Neuf suspects dans les mains de la justice
C’est une avancée majeure dans un dossier qui secoue l’opinion publique.
Selon les informations issues de la presse nationale, neuf personnes sont désormais poursuivies dans l’affaire du meurtre du chauffeur InDrive Yassine, âgé de 22 ans.
Parmi elles, six ont été placées en détention provisoire à la prison d’Oukacha par décision du juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca.
Les trois autres sont poursuivies en liberté provisoire, dans l’attente de la poursuite des investigations.
Les charges retenues sont particulièrement lourdes : constitution d’une bande criminelle, enlèvement, meurtre avec préméditation, vol qualifié, complicité, non-assistance à personne en danger, dissimulation de preuves et recel.
Un dossier qui dévoile une organisation à plusieurs niveaux
L’enquête, menée sous la supervision du parquet et de la Gendarmerie royale, révèle un schéma criminel complexe.
Le principal suspect serait un militaire de profession. Il est accusé d’avoir orchestré l’agression avec la complicité de sa maîtresse, une infirmière travaillant dans une clinique privée.
Cette dernière aurait joué un rôle clé en servant d’appât pour attirer la victime via une course commandée sur l’application InDrive.
Selon les premiers éléments, le piège aurait été simple mais redoutablement efficace : la jeune femme monte à bord du véhicule, suivie du militaire qui s’installe à l’arrière sous prétexte d’une blessure à la jambe. Une fois le trajet engagé, la situation dégénère.
Des faits d’une extrême violence
L’affaire prend ensuite une tournure particulièrement choquante. Le chauffeur aurait été agressé, son véhicule et ses effets personnels volés, avant que le crime ne bascule dans une violence extrême.
Le corps de la victime, Yassine, aurait été déplacé puis incendié dans une zone isolée près d’Ouled Azzouz, à proximité de Casablanca. Une tentative présumée de destruction des preuves pour brouiller les pistes des enquêteurs.
La voiture du jeune chauffeur a, elle, été retrouvée à Mohammedia, un élément qui a élargi le périmètre de l’enquête et accéléré les recoupements entre plusieurs villes.
Une chaîne de complices présumés
Au-delà des deux principaux suspects, d’autres individus sont également cités dans le dossier. Un ami du militaire, déjà connu des services de police, est accusé d’avoir participé à l’agression.
Un ancien militaire reconverti dans le commerce aurait, lui, acheté des objets appartenant à la victime.
Plus surprenant encore, un membre de la famille du défunt, appartenant aux forces auxiliaires, est poursuivi pour non-dénonciation du crime après avoir été informé des faits.
D’autres complices présumés, dont un propriétaire de station de lavage et plusieurs intermédiaires, figurent également dans le dossier.
Une enquête encore loin d’être terminée
Si ces arrestations marquent un tournant décisif, l’affaire est loin d’être bouclée. Les interrogatoires en cours devront déterminer avec précision le rôle de chaque mis en cause et la chronologie exacte des faits.
Pour la famille de Yassine, originaire de Sidi Taïbi, l’attente se poursuit dans un mélange de douleur et d’espoir de vérité judiciaire. À Casablanca, ce dossier continue de faire réagir par sa violence, son organisation présumée et la diversité des profils impliqués.
L’enquête, elle, se poursuit, et chaque nouvelle audition pourrait encore rebattre les cartes d’un dossier déjà explosif.