Casablanca veut transformer ses déchets en énergie verte à Médiouna


Rédigé par le Jeudi 14 Mai 2026

Casablanca veut changer de cap dans la gestion des déchets. Un immense projet prévu à Médiouna ambitionne de transformer les ordures ménagères en énergie électrique et de réduire la pollution liée aux décharges.



Un projet ambitieux

Casablanca prépare un chantier XXL à Médiouna.

La métropole veut désormais transformer une partie de ses déchets ménagers en énergie électrique grâce à un immense pôle d’enfouissement et de valorisation prévu dans la commune d’Al Majatia Oulad Taleb.

Un projet ambitieux qui pourrait changer la manière dont la ville gère ses montagnes d’ordures… et produire de l’électricité au passage.

Un projet géant pour les déchets de Casablanca

Le dossier a été présenté cette semaine devant la commission des services publics de la commune de Casablanca.

Les élus présents ont validé le projet de contrat de gestion déléguée, sauf les représentants du Parti de la Justice et du Développement (PJD), qui ont exprimé leurs réserves.

L’objectif affiché est clair : réduire les déchets enfouis, limiter la pollution et produire de l’énergie renouvelable à partir des ordures ménagères.

Oui, les déchets de Casablanca pourraient bientôt alimenter des foyers en électricité. Plusieurs grandes villes dans le monde utilisent déjà ce système de valorisation énergétique.

Le futur site sera installé dans la province de Médiouna, au niveau du douar Lahfari Merchich, sur une superficie impressionnante de 243 hectares.


Des déchets brûlés pour produire de l’électricité

Le cœur du projet repose sur une unité capable de traiter près de 1,49 million de tonnes de déchets par an. Le principe est simple : les ordures seront brûlées dans des installations spécialisées afin de produire de l’énergie électrique.

Selon les données présentées aux élus, cette unité pourrait générer environ 814 gigawatts-heures par an.

Une capacité énorme qui permettrait à Casablanca de renforcer sa production d’énergie renouvelable tout en réduisant la pression sur les décharges classiques.

La ville vise également un taux de valorisation des déchets de 72 %. En parallèle, le taux d’enfouissement devrait être réduit à seulement 24 % durant la durée du contrat.

Autrement dit, moins de déchets enterrés, plus de déchets transformés. Un changement majeur pour une ville souvent critiquée pour sa gestion des déchets et les odeurs qui entourent certaines décharges.


Un dispositif complet contre la pollution

Le projet ne se limite pas à l’incinération des déchets. Plusieurs infrastructures complémentaires sont prévues afin d’éviter les impacts environnementaux souvent associés aux décharges.

Une station spécialisée sera chargée de traiter le lixiviat, ce liquide polluant issu de la décomposition des déchets. L’objectif est de protéger les nappes phréatiques et limiter les risques de contamination des sols.

Autre élément important : une unité dédiée au biogaz. Ce gaz, produit naturellement par les déchets en décomposition, sera récupéré puis transformé en énergie utile. Une manière de réduire les émissions de méthane, l’un des gaz à effet de serre les plus nocifs.

Et ce n’est pas tout. Le site intégrera également un champ solaire capable de produire près de 50 mégawatts d’électricité grâce à l’énergie solaire. Le projet mélange donc plusieurs sources d’énergie renouvelable dans une logique plus “green”.


Un contrat sur plus de 33 ans

Le contrat de gestion prévu pour ce projet s’étalera sur environ 33 ans et demi. Son coût financier est estimé à près de 150 millions de dirhams.

Ce gigantesque chantier montre surtout une chose : Casablanca cherche à tourner la page des anciennes méthodes de gestion des déchets.

Avec une population toujours plus grande et des tonnes d’ordures produites chaque jour, la ville n’a plus vraiment le choix.





Jeudi 14 Mai 2026
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