Quand l’algorithme commence à habiller tout le monde de la même façon
Une tendance peut aujourd’hui naître en quelques heures. Une silhouette repérée sur TikTok devient virale, un accessoire disparaît des boutiques en quelques semaines et un nouveau « must-have » remplace rapidement le précédent.
Les plateformes ont profondément changé la manière dont nous découvrons les vêtements. TikTok revendique aujourd’hui 1,2 milliard d’utilisateurs, et ses contenus participent directement à la naissance de micro-tendances et de mouvements culturels.
Le problème n’est pas nécessairement l’existence de ces tendances. C’est leur vitesse et leur capacité à produire une impression de déjà-vu.
À force de voir les mêmes silhouettes, les mêmes maquillages et les mêmes associations revenir dans les fils d’actualité, la recherche du style personnel peut paradoxalement conduire à une certaine uniformité.
Les plateformes ont profondément changé la manière dont nous découvrons les vêtements. TikTok revendique aujourd’hui 1,2 milliard d’utilisateurs, et ses contenus participent directement à la naissance de micro-tendances et de mouvements culturels.
Le problème n’est pas nécessairement l’existence de ces tendances. C’est leur vitesse et leur capacité à produire une impression de déjà-vu.
À force de voir les mêmes silhouettes, les mêmes maquillages et les mêmes associations revenir dans les fils d’actualité, la recherche du style personnel peut paradoxalement conduire à une certaine uniformité.
Et si le vêtement imparfait redevenait désirable ?
C’est dans ce contexte qu’une nouvelle fascination pour le fait-main et l’imperfection commence à se faire sentir.
À Milan, où la Fashion Week vient de débuter, cette question est particulièrement visible. Vogue World, organisé le 22 septembre, a placé l’artisanat italien et le travail manuel au cœur de son spectacle, avant même de consacrer ses dernières séquences aux technologies et à l’avenir de la mode.
Les défilés mettent également davantage en avant des détails qui donnent au vêtement une personnalité : superpositions, asymétries, textures, plis ou associations inattendues.
Lors d'une précédente édition milanaise, Vogue avait ainsi relevé chez Simone Bellotti une esthétique fondée précisément sur une forme d’imperfection soigneusement travaillée, avec des ourlets asymétriques et des cols volontairement mal ajustés.
L’imperfection n’est donc pas forcément synonyme de négligence. Elle peut devenir une manière de montrer qu’un vêtement a été pensé, manipulé et porté par des humains.
À Milan, où la Fashion Week vient de débuter, cette question est particulièrement visible. Vogue World, organisé le 22 septembre, a placé l’artisanat italien et le travail manuel au cœur de son spectacle, avant même de consacrer ses dernières séquences aux technologies et à l’avenir de la mode.
Les défilés mettent également davantage en avant des détails qui donnent au vêtement une personnalité : superpositions, asymétries, textures, plis ou associations inattendues.
Lors d'une précédente édition milanaise, Vogue avait ainsi relevé chez Simone Bellotti une esthétique fondée précisément sur une forme d’imperfection soigneusement travaillée, avec des ourlets asymétriques et des cols volontairement mal ajustés.
L’imperfection n’est donc pas forcément synonyme de négligence. Elle peut devenir une manière de montrer qu’un vêtement a été pensé, manipulé et porté par des humains.
Le retour du geste humain face à l’intelligence artificielle
Cette évolution intervient aussi à un moment particulier : l’intelligence artificielle transforme progressivement les industries créatives.
La question du savoir-faire prend ainsi une nouvelle dimension. Un vêtement fabriqué ou fini à la main possède des irrégularités que la production standardisée cherche généralement à éliminer. Certaines marques utilisent d’ailleurs désormais le terme « handmade » pour se différencier d’un marché toujours plus industrialisé et technologique, même si cette appellation peut parfois être trompeuse.
C’est précisément ce paradoxe qui intéresse la mode actuelle : plus la technologie devient capable de produire du parfaitement lisse, plus le détail humain peut devenir précieux.
Porter quelque chose que l’algorithme n’a pas choisi :
Cette recherche de singularité apparaît également dans les discours des marques.
Une campagne récente de Desigual, intitulée Born to Disobey, revendique par exemple une esthétique tournée vers la personnalité, l’imprévisible et le libre arbitre, en réaction au pouvoir croissant des algorithmes sur nos goûts et nos comportements de consommation.
L’idée n’est pas de rejeter TikTok, Instagram ou l’intelligence artificielle. Après tout, ces outils sont désormais profondément intégrés à la manière dont la mode circule.
Il s’agit plutôt de retrouver une marge de liberté : porter une pièce parce qu’elle nous plaît, mélanger des styles qui ne sont pas censés fonctionner ensemble ou conserver un vêtement qui n’est plus officiellement « tendance ».
La question du savoir-faire prend ainsi une nouvelle dimension. Un vêtement fabriqué ou fini à la main possède des irrégularités que la production standardisée cherche généralement à éliminer. Certaines marques utilisent d’ailleurs désormais le terme « handmade » pour se différencier d’un marché toujours plus industrialisé et technologique, même si cette appellation peut parfois être trompeuse.
C’est précisément ce paradoxe qui intéresse la mode actuelle : plus la technologie devient capable de produire du parfaitement lisse, plus le détail humain peut devenir précieux.
Porter quelque chose que l’algorithme n’a pas choisi :
Cette recherche de singularité apparaît également dans les discours des marques.
Une campagne récente de Desigual, intitulée Born to Disobey, revendique par exemple une esthétique tournée vers la personnalité, l’imprévisible et le libre arbitre, en réaction au pouvoir croissant des algorithmes sur nos goûts et nos comportements de consommation.
L’idée n’est pas de rejeter TikTok, Instagram ou l’intelligence artificielle. Après tout, ces outils sont désormais profondément intégrés à la manière dont la mode circule.
Il s’agit plutôt de retrouver une marge de liberté : porter une pièce parce qu’elle nous plaît, mélanger des styles qui ne sont pas censés fonctionner ensemble ou conserver un vêtement qui n’est plus officiellement « tendance ».
La mode ne veut peut-être pas revenir en arrière
Ce mouvement ne signifie pas que les consommateurs vont soudainement abandonner les réseaux sociaux ou que les créateurs vont tourner le dos à la technologie.
Au contraire, la mode continue de l’utiliser massivement. Mais elle semble aussi chercher un équilibre entre innovation et identité.
À Milan, Vogue World a précisément construit son récit autour de cette tension : célébrer les savoir-faire anciens tout en imaginant la mode à l’ère de l’intelligence artificielle.
Après avoir passé des années à chercher le look parfait, la tendance parfaite et la photo parfaite, la prochaine étape pourrait donc être beaucoup plus simple : accepter qu’un vêtement puisse avoir une irrégularité, qu’un style puisse être difficile à classer et qu’une tenue n’ait pas besoin de plaire à l’algorithme pour avoir du sens.
Parce qu’au fond, ce qui rend une tenue vraiment personnelle est peut-être précisément ce que l’algorithme ne peut pas prévoir.
Au contraire, la mode continue de l’utiliser massivement. Mais elle semble aussi chercher un équilibre entre innovation et identité.
À Milan, Vogue World a précisément construit son récit autour de cette tension : célébrer les savoir-faire anciens tout en imaginant la mode à l’ère de l’intelligence artificielle.
Après avoir passé des années à chercher le look parfait, la tendance parfaite et la photo parfaite, la prochaine étape pourrait donc être beaucoup plus simple : accepter qu’un vêtement puisse avoir une irrégularité, qu’un style puisse être difficile à classer et qu’une tenue n’ait pas besoin de plaire à l’algorithme pour avoir du sens.
Parce qu’au fond, ce qui rend une tenue vraiment personnelle est peut-être précisément ce que l’algorithme ne peut pas prévoir.