Une croisière d’expédition qui tourne au cauchemar
Le MV Hondius n’avait rien d’un paquebot classique. Ce navire d’expédition avait quitté
Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril 2026, avec 147 personnes à bord, venues de 23 nationalités. Destination : une traversée de l’Atlantique Sud, entre exploration et aventure.
Mais à peine quelques jours après le départ, les premiers signes inquiétants apparaissent. Un passager tombe malade avec fièvre, maux de tête et troubles digestifs. Son état se dégrade rapidement. Il décède le 11 avril, sans diagnostic précis à ce moment-là.
Ensuite, la situation s’emballe. D’autres passagers développent des symptômes similaires. Les cas graves s’enchaînent, certains nécessitent une évacuation médicale en urgence, notamment en Afrique du Sud.
Au total, selon les chiffres de l’OMS au 4 mai, sept cas sont recensés : deux confirmés en laboratoire, cinq suspects, avec trois décès déjà enregistrés.
Un navire bloqué en mer et des ports qui ferment leurs portes
Face à la situation, les autorités du Cap-Vert refusent l’accès du port de Praia au navire.
Résultat : le MV Hondius reste bloqué en mer pendant plusieurs jours, dans une zone de forte incertitude sanitaire.
À bord, l’inquiétude grandit. Plusieurs passagers restent symptomatiques, tandis qu’un patient est encore en soins intensifs. Le navire devient alors un véritable cas d’école sanitaire flottant, sous surveillance internationale.
L’hantavirus, un virus rare mais potentiellement grave
L’Organisation mondiale de la santé rappelle que l’hantavirus est une infection transmise principalement par contact avec des rongeurs ou des surfaces contaminées. Elle ne se transmet pas facilement entre humains, ce qui limite les risques de pandémie.
Mais lorsqu’elle est grave, l’évolution peut être brutale : troubles respiratoires sévères, détresse aiguë, voire décès. Et surtout, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique à ce jour.
Les autorités évoquent plusieurs pistes pour expliquer la contamination à bord : contact avec la faune lors d’escales ou exposition avant l’embarquement en Argentine. Rien n’est encore confirmé.
Les Canaries comme solution d’urgence
Finalement, une issue est trouvée. L’Espagne accepte que le navire accoste aux îles Canaries afin de permettre une enquête complète et une prise en charge médicale des passagers.
Pour l’OMS, cette décision est cruciale : elle permet d’isoler la situation, d’éviter toute extension du risque et d’analyser précisément le foyer infectieux.
Le virus toujours sous enquête à bord
Même si l’incident se déroule loin de nos côtes, il rappelle une réalité simple : les maladies infectieuses voyagent vite avec la mobilité internationale.
Entre croisières, vols long-courriers et échanges mondiaux, un virus rare peut devenir une alerte globale en quelques jours.
Dans un monde où les Marocains voyagent de plus en plus, notamment vers les îles Canaries ou l’Amérique latine, ce type d’événement montre l’importance de la surveillance sanitaire internationale.
Le MV Hondius est désormais attendu aux Canaries, mais l’histoire est loin d’être terminée. Les enquêteurs devront encore comprendre comment le virus s’est introduit à bord.
En attendant, le navire reste le symbole d’une mer qui, parfois, peut aussi devenir un espace d’incertitude médicale.