Une nouvelle stratégie pour valoriser le patrimoine de Fès
La ville de Fès engage une nouvelle phase dans la gestion de son patrimoine historique. Après l’achèvement des travaux de réhabilitation de plusieurs édifices emblématiques, les autorités locales souhaitent désormais leur donner une vocation économique tout en garantissant leur préservation à long terme.
Portée par l’Agence pour le développement et la réhabilitation de la ville de Fès (ADER-Fès), cette démarche vise à confier l’exploitation et l’animation de certains sites à des opérateurs privés ou institutionnels.
L’objectif est de générer des revenus capables de financer leur entretien, tout en favorisant l’activité économique et la création d’emplois.
Une étude en plusieurs étapes avant l’ouverture aux investisseurs
Avant le lancement des futurs partenariats, une analyse approfondie est menée afin de définir le modèle de gestion le plus adapté. Cette étude porte notamment sur l’état des infrastructures, les modes de financement existants, les conditions d’accueil du public, l’accessibilité des sites ainsi que leur visibilité numérique.
Les responsables du projet s’appuient également sur des expériences menées dans d’autres villes historiques à travers le monde afin d’identifier les meilleures pratiques de valorisation du patrimoine.
Les résultats de cette phase permettront d’élaborer une stratégie de commercialisation et d’animation pour chaque site, avec des objectifs précis en matière de fréquentation, de satisfaction des visiteurs et de rentabilité.
Douze sites historiques concernés
Le programme concerne une douzaine de monuments et espaces patrimoniaux représentant plus de 35.000 mètres carrés de surface.
Parmi les sites concernés figurent notamment : Dar Al Makina, les Tombeaux mérinides, le Borj Sidi Bounafae, le Borj Boutouil, le Hri Boutouil, le Foundouq Achich, le Foundouq Sagha, Dar Bab Guissa, la Maison de l’artisan, le marché couvert de Souq Semmarine, le répartiteur d’eau de Boujloud ainsi que l’horloge hydraulique.
Ces infrastructures présentent des profils variés, allant des anciens ouvrages défensifs aux espaces commerciaux historiques, en passant par des sites culturels et archéologiques.
Des partenariats encadrés par des objectifs de performance
À l’issue de l’étude, plusieurs appels à manifestation d’intérêt seront lancés afin de sélectionner les futurs exploitants. Chaque projet devra répondre à un cahier des charges spécifique tenant compte des caractéristiques du site concerné.
Les partenariats seront fondés sur des indicateurs de performance portant notamment sur la fréquentation, la qualité des services proposés et l’entretien des bâtiments. Un dispositif de suivi et de contrôle sera mis en place par l’ADER-Fès afin de veiller au respect des engagements pris par les gestionnaires.
Des clauses de résiliation sont également prévues en cas de non-respect des objectifs fixés, illustrant la volonté des autorités de concilier préservation du patrimoine et efficacité de gestion.
Un levier pour le développement économique et touristique
L’ambition est de créer un modèle durable permettant à la fois de préserver le patrimoine historique de la ville et de renforcer son attractivité économique auprès des visiteurs et des investisseurs.