​Travailler à pied : le chiffre du HCP raconte une autre mobilité marocaine


Rédigé par La rédaction le Dimanche 28 Juin 2026



Près de 35,8 % des actifs occupés au Maroc se rendent au travail à pied. Le chiffre, publié par le Haut-Commissariat au Plan à partir du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024, mérite d’être regardé autrement qu’avec un simple étonnement statistique.

La marche domine devant la voiture particulière, utilisée par 14,6 % des actifs, les deux-roues et bicyclettes à 12,3 %, puis les taxis à 10 %. Les transports collectifs structurés restent beaucoup moins présents : 6 % pour le bus, 0,5 % pour le tramway et 0,4 % pour le train. Ces données ne racontent pas seulement des habitudes. Elles révèlent une géographie sociale du travail.

Marcher peut être un choix de proximité, surtout dans les petites villes ou les quartiers où emploi et logement restent proches. Mais ce chiffre peut aussi traduire une contrainte : faible revenu, absence de desserte, temps perdu dans les correspondances, coût du transport devenu difficile à absorber au quotidien. Une mobilité « sobre » n’est pas toujours une mobilité choisie.

Le HCP relève aussi que 6,8 % des actifs n’ont pas besoin de se déplacer pour travailler, notamment en raison d’activités exercées à domicile ou du télétravail. Le Maroc du travail n’est donc plus tout à fait celui des grands flux pendulaires classiques. Reste une question concrète : les politiques urbaines suivent-elles suffisamment vite ces réalités, notamment dans les périphéries où l’on marche moins par plaisir que par absence d’alternative ?




Dimanche 28 Juin 2026
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