L'illusion du volant ou quand le privilège n'a que faire du code de la route


Rédigé par le Lundi 7 Septembre 2026

Par Anissa Mekouar Senhadji.

Il y a des matins où le spectacle de la rue laisse sans voix.

Hier encore, arrêtée à un feu rouge, trois SUV de luxe - BMW, Maserati, Porsche – m’ont doublé sans complexe pour se caler le long des rails du tram. En créant cette file sauvage, ils ont grillé le feu, persuadés de s'offrir la priorité absolue au passage au vert. Seul hic : depuis leur position illégale, le feu leur était totalement invisible.



Résultat ? Une fois le feu passé au vert, il a fallu klaxonner plusieurs fois pour que ces bolides daignent enfin démarrer.

En grillant la priorité, ils ont paralysé la circulation, fait perdre un temps précieux à tous les usagers et offert un triste spectacle d'INCIVILITÉ. 

Ceci n’est qu’un petit exemple parmi tant d'autres. Je vous épargne les incivilités des stationnements en triple file pour aller faire ses emplettes, les incursions dans les rues interdites …

Ce comportement révèle une conviction profonde chez certains conducteurs -hommes, femmes, jeunes - : la loi serait faite pour les autres. Dans les quartiers huppés, la puissance du moteur et la valeur de la carrosserie semblent nourrir un sentiment d'impunité totale et une illusion de supériorité.

Le feu rouge, le panneau Stop, la courtoisie élémentaire... tout cela ne s'appliquerait qu'au reste du monde.

Nous avons trop souvent tendance à associer le manque de civisme aux classes populaires ou moyennes.

Pourtant, cet épisode rappelle que l'incivilité n'a pas de classe sociale et que cette « élite », drapée dans son sentiment d'impunité et d’arrogance, a encore un long chemin à parcourir pour apprendre les règles élémentaires du vivre-ensemble.




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Lundi 7 Septembre 2026
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