Poème, version mise en musique, à écouter de Adnane Benchakroun
Pour ceux qui aiment encore lire : Poème de Adnane Benchakroun
Depuis deux mille vingt, les horloges se sont déréglées,
les matins ont perdu leur innocence,
on croyait vivre une parenthèse,
c’était le début d’une longue absence.
Les villes ont fermé leurs fenêtres,
les avions sont restés au sol,
et dans les yeux de la planète,
la peur a pris la parole.
On a compté les jours, les cas, les absents,
les mains qu’on ne pouvait plus serrer,
on a caché nos sourires derrière le blanc,
en apprenant à se méfier.
Le monde entier parlait de distance,
de gestes barrières et d’isolement,
mais derrière les murs du silence,
c’est l’âme qui tremblait doucement.
Puis la guerre est revenue frapper l’Europe,
avec ses chars, ses nuits, ses frontières,
elle a réveillé de vieux fantômes,
qu’on croyait enterrés sous la pierre.
Des familles ont fui sous les sirènes,
des villes ont perdu leur nom,
et chaque image sur nos antennes
a creusé le même frisson.
Puis les prix sont montés sans bruit,
dans les paniers, les pleins, les loyers,
le pain semblait peser plus lourd,
même quand il restait le même objet.
Le salaire courait derrière le mois,
la vie devenait calcul mental,
et dans chaque ticket de caisse froid,
on lisait une fatigue sociale.
Loin des maisons, les puissants se défient,
les mots deviennent missiles parfois,
entre Washington, Téhéran, la nuit,
le monde retient encore sa voix.
On parle de frappes, de ripostes,
de lignes rouges et de raisons d’État,
mais ce sont toujours les peuples qui portent
le poids des décisions d’en haut.
Au détroit d’Ormuz, la mer se crispe,
le pétrole devient peur liquide,
un navire passe, le monde s’inquiète,
et les marchés changent de visage.
Une route étroite tient nos hivers,
nos moteurs, nos usines, nos prix,
quelques vagues dans cette lumière
et tout vacille jusqu’ici.
La terre se fend sous nos pas,
les champs regardent le ciel sans réponse,
les puits parlent plus bas qu’autrefois,
et l’eau devient une annonce.
Les saisons ne tiennent plus parole,
l’été avance sans demander pardon,
et dans les campagnes qu’on désole,
le futur prend un goût de charbon.
Le climat n’est plus une théorie,
c’est la chaleur sur les visages,
les incendies dans les nuits,
les tempêtes dans les paysages.
On a trop longtemps négocié
avec la fumée, le vent, la mer,
maintenant la planète vient frapper
à la porte de nos prières.
Les enfants grandissent dans l’écran,
sous les jugements et les lumières,
ils apprennent à sourire souvent
avant même de savoir se taire.
On leur vend des vies idéales,
des corps parfaits, des rêves en boucle,
et leur enfance devient fragile
dans le miroir froid d’une foule.
Puis les machines ont appris nos mots,
nos images, nos voix, nos gestes,
elles écrivent plus vite que nos cerveaux,
et nos certitudes nous détestent.
L’avenir frappe à nos métiers,
sans frapper toujours à la porte,
alors chacun se met à douter
de ce que sa valeur transporte.
Le travail n’est plus seulement travail,
c’est une course contre l’instant,
un CV qui tremble, une bataille,
un métier qui change en avançant.
On parle d’agilité, de transition,
de compétences à réinventer,
mais derrière les belles expressions,
il y a des vies à rassurer.
Et quand revient un nom de virus,
même lointain, même contenu,
nos mémoires se couvrent de blessures,
comme si le passé revenait nu.
Cas, isolement, transmission,
ces mots suffisent à réveiller
la grande fatigue des nations
qui n’ont jamais vraiment respiré.
les matins ont perdu leur innocence,
on croyait vivre une parenthèse,
c’était le début d’une longue absence.
Les villes ont fermé leurs fenêtres,
les avions sont restés au sol,
et dans les yeux de la planète,
la peur a pris la parole.
On a compté les jours, les cas, les absents,
les mains qu’on ne pouvait plus serrer,
on a caché nos sourires derrière le blanc,
en apprenant à se méfier.
Le monde entier parlait de distance,
de gestes barrières et d’isolement,
mais derrière les murs du silence,
c’est l’âme qui tremblait doucement.
Puis la guerre est revenue frapper l’Europe,
avec ses chars, ses nuits, ses frontières,
elle a réveillé de vieux fantômes,
qu’on croyait enterrés sous la pierre.
Des familles ont fui sous les sirènes,
des villes ont perdu leur nom,
et chaque image sur nos antennes
a creusé le même frisson.
Puis les prix sont montés sans bruit,
dans les paniers, les pleins, les loyers,
le pain semblait peser plus lourd,
même quand il restait le même objet.
Le salaire courait derrière le mois,
la vie devenait calcul mental,
et dans chaque ticket de caisse froid,
on lisait une fatigue sociale.
Loin des maisons, les puissants se défient,
les mots deviennent missiles parfois,
entre Washington, Téhéran, la nuit,
le monde retient encore sa voix.
On parle de frappes, de ripostes,
de lignes rouges et de raisons d’État,
mais ce sont toujours les peuples qui portent
le poids des décisions d’en haut.
Au détroit d’Ormuz, la mer se crispe,
le pétrole devient peur liquide,
un navire passe, le monde s’inquiète,
et les marchés changent de visage.
Une route étroite tient nos hivers,
nos moteurs, nos usines, nos prix,
quelques vagues dans cette lumière
et tout vacille jusqu’ici.
La terre se fend sous nos pas,
les champs regardent le ciel sans réponse,
les puits parlent plus bas qu’autrefois,
et l’eau devient une annonce.
Les saisons ne tiennent plus parole,
l’été avance sans demander pardon,
et dans les campagnes qu’on désole,
le futur prend un goût de charbon.
Le climat n’est plus une théorie,
c’est la chaleur sur les visages,
les incendies dans les nuits,
les tempêtes dans les paysages.
On a trop longtemps négocié
avec la fumée, le vent, la mer,
maintenant la planète vient frapper
à la porte de nos prières.
Les enfants grandissent dans l’écran,
sous les jugements et les lumières,
ils apprennent à sourire souvent
avant même de savoir se taire.
On leur vend des vies idéales,
des corps parfaits, des rêves en boucle,
et leur enfance devient fragile
dans le miroir froid d’une foule.
Puis les machines ont appris nos mots,
nos images, nos voix, nos gestes,
elles écrivent plus vite que nos cerveaux,
et nos certitudes nous détestent.
L’avenir frappe à nos métiers,
sans frapper toujours à la porte,
alors chacun se met à douter
de ce que sa valeur transporte.
Le travail n’est plus seulement travail,
c’est une course contre l’instant,
un CV qui tremble, une bataille,
un métier qui change en avançant.
On parle d’agilité, de transition,
de compétences à réinventer,
mais derrière les belles expressions,
il y a des vies à rassurer.
Et quand revient un nom de virus,
même lointain, même contenu,
nos mémoires se couvrent de blessures,
comme si le passé revenait nu.
Cas, isolement, transmission,
ces mots suffisent à réveiller
la grande fatigue des nations
qui n’ont jamais vraiment respiré.
Le poème raconte cette fatigue collective, intime et mondiale, visible dans les corps, les familles, les enfants, les travailleurs et les nations.
Depuis 2020, l’humanité traverse une succession de crises qui l’épuisent : pandémie, guerres, inflation, tensions géopolitiques, sécheresse, changement climatique, réseaux sociaux, intelligence artificielle, stress sur l’emploi et nouvelles peurs sanitaires. Le poème raconte cette fatigue collective, intime et mondiale, visible dans les corps, les familles, les enfants, les travailleurs et les nations. Mais il ne cède pas au désespoir. Il affirme qu’une pause est nécessaire, non pour fuir le monde, mais pour reprendre souffle, réparer ce qui peut l’être, retrouver du sens, protéger l’humain et imaginer un avenir moins brutal.