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🎵 Le Pacha de la rumba marrakchie


Sous les lanternes rouges, la nuit claque des doigts,
Marrakech se balance et le bitume ondoie,
Le bendir fait la loi, la guitare suit le pas,
Voici venir le pacha… quand il entre, tout bat.



Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun


Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun

Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de Guéliz jusqu’à Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech s’enflamme, c’est son cœur qui nous conduit.

Il marche avec le vent des vieux soirs de Jamaâ,
Un sourire en bandoulière, un soleil dans la voix,
Il connaît les ruelles, les secrets, les regards,
Les tambours de la ville lui répondent le soir.

Sa veste sent le cèdre, la menthe et le safran,
Il parle comme un prince et danse comme un enfant,
Il fait lever les tables et chavirer les reins,
Avec trois notes de cuivre et le désert au loin.

Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de Guéliz jusqu’à Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech s’enflamme, c’est son cœur qui nous conduit.

Dans les cafés qui veillent jusqu’au milieu du matin,
On l’attend comme l’orage qu’on bénit dans les jardins,
Les anciens tapent des mains, les jeunes crient son nom,
Et la nuit prend des couleurs qu’on ne voit qu’ici, au fond.

Il a le pas tranquille des hommes qu’on respecte,
Le rire des amoureux, la chaleur des dialectes,
Quand il lance un “yallah”, tout le quartier s’éveille,
Même les murs ocres dansent sous les lunes vermeilles.

Il chante la kasbah, les fiacres et les roses,
Les blessures qu’on oublie, les destins qu’on dépose,
Chaque phrase a du sable, du miel et de l’ardeur,
On dirait qu’il recolle la ville avec le cœur.

Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de Guéliz jusqu’à Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech s’enflamme, c’est son cœur qui nous conduit.

Il a croisé cent nuits dans les palaces brûlants,
Mais préfère les terrasses où l’on rêve en parlant,
Là où la ville se donne sans costume et sans fard,
Avec ses mains de lumière et ses chansons de hasard.

Les femmes font claquer leurs bracelets comme des pluies,
Les hommes lèvent les épaules au tempo de la vie,
Et les enfants du quartier reprennent son refrain,
Comme si la fête entière tenait au creux de ses mains.

Il ne promet pas l’or ni les royaumes lointains,
Seulement un peu d’oubli pour les peines du matin,
Une rumba pour tenir, une rumba pour aimer,
Une rumba pour la ville qui refuse de plier.

Quand la basse roule bas comme un secret de famille,
Les cœurs se déverrouillent, les tristesses vacillent,
Marrakech n’est plus décor, elle devient une peau,
Un battement gigantesque, un brasier, un écho.

Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de Guéliz jusqu’à Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech s’enflamme, c’est son cœur qui nous conduit.

Il connaît les départs, les retours, les silences,
Les promesses qu’on enterre au milieu des vacances,
Mais il joue plus fort encore quand la vie se cabre,
Comme un homme qui transforme les blessures en palabres.

Ses musiciens sont des frères de cadence et de nuit,
Leurs accords font voyager même ceux qui fuient l’ennui,
Et le oud vient embrasser la guitare un instant,
Comme si l’Andalousie revenait par le vent.

À l’aube, quand tout retombe sur les pavés fatigués,
Il laisse dans l’air un feu qu’on ne peut pas éteindre,
Le pacha s’éloigne un peu, mais la ville le sait bien :
Tant qu’il restera la rumba, Marrakech tiendra debout demain.

Eh ya ya, fais tourner la médina,
Le pacha de la rumba met le feu sous nos pas,
Eh ya ya, de Guéliz jusqu’à Sidi Youssef Ben Ali,
Quand Marrakech s’enflamme, c’est son cœur qui nous conduit.


Découvrir la playlist musicale 2025-26 du poète et auteur



Vendredi 20 Mars 2026

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