Hydrogène vert : le Maroc devient hub stratégique entre l’Afrique et l’Europe


Rédigé par le Vendredi 6 Mars 2026

Le Maroc frappe fort dans la course mondiale à l’hydrogène vert. Entre contrats signés, projets industriels ambitieux et position stratégique sur les routes vers l’Europe, le Royaume confirme son rôle de pionnier africain.



Des projets concrets pour renforcer la souveraineté énergétique

La semaine dernière, le Maroc a franchi une étape décisive : la signature des premiers contrats préliminaires de réservation foncière dans le cadre de l’« Offre Maroc » dédiée à l’hydrogène vert.

Cinq projets structurants sont désormais en phase opérationnelle dans le Sud, visant à sécuriser l’énergie et booster l’export vers l’Europe.

L’élément clé ? Le Groupe OCP, géant des phosphates, qui injecte 13 milliards de dollars dans son plan de transition verte.

Objectif : produire 3 millions de tonnes d’« ammoniac renouvelable » à l’horizon 2032, grâce à 3,8 GW d’énergies solaire et éolienne. Une vraie révolution industrielle pour le Royaume.


Le Maroc, un avantage naturel pour l’hydrogène

Selon le rapport de la H2Global Foundation, le Maroc figure parmi les « front runners » africains aux côtés de l’Égypte, de la Namibie et de l’Afrique du Sud.

Le Royaume bénéficie d’un fort potentiel solaire et éolien déjà valorisé, soutenu par une industrie des engrais qui consomme naturellement de l’ammoniac et stabilise la demande locale.

À cela s’ajoutent des infrastructures portuaires et industrielles adaptées à l’export, ce qui permet au Maroc de ne pas se limiter à produire pour vendre : il transforme l’hydrogène en valeur ajoutée locale, sécurisant emplois et compétitivité.

L’Europe comme marché stratégique

La proximité avec l’Union européenne est un atout majeur. Le plan REPowerEU prévoit 10 millions de tonnes d’importations d’hydrogène renouvelable d’ici 2030.

Le Maroc est bien placé pour capter une partie de ce marché, notamment via des mécanismes comme les enchères « Double Auction » soutenues par l’Allemagne et les Pays-Bas.

Mais la concurrence s’intensifie : Moyen-Orient, Chine et Inde accélèrent leurs propres productions. Le défi pour le Maroc : concrétiser vite ses projets avant que d’autres hubs ne verrouillent les marchés.


Une opportunité à ne pas rater

Les experts insistent : il ne suffit pas d’exporter l’hydrogène brut. L’enjeu est d’intégrer toute la chaîne de valeur – de l’hydrogène à l’ammoniac, puis aux engrais ou à l’acier vert – pour renforcer la résilience industrielle et la souveraineté énergétique.

Avec seulement cinq projets africains ayant atteint une décision finale d’investissement sur un continent encore peu investi dans l’hydrogène propre, le Maroc a une fenêtre d’opportunité étroite.

Le Royaume est en pole position… à condition de sécuriser financements et contrats à long terme.


Acteur clé de la transition verte mondiale

L’hydrogène vert pourrait transformer le Maroc en hub énergétique régional et en acteur clé de la transition verte mondiale.

Reste à suivre comment le Royaume va gérer cette montée en puissance face à la pression asiatique et aux exigences européennes. Une course qui vient tout juste de commencer.




Vendredi 6 Mars 2026
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