Digitalisation et contrôle : le Ministère des Finances modernise le secteur public


Rédigé par le Mardi 10 Février 2026

Le ministère des Finances accélère la transformation digitale des entreprises publiques. Objectif ? 267 établissements sous contrôle et pilotage par la performance, pour un secteur public plus efficace et transparent.



Une révolution numérique dans le secteur public

Le chantier est lancé et il est ambitieux. La Direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP) met le turbo sur la digitalisation du contrôle financier.

Avec un système d’information intégré, l’État veut centraliser toutes les données, suivre la performance et anticiper les risques.

Fini les jongles entre dizaines de plateformes et montagnes de papiers. Tout sera visible et analysable en temps réel.

Depuis quelques années, la DEPP avait déjà posé les bases avec les plateformes MASSAR, dédiée aux données économiques et sociales, et AD@E, orientée sur la régularité des paiements.

Le nouveau projet vient consolider ce socle numérique et transforme le contrôle traditionnel en une gouvernance intelligente, basée sur la donnée et la performance.


Pourquoi la digitalisation change la donne

À fin septembre 2025, le portefeuille public comptait 267 EEP, répartis entre établissements publics et sociétés anonymes à participation directe du Trésor.

La gestion actuelle reste lourde et complexe, avec de multiples acteurs et procédures longues.

La digitalisation vient simplifier ces interactions, rendre les processus plus fluides et permettre un suivi plus précis des performances économiques et financières.

Côté citoyen et contribuable, c’est un signal fort : la transparence et la redevabilité deviennent concrètes et mesurables.

Les risques sont détectés plus tôt, les décisions sont éclairées et le pilotage des ressources publiques gagne en efficacité. Le Maroc franchit un pas décisif vers un secteur public plus moderne et fiable.


Les chantiers stratégiques qui accompagnent la réforme

Le ministère ne s’arrête pas à la digitalisation. L’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État prépare plusieurs opérations majeures pour moderniser le portefeuille public.

Les EEP marchands comme l’ONHYM vont évoluer vers des sociétés anonymes et des solutions de financement innovantes sont prévues pour ADM, l’ONDA ou l’ONCF.

En parallèle, la question des EEP en liquidation, souvent un casse-tête, sera traitée plus efficacement grâce à la création d’une instance centrale de liquidation.

L’objectif est clair : accélérer et professionnaliser le traitement des établissements en difficulté tout en garantissant la transparence du processus.


Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois

Le vrai test reste la mise en œuvre. La réussite dépendra de l’adoption des outils par les équipes et de la capacité des EEP à suivre le rythme du changement.

Si tout se passe bien, le Maroc pourrait devenir un modèle régional de pilotage numérique des entreprises publiques.

La digitalisation n’est pas seulement un outil, elle redessine le modèle de gestion et transforme le contrôle administratif en gouvernance moderne et performante.




Mardi 10 Février 2026
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