Le mini-site distingue les constats statistiques du HCP des mises en perspective de L’ODJ
En faisant défiler la publication, le lecteur découvre six chiffres repères, puis une analyse du recul trimestriel de l’emploi contre revenu. Les différences entre milieux urbain et rural sont expliquées, ainsi que les mouvements contrastés de l’industrie, de l’agriculture, des services et de la construction. Une réserve accompagne ces résultats : une variation nette entre deux trimestres ne suffit pas à établir une destruction structurelle d’emplois.
La lecture se poursuit avec les écarts entre jeunes, femmes et hommes. Les tableaux précisent les populations concernées et évitent une confusion fréquente entre la proportion de chômeurs parmi les actifs et leur proportion dans l’ensemble d’une génération. Une sélection de résultats régionaux montre ensuite ce que la moyenne nationale peut masquer.
Le mini-site explique les concepts difficiles, expose les limites documentaires et répond aux principales questions de lecture. Les sources sont référencées par section et tableau, tandis que le document fourni reste accessible au téléchargement.
Emploi au Maroc : ce que révèle la nouvelle mesure du HCP
Pourquoi le chômage strict ne suffit-il pas à décrire les besoins de travail ?
Au troisième trimestre 2026, le HCP mesure un chômage strict de 10,5 % et une sous-utilisation de la main-d’œuvre de 19,6 %. La nouvelle enquête EMO révèle des difficultés particulièrement fortes chez les jeunes et les femmes. La baisse trimestrielle de l’emploi contre revenu appelle une lecture attentive des secteurs, des territoires et des changements de méthode.
L’essentiel en une minute
- Le chômage strict ne couvre qu’une partie des besoins de travail non satisfaits. Le taux composite inclut aussi la main-d’œuvre potentielle et le sous-emploi lié au temps de travail.
- L’emploi contre revenu recule entre deux trimestres, principalement dans le rural. Cette variation nette ne prouve pas, à elle seule, une destruction structurelle d’emplois.
- Les difficultés d’insertion et la faible participation des femmes exigent une lecture au-delà du seul taux national.
- L’EMO remplace l’ENE : une comparaison avec les anciennes séries exige un travail de raccordement méthodologique.
Six chiffres, six périmètres
Chômage strict
Part de la main-d’œuvre au chômage strict.
T3 2026 · HCP, III / tableau 1Sous-utilisation composite
Part de la main-d’œuvre élargie aux besoins de travail non satisfaits.
T3 2026 · HCP, III / tableau 1Emploi contre revenu
Personnes de 15 ans et plus au Maroc.
T3 2026 · HCP, II / tableau 1Variation nette de l’emploi
Entre T2 et T3 2026, au Maroc.
T3 2026 · HCP, IIChômage strict des jeunes
Parmi la main-d’œuvre de 15–24 ans.
T3 2026 · HCP, III / tableau 1Participation des femmes
Parmi les femmes de 15 ans et plus.
T3 2026 · HCP, I / tableau 1Une nouvelle enquête change la lecture
Le document fourni est une note d’information attribuée au Haut-Commissariat au Plan, consacrée au troisième trimestre 2026. La page officielle du HCP a été retrouvée le 3 novembre 2026. Le fichier Word ne précise pas sa date de publication ni son statut de version. Il décrit une Enquête sur la Main-d’œuvre qui se substitue à l’Enquête Nationale sur l’Emploi. Les concepts changent, tout comme le dispositif de collecte. [1]
L’emploi contre revenu comprend un travail rémunéré ou exercé en vue d’un profit individuel ou familial. Le chômage strict suppose simultanément l’absence d’un tel emploi, une recherche active et la disponibilité. Une personne sans travail qui n’effectue pas de recherche active peut donc être hors de cette catégorie, tout en restant proche du marché du travail.
Le taux composite élargit l’observation aux personnes relevant de la main-d’œuvre potentielle et à celles qui souhaitent travailler davantage et remplissent les critères du sous-emploi lié à la durée de travail. Ses composantes ne constituent pas trois taux à additionner : les dénominateurs des indicateurs diffèrent.
Le recul trimestriel se concentre dans le rural
L’emploi contre revenu passe de 10 643 000 personnes au deuxième trimestre à 10 470 000 au troisième. La baisse nette de 173 000 personnes se répartit entre 148 000 dans le rural et 25 000 dans l’urbain. La note indique un recul national de 1,6 %. Ces résultats mesurent une différence de stocks, et non le nombre total de licenciements ou de contrats interrompus. [2]
L’industrie présente un mouvement opposé à celui des autres grands secteurs. Le document lui attribue une hausse nette de 69 000 postes. L’agriculture, la sylviculture et la pêche reculent de 145 000 ; les services de 96 000 ; la construction de 3 000. Ces variations ne démontrent pas que les personnes sorties d’un secteur ont été recrutées dans un autre.
| Secteur | Variation nette T2 → T3 2026 |
|---|---|
| Industrie | +69 000 |
| Agriculture, sylviculture et pêche | −145 000 |
| Services | −96 000 |
| Construction | −3 000 |
Contrôle L’ODJ : les quatre variations publiées totalisent −175 000, contre −173 000 au total national, soit un écart de 2 000. Le tableau mentionne aussi des activités non déterminées, mais le document ne fournit pas leur variation en effectifs : cet écart ne leur est donc pas attribué. Les valeurs sont conservées sans correction silencieuse.
La note ne précise pas que ces séries seraient corrigées des variations saisonnières. Le passage d’un trimestre à l’autre ne suffit donc ni à isoler une tendance durable, ni à établir une cause climatique, économique ou politique. Il décrit d’abord un mouvement à confirmer dans la durée.
Deux mesures complémentaires, pas deux diagnostics contradictoires
| Indicateur national (%) | T1 2026 | T2 2026 | T3 2026 |
|---|---|---|---|
| Chômage strict | 10,8 | 9,5 | 10,5 |
| Sous-utilisation composite | 22,5 | 18,9 | 19,6 |
| Chômage strict + main-d’œuvre potentielle | 17,1 | 14,7 | 15,7 |
| Chômage strict + sous-emploi de durée | 16,6 | 14,0 | 14,6 |
Source : HCP, tableau 1, ensemble national. Le taux de chômage strict utilise la main-d’œuvre comme dénominateur ; le composite et l’indicateur incluant la main-d’œuvre potentielle utilisent la main-d’œuvre élargie. [3]
Le nombre de personnes au chômage strict atteint 1 224 000, en hausse de 103 000 sur le trimestre. La main-d’œuvre s’établit à 11 694 000 personnes. En parallèle, la note estime à environ 2,4 millions le nombre de personnes concernées par l’une des formes de sous-utilisation.
Le HCP annonce une hausse de 0,9 point du chômage strict, calculée sur données non arrondies, alors que les taux affichés passent de 9,5 % à 10,5 %. Nous conservons cette précision : soustraire deux taux déjà arrondis ne reconstitue pas nécessairement l’écart calculé sur les données originales.
Jeunes et femmes : des difficultés qui ne se résument pas au chômage
| Population · T3 2026 | Chômage strict (%) | Sous-utilisation composite (%) |
|---|---|---|
| Ensemble | 10,5 | 19,6 |
| 15–24 ans | 30,5 | 44,5 |
| Femmes | 16,7 | 28,5 |
| Hommes | 8,7 | 17,0 |
Source : HCP, section III et tableau 1. Chaque taux est rapporté à la population active ou active élargie de son groupe, selon l’indicateur. [3]
Dire que 30,5 % des jeunes sont au chômage serait imprécis : ce taux concerne les jeunes appartenant à la main-d’œuvre. Il ne porte pas sur l’ensemble des 15–24 ans. Étudiants et autres personnes hors de la main-d’œuvre ne sont pas automatiquement comptés comme chômeurs stricts.
Chez les femmes, le taux de participation atteint 18,1 %, contre 65,6 % chez les hommes. Le taux d’emploi contre revenu s’établit à 15,0 % chez les femmes et à 59,9 % chez les hommes. Ces deux indicateurs rapportent les effectifs à la population en âge de travailler de chaque sexe. La faible participation signifie qu’un examen limité aux personnes déjà actives laisserait de côté une partie essentielle de la situation. [2]
Les titulaires de diplômes intermédiaires et avancés présentent chacun un chômage strict de 18,1 %. Ce constat documente une difficulté d’accès à l’emploi parmi ces actifs ; il ne démontre pas que les études causent le chômage ni qu’elles seraient inutiles. Une analyse causale nécessiterait d’autres informations sur les parcours, les spécialités et les offres disponibles.
Les moyennes nationales masquent des écarts territoriaux
Le périmètre de la note est marocain : ses tableaux couvrent les régions et les milieux urbain et rural. La participation et la sous-utilisation répondent à des questions distinctes. Un territoire peut avoir une participation élevée et un chômage relativement faible sans que l’on puisse en déduire le niveau des salaires ou la qualité de tous ses emplois. [4]
| Région · T3 2026 | Participation (%) | Composite (%) |
|---|---|---|
| Casablanca-Settat | 47,0 | 20,1 |
| Tanger-Tétouan-Al Hoceima | 45,5 | 17,4 |
| Rabat-Salé-Kénitra | 40,9 | 15,5 |
| Fès-Meknès | 39,3 | 25,9 |
| Drâa-Tafilalet | 30,2 | 23,6 |
| Guelmim-Oued Noun | 38,6 | 38,7 |
Source : HCP, tableau 2, ensemble régional. Sélection illustrative de régions, sans classement exhaustif. La participation porte sur la population de 15 ans et plus ; le composite sur la main-d’œuvre élargie.
Certaines autres cellules régionales du document portent les symboles « ms », « ps » ou un point. Leur signification n’a pas été identifiée dans le texte exploitable du fichier fourni. Elles ne sont ni converties en zéro ni utilisées pour établir des extrêmes ou un classement. La version de diffusion et ses notes doivent être consultées pour lever cette limite.
Ce que ces résultats changent pour la lecture de l’emploi
Mise en perspective L’ODJ. Pour les décideurs, un suivi du seul chômage strict laisserait de côté une partie de la demande de travail. Une politique d’insertion peut être examinée à travers plusieurs résultats : entrée dans un emploi rémunéré, accès à davantage d’heures et rapprochement du marché du travail. La note ne mesure toutefois pas ici l’efficacité d’un programme précis.
Pour les entreprises et les acteurs de la formation, les écarts selon l’âge et le diplôme invitent à étudier les modalités de recrutement et les compétences recherchées. Ils ne fournissent pas, à eux seuls, une mesure des pénuries de compétences. Pour les ménages, un emploi contre revenu ne garantit pas un revenu suffisant : la définition statistique ne remplace pas une analyse du salaire, de la stabilité ou de la protection sociale.
La comparaison des territoires invite à adapter le diagnostic local. Les données régionales ne permettent cependant pas d’attribuer les différences à une seule politique publique. Structure démographique, participation, spécialisation productive et mobilité pourraient intervenir ; cette note ne permet pas d’en mesurer les contributions respectives.
La note décrit une situation ; elle ne prescrit pas un programme
Le document analysé ne formule pas de recommandations opérationnelles assorties d’un budget, d’un calendrier ou de responsables de mise en œuvre. Il présente des résultats statistiques et un cadre méthodologique. Les pistes de lecture proposées par L’ODJ relèvent de l’analyse éditoriale et ne doivent pas être présentées comme des préconisations du HCP.
Les réserves qui changent l’interprétation
Le dispositif annoncé couvre 135 000 ménages par an, sur une base de sondage actualisée à partir du recensement de 2024. La rotation prévoit un chevauchement de 50 % entre deux trimestres consécutifs et de 50 % entre le même trimestre de deux années successives. Ces caractéristiques décrivent le plan d’enquête ; elles ne fournissent pas une marge d’erreur pour chaque résultat régional. [1]
Le fichier ne donne pas d’intervalles de confiance pour les taux retenus. Les écarts faibles ne sont donc pas qualifiés ici de statistiquement significatifs. La référence est le trimestre étudié ; les dates exactes de terrain ne sont pas indiquées dans les passages examinés.
D’autres différences entre valeurs arrondies et variations annoncées apparaissent dans le corps du texte. Elles ne sont pas recalculées comme s’il s’agissait de données brutes. La divergence sectorielle est signalée plus haut ; les marques statistiques inexpliquées sont conservées dans l’annexe documentaire.
Les réponses aux questions utiles
Pourquoi 10,5 % et 19,6 % ne se contredisent-ils pas ?
Le premier taux mesure le chômage strict ; le second couvre aussi la main-d’œuvre potentielle et le sous-emploi de durée, avec un dénominateur élargi.
Un emploi contre revenu est-il forcément stable ?
Non. La catégorie inclut notamment une activité rémunérée d’au moins une heure durant la semaine de référence, ainsi que certaines absences temporaires. Elle ne garantit ni stabilité ni niveau de revenu.
Les personnes découragées sont-elles toutes chômeuses ?
Non. Sans recherche active, une personne ne remplit pas tous les critères du chômage strict. Selon sa disponibilité, elle peut relever de la main-d’œuvre potentielle.
Peut-on comparer directement avec l’ancienne enquête ?
Pas sans vérifier la compatibilité des définitions et disposer d’une série raccordée. Le changement d’enquête impose une réserve de comparaison.
La baisse trimestrielle prouve-t-elle une crise structurelle ?
Non. La note précise elle-même que la variation nette entre deux trimestres ne suffit pas à conclure à une destruction structurelle d’emplois.
À suivre : l’emploi, la participation et les besoins non satisfaits
Le principal enseignement est une lecture élargie du marché du travail : compter les chômeurs stricts reste nécessaire, mais ne suffit pas à apprécier les besoins non satisfaits. Le suivi des prochains trimestres devra associer emploi contre revenu, participation et sous-utilisation, avec des comparaisons méthodologiquement cohérentes. La ventilation par sexe, âge et territoire permettra d’apprécier si les écarts se réduisent, sans transformer un mouvement trimestriel en verdict définitif.
Sources et méthode
- HCP, Note d’information sur la situation du marché du travail au Maroc au troisième trimestre 2026 selon l’Enquête sur la Main-d’œuvre. Introduction et principaux résultats.
- Même document, sections I et II ; tableau 1, ensemble, urbain et rural.
- Même document, section III ; tableau 1, ensemble national et ventilations par sexe, âge, diplôme.
- Même document, section IV ; tableau 2, ensemble régional.
Consulter la publication officielle du HCP · page retrouvée le 3 novembre 2026. Le contenu statistique de cette lecture provient du fichier Word fourni ; le site officiel sert à contrôler sa provenance. Aucun remplacement par une autre série n’a été effectué.
Le texte courant, les deux tableaux et les définitions du Word ont été examinés. Références par section et tableau, la pagination Word pouvant varier. Le contrôle des principaux indicateurs a confronté texte et cellules. Les figures intégrées ne sont pas utilisées pour reconstituer des valeurs à l’œil. Calcul rédactionnel explicite : somme des quatre variations sectorielles et écart au total national.
Télécharger le document fourni
Une lecture journalistique de L’ODJ à partir du rapport cité. Mise en forme avec assistance de l’IA ; les analyses éditoriales restent distinctes des constats de la source.


