L’idée peut sembler électoraliste.
Elle pourrait pourtant être beaucoup plus que cela.
Elle toucherait à la fois au pouvoir d’achat, à la mobilité, à la santé, à la dignité des personnes âgées et, accessoirement, à la participation électorale.
En France, la gratuité ou la forte réduction des transports pour les seniors existe déjà dans plusieurs collectivités, et la question de la gratuité des transports fait régulièrement partie des débats électoraux locaux.
Marseille, par exemple, a instauré en septembre 2025 la gratuité des transports pour les moins de 10 ans et les plus de 65 ans.
Cette expérience est intéressante pour le Maroc : elle montre que la gratuité des transports n’est pas seulement une mesure sociale.
Elle peut s’inscrire dans une politique globale de mobilité.
Elle toucherait à la fois au pouvoir d’achat, à la mobilité, à la santé, à la dignité des personnes âgées et, accessoirement, à la participation électorale.
En France, la gratuité ou la forte réduction des transports pour les seniors existe déjà dans plusieurs collectivités, et la question de la gratuité des transports fait régulièrement partie des débats électoraux locaux.
Marseille, par exemple, a instauré en septembre 2025 la gratuité des transports pour les moins de 10 ans et les plus de 65 ans.
Cette expérience est intéressante pour le Maroc : elle montre que la gratuité des transports n’est pas seulement une mesure sociale.
Elle peut s’inscrire dans une politique globale de mobilité.
Au Maroc, pourquoi commencer par les plus de 65 ans ?
La gratuité pour les 65 ans et plus serait beaucoup plus ciblée. Elle pourrait être conçue comme un « Pass Mobilité Senior », valable sur les transports publics urbains et, pourquoi pas, sur certaines liaisons ferroviaires.
Pour une personne âgée disposant d'une retraite modeste, quelques dizaines ou centaines de dirhams économisés chaque mois peuvent représenter une somme importante.
Mais le véritable enjeu est ailleurs.
Un senior qui peut prendre gratuitement le bus ou le tramway ira plus facilement chez son médecin, à l'hôpital, à la pharmacie, au marché, dans sa famille, dans une administration ou simplement retrouver des amis.
La gratuité devient alors une politique de santé publique.
Car l'isolement social est aussi une forme de vulnérabilité.
Pour une personne âgée disposant d'une retraite modeste, quelques dizaines ou centaines de dirhams économisés chaque mois peuvent représenter une somme importante.
Mais le véritable enjeu est ailleurs.
Un senior qui peut prendre gratuitement le bus ou le tramway ira plus facilement chez son médecin, à l'hôpital, à la pharmacie, au marché, dans sa famille, dans une administration ou simplement retrouver des amis.
La gratuité devient alors une politique de santé publique.
Car l'isolement social est aussi une forme de vulnérabilité.
Une promesse électorale qui pourrait avoir un effet démocratique
Il y aurait également une dimension politique.
Une personne âgée qui renonce à se déplacer parce que le transport lui coûte cher n'est pas seulement confrontée à un problème de mobilité.
Elle risque aussi de réduire ses déplacements sociaux et civiques.
La gratuité pourrait donc faciliter l'accès aux bureaux de vote.
Mais il faut être prudent : la gratuité des transports ne doit évidemment pas être présentée comme une prime destinée à acheter le vote des seniors.
La bonne formulation serait plutôt : garantir à tous les citoyens âgés une mobilité accessible, y compris le jour des élections.
La différence est importante.
Qui, au Maroc, pourrait réellement porter cette mesure ?
C'est probablement ici que la proposition devient intéressante.
Le premier interlocuteur ne serait pas nécessairement l'entreprise de transport.
Ce serait l'autorité publique qui organise et finance le transport.
Pour les bus et tramways urbains, la question relève largement des collectivités territoriales, des sociétés de développement local et des autorités organisatrices de la mobilité.
À Casablanca, par exemple, Casa Transport intervient dans l'organisation des grands projets de mobilité, tandis que la ville subventionne déjà fortement le transport public afin de maintenir des tarifs accessibles.
À Rabat-Salé, le tramway est exploité par Transdev, mais l'infrastructure et l'organisation relèvent d'acteurs publics et institutionnels.
Autrement dit, demander directement à l'opérateur privé de renoncer à ses recettes ne serait probablement pas la bonne approche.
Il faudrait que la collectivité ou l'État paie la différence.
Une personne âgée qui renonce à se déplacer parce que le transport lui coûte cher n'est pas seulement confrontée à un problème de mobilité.
Elle risque aussi de réduire ses déplacements sociaux et civiques.
La gratuité pourrait donc faciliter l'accès aux bureaux de vote.
Mais il faut être prudent : la gratuité des transports ne doit évidemment pas être présentée comme une prime destinée à acheter le vote des seniors.
La bonne formulation serait plutôt : garantir à tous les citoyens âgés une mobilité accessible, y compris le jour des élections.
La différence est importante.
Qui, au Maroc, pourrait réellement porter cette mesure ?
C'est probablement ici que la proposition devient intéressante.
Le premier interlocuteur ne serait pas nécessairement l'entreprise de transport.
Ce serait l'autorité publique qui organise et finance le transport.
Pour les bus et tramways urbains, la question relève largement des collectivités territoriales, des sociétés de développement local et des autorités organisatrices de la mobilité.
À Casablanca, par exemple, Casa Transport intervient dans l'organisation des grands projets de mobilité, tandis que la ville subventionne déjà fortement le transport public afin de maintenir des tarifs accessibles.
À Rabat-Salé, le tramway est exploité par Transdev, mais l'infrastructure et l'organisation relèvent d'acteurs publics et institutionnels.
Autrement dit, demander directement à l'opérateur privé de renoncer à ses recettes ne serait probablement pas la bonne approche.
Il faudrait que la collectivité ou l'État paie la différence.
Et l'ONCF ?
L'ONCF constitue un cas particulier.
L'Office national des chemins de fer est un établissement public à caractère industriel et commercial.
Il dispose déjà d'une Carte Senior offrant une réduction de 15 %, avec des réductions supplémentaires selon les conditions d'achat.
Cela signifie qu'il existe déjà une porte d'entrée.
On pourrait imaginer une évolution de cette carte vers un Pass Senior 65+, avec par exemple une gratuité ou une très forte réduction sur certaines catégories de trains, certains horaires ou certains trajets.
Une gratuité totale sur l'ensemble du réseau serait évidemment beaucoup plus coûteuse.
L'Office national des chemins de fer est un établissement public à caractère industriel et commercial.
Il dispose déjà d'une Carte Senior offrant une réduction de 15 %, avec des réductions supplémentaires selon les conditions d'achat.
Cela signifie qu'il existe déjà une porte d'entrée.
On pourrait imaginer une évolution de cette carte vers un Pass Senior 65+, avec par exemple une gratuité ou une très forte réduction sur certaines catégories de trains, certains horaires ou certains trajets.
Une gratuité totale sur l'ensemble du réseau serait évidemment beaucoup plus coûteuse.
Bus, tramway, cars ou ONCF : qui serait le plus réceptif ?
Le bus urbain et le tramway seraient les candidats les plus naturels pour commencer.
Le coût par déplacement y est relativement faible et l'objectif social est immédiatement identifiable : permettre aux seniors de se déplacer quotidiennement dans leur ville.
Le deuxième niveau pourrait être l'ONCF, avec un dispositif national plus encadré : réduction très importante, voire gratuité sous certaines conditions.
Les cars interurbains privés seraient probablement les plus difficiles à intégrer.
Il faudrait mettre en place un mécanisme de compensation financière pour chaque voyageur senior transporté gratuitement.
Le coût par déplacement y est relativement faible et l'objectif social est immédiatement identifiable : permettre aux seniors de se déplacer quotidiennement dans leur ville.
Le deuxième niveau pourrait être l'ONCF, avec un dispositif national plus encadré : réduction très importante, voire gratuité sous certaines conditions.
Les cars interurbains privés seraient probablement les plus difficiles à intégrer.
Il faudrait mettre en place un mécanisme de compensation financière pour chaque voyageur senior transporté gratuitement.
Le modèle pourrait donc être progressif :
65 ans et plus : gratuité bus et tramway urbains. 65 ans et plus : forte réduction sur le train national. 65 ans et plus : expérimentation de gratuité sur certaines lignes ferroviaires ou certains créneaux horaires. À terme : extension éventuelle aux transports interurbains conventionnés.
Une mesure sociale… mais aussi économique
Il ne faudrait surtout pas considérer uniquement la dépense.
Un senior qui se déplace davantage consomme davantage : marché, commerces, cafés, services, consultations médicales, activités culturelles.
La gratuité du transport peut donc produire indirectement une activité économique supplémentaire.
Elle peut également réduire certains déplacements en voiture effectués par les enfants ou les proches qui accompagnent leurs parents âgés.
Et elle peut favoriser l'utilisation des transports collectifs plutôt que de la voiture individuelle.
Un senior qui se déplace davantage consomme davantage : marché, commerces, cafés, services, consultations médicales, activités culturelles.
La gratuité du transport peut donc produire indirectement une activité économique supplémentaire.
Elle peut également réduire certains déplacements en voiture effectués par les enfants ou les proches qui accompagnent leurs parents âgés.
Et elle peut favoriser l'utilisation des transports collectifs plutôt que de la voiture individuelle.
Mais combien cela coûterait-il au Maroc ?
C'est la question à laquelle tout candidat sérieux devrait répondre.
Une promesse électorale crédible devrait être accompagnée de trois chiffres :
combien de Marocains ont 65 ans ou plus ; combien utilisent actuellement les transports publics ; et combien coûterait leur gratuité annuelle.
Puis il faudrait déterminer qui paierait : État, régions, communes, fonds de mobilité ou combinaison de ces sources.
Le Maroc investit déjà massivement dans la modernisation du transport urbain.
Le programme national 2025-2029 prévoit notamment plusieurs milliers de nouveaux autobus, avec un financement public important.
La question pourrait donc être posée autrement :
Pourquoi ne pas intégrer la mobilité des seniors dans cette grande politique nationale de modernisation des transports ?
Une proposition qui mériterait d'entrer dans le débat électoral :
Finalement, la gratuité des transports pour les plus de 65 ans pourrait devenir une proposition beaucoup plus ambitieuse qu'un simple slogan électoral.
Elle dirait quelque chose de la société que nous voulons construire.
Une société dans laquelle vieillir ne signifie pas réduire progressivement son espace de vie.
Une société dans laquelle une retraite modeste ne condamne pas à rester chez soi.
Une société dans laquelle aller chez le médecin, voir ses enfants, prendre le tramway, aller au marché ou voter ne dépend pas de quelques dirhams dans une poche.
Et si, pour les élections du 23 septembre 2026, la véritable promesse n'était pas simplement de donner quelque chose aux seniors, mais de leur garantir quelque chose d'essentiel : le droit de continuer à bouger ?
À condition, bien sûr, que la promesse soit accompagnée d'un financement transparent, d'un calendrier et d'un mécanisme de compensation des opérateurs.
Car une gratuité annoncée est une promesse électorale.
Une gratuité financée et effectivement appliquée devient une véritable politique publique.
Une promesse électorale crédible devrait être accompagnée de trois chiffres :
combien de Marocains ont 65 ans ou plus ; combien utilisent actuellement les transports publics ; et combien coûterait leur gratuité annuelle.
Puis il faudrait déterminer qui paierait : État, régions, communes, fonds de mobilité ou combinaison de ces sources.
Le Maroc investit déjà massivement dans la modernisation du transport urbain.
Le programme national 2025-2029 prévoit notamment plusieurs milliers de nouveaux autobus, avec un financement public important.
La question pourrait donc être posée autrement :
Pourquoi ne pas intégrer la mobilité des seniors dans cette grande politique nationale de modernisation des transports ?
Une proposition qui mériterait d'entrer dans le débat électoral :
Finalement, la gratuité des transports pour les plus de 65 ans pourrait devenir une proposition beaucoup plus ambitieuse qu'un simple slogan électoral.
Elle dirait quelque chose de la société que nous voulons construire.
Une société dans laquelle vieillir ne signifie pas réduire progressivement son espace de vie.
Une société dans laquelle une retraite modeste ne condamne pas à rester chez soi.
Une société dans laquelle aller chez le médecin, voir ses enfants, prendre le tramway, aller au marché ou voter ne dépend pas de quelques dirhams dans une poche.
Et si, pour les élections du 23 septembre 2026, la véritable promesse n'était pas simplement de donner quelque chose aux seniors, mais de leur garantir quelque chose d'essentiel : le droit de continuer à bouger ?
À condition, bien sûr, que la promesse soit accompagnée d'un financement transparent, d'un calendrier et d'un mécanisme de compensation des opérateurs.
Car une gratuité annoncée est une promesse électorale.
Une gratuité financée et effectivement appliquée devient une véritable politique publique.