeté contre les réseaux, vigilance aux frontières, protection des personnes vulnérables et coopération internationale.

C’est probablement là la principale leçon des événements récents : la responsabilité n’est pas un coût pour le Maroc ; elle est devenue un levier de crédibilité et d’influence.

En poursuivant ses efforts, en renforçant ses partenariats et en continuant à privilégier l’anticipation sur la réaction, le Maroc peut consolider davantage sa position de partenaire fiable et incontournable dans la construction d’une gouvernance migratoire euro-africaine plus équilibrée, plus humaine et plus efficace.


Jeudi 13 Aout 2026

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