Enseignement au Maroc : 25% des enseignants prêts à quitter la profession


Rédigé par le Vendredi 27 Mars 2026

Le malaise des enseignants marocains se confirme : près d’un quart envisage de quitter la profession, et les salaires restent au cœur des frustrations, selon l’enquête TALIS 2024 du CSEFRS.



Une fuite qui inquiète

Selon les résultats dévoilés par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, 25% des enseignants marocains pensent sérieusement à abandonner le métier.

Ce chiffre grimpe à plus de 59% chez les enseignants de plus de 50 ans, illustrant une usure professionnelle accentuée par la charge de travail et la proximité de la retraite.

Mais ce n’est pas tout : la question salariale cristallise le mécontentement. Dans le primaire, seulement 21% des enseignants se disent satisfaits de leur rémunération, tandis que dans le secondaire collégial, le taux atteint 39%.

Ces chiffres placent les enseignants marocains parmi ceux affichant la plus faible satisfaction salariale au niveau mondial, malgré des conditions de travail globalement appréciées.


Entre réformes et manque de moyens

L’enquête TALIS souligne également un décalage entre ambitions des réformes et réalité du terrain.

Plus d’un quart des enseignants doivent appliquer des changements pédagogiques sans disposer des ressources nécessaires, surtout en milieu urbain.

Résultat : près de la moitié des enseignants ressentent une pression constante, avec un pic chez les plus expérimentés.

La reconnaissance professionnelle reste mitigée. Si 30% estiment que leur voix compte auprès des décideurs, moins d’un tiers juge que le métier est valorisé dans les médias.

Paradoxalement, presque la moitié des enseignants considèrent que leur travail bénéficie d’un respect social réel.


La vocation tient bon

Malgré les tensions, la vocation reste forte. Plus de 70% des enseignants ont choisi ce métier comme premier choix, et 60% souhaitent marquer positivement les générations futures.

Plus de 90% prennent plaisir à enseigner et près de trois quarts apprécient les défis du métier.

Mais certaines tensions persistent : 44% des enseignants du secondaire collégial aimeraient changer d’établissement, révélant des disparités importantes entre établissements, notamment sur la charge de travail et l’environnement pédagogique.

Le système éducatif marocain doit donc concilier réforme, motivation des enseignants et conditions de travail.

Les prochains mois seront cruciaux : resteront-ils dans la profession ou assistera-t-on à une fuite massive de profs expérimentés ? Les regards sont tournés vers le ministère et les mesures salariales à venir.





Vendredi 27 Mars 2026
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