La croissance résiste, mais que raconte réellement ce chiffre sur l’état de l’économie marocaine ? Ce mini-site décrypte la Note de conjoncture du HCP d’octobre 2026 pour comprendre les ressorts de cette résistance, ses fragilités et les conditions d’une accélération.
Le parcours rejoint ensuite le quotidien des ménages. Pourquoi une inflation faible ne donne-t-elle pas toujours le sentiment de mieux vivre ? Le décryptage explique les évolutions opposées des prix alimentaires et non alimentaires, ainsi que le poids des hausses accumulées dans la perception du coût de la vie.
Une autre séquence montre comment le pétrole affecte les entreprises : par leurs achats directs d’énergie, mais aussi par leurs fournisseurs, leurs coûts de transport et leurs marges. Les simulations du HCP sont présentées avec leurs hypothèses, sans être confondues avec des pertes déjà constatées.
Emploi, consommation, crédit, échanges extérieurs et finances publiques complètent cette lecture. Chaque indicateur est replacé dans sa période et son périmètre pour éviter les comparaisons trompeuses.
Enfin, le mini-site examine les scénarios de fin d’année : ce qui soutiendrait la reprise, ce qui pourrait la freiner et les indicateurs à surveiller. Des questions-réponses et des sources paginées accompagnent cette exploration, fidèle à une ambition : éclairer les enjeux sans dramatiser les risques ni transformer les perspectives favorables en certitudes.
Économie · Maroc · Octobre 2026
Comment l’économie tient-elle face au choc énergétique, et à quelles conditions peut-elle accélérer ?
Portée par l’agriculture, les services et la demande intérieure, la croissance atteindrait 4,1 % au troisième trimestre 2026, selon le HCP. Mais les difficultés des activités secondaires, le coût de l’énergie et les besoins de financement invitent à regarder au-delà de la moyenne. Les 4,7 % prévus pour la fin d’année restent soumis à des hypothèses précises. [1]
Variation par rapport au troisième trimestre 2025. Ce résultat reste une estimation.
HCP, p. 5 · [1]Prévision · T4 2026+4,7 %Croissance du PIBScénario central, soumis aux conditions énergétiques et géopolitiques.
HCP, p. 6 · [1]Estimation · T3 2026−1,9 %Activités secondairesRepli de la valeur ajoutée, malgré une baisse moins forte qu’au trimestre précédent.
HCP, p. 5 · [1]Estimation · T3 2026−0,3 %Prix à la consommationÉvolution annuelle de l’indice global ; les catégories évoluent différemment.
HCP, p. 34 · [2]Observation · T2 20269,5 %Chômage au sens strictTaux parmi la main-d’œuvre selon la définition mobilisée dans la note.
HCP, p. 36 · [5]Niveau · T2 202622 Md DHBesoin de financementBesoin de l’ensemble de l’économie, distinct du déficit budgétaire de l’État.
HCP, p. 5 · [1]La note décrit une économie qui continue de progresser dans un environnement devenu plus coûteux. Après une hausse du PIB de 4 % au deuxième trimestre, le HCP estime la croissance à 4,1 % au troisième trimestre 2026. Ces variations comparent chaque trimestre à la même période de l’année précédente : elles ne mesurent pas une hausse de trimestre en trimestre. La relative stabilité du chiffre global ne signifie donc pas que toutes les branches traversent la même conjoncture. [1]
Au troisième trimestre, la valeur ajoutée agricole aurait augmenté de 19,9 % et celle des services de 3,9 %. Les activités secondaires auraient, à l’inverse, diminué de 1,9 %, après un recul de 3,9 % au deuxième trimestre. Il faut conserver les bons périmètres : l’agriculture n’est pas l’ensemble du secteur primaire ; les activités secondaires ne se réduisent pas à la seule industrie manufacturière. [1]
Le PIB progresserait davantage en fin d’annéeVariation annuelle du PIB, en % · échelle de 0 à 6 %
Source : HCP, p. 5-6. Barres depuis zéro. Les hachures signalent la prévision ; le troisième trimestre est une estimation. [1]
Lecture L’ODJ. Cette composition invite à suivre l’élargissement de la croissance aux branches en difficulté. L’appui de l’agriculture et des services constitue un amortisseur réel, sans suffire à démontrer une amélioration uniforme du tissu productif. Les taux sectoriels ne peuvent pas être additionnés : leur contribution au PIB dépend de leur poids dans l’économie. Le graphique ne fournit pas non plus le taux de croissance de l’ensemble de l’année.
Le HCP estime une baisse de 0,3 % de l’indice global des prix à la consommation au troisième trimestre. Derrière ce résultat, les prix alimentaires auraient reculé de 3,6 %, tandis que les prix non alimentaires auraient augmenté de 2,4 %. La moyenne masque donc des mouvements de sens contraire. Un ménage très exposé aux transports ou à certains services ne rencontre pas la même évolution qu’un panier davantage touché par les baisses alimentaires. [2]
Source : HCP, tableau « Prix à la consommation », p. 34. Le taux global n’est pas la moyenne simple des deux lignes. [2]
Le premier focus de la note apporte une explication supplémentaire. Le HCP rapproche les perceptions recueillies auprès des ménages des séries de prix. Ses résultats suggèrent que les appréciations tiennent au niveau cumulé des prix, et que les hausses et les baisses ne sont pas prises en compte de manière symétrique. Cela aide à comprendre pourquoi une accalmie statistique ne se traduit pas immédiatement par un sentiment de soulagement. [3]
Le point à retenirUne inflation qui ralentit signifie que les prix augmentent moins vite. Une inflation négative indique un recul sur la période comparée. Aucune de ces deux situations ne suffit à établir un retour aux prix d’avant-crise.
L’analyse économétrique repose sur 54 observations trimestrielles. Elle décrit une relation agrégée entre séries, sans permettre de diagnostiquer le budget de chaque ménage. Les écarts de revenus, de dépenses contraintes et de lieux de vie restent décisifs pour l’expérience concrète. Le rapport prévoit par ailleurs une inflation globale de 1,5 % au quatrième trimestre, et d’environ 0,5 % en moyenne sur 2026 : ces deux chiffres portent sur des périodes différentes. [2] [3]
Le second focus distingue l’exposition directe au carburant de la vulnérabilité économique. Hors filières énergétiques, l’intensité des carburants représente 2,7 % de la production dans la structure mobilisée par le HCP. Cette moyenne ne résume pas les écarts entre branches, ni les effets indirects. Une activité peu consommatrice de carburant peut recevoir le choc par ses achats de transport, de matériaux ou d’autres intrants. [4]
Le modèle utilisé est une analyse entrées-sorties en prix, fondée sur les relations entre branches. Il identifie notamment l’électricité, les transports et les industries extractives parmi les activités dont les coûts seraient le plus touchés. Pour les entreprises, l’effet final dépend de la possibilité de répercuter ces coûts, de substituer des sources d’énergie, de financer leur trésorerie et de préserver leur demande. [4]
Simulation, pas perte constatéeDans le scénario de hausse de 29,5 % des prix du pétrole raffiné, la valeur ajoutée unitaire globale diminuerait d’environ 0,9 %. En élargissant le choc aux prix de l’extractif, la contraction pourrait atteindre 2,3 %. Ces résultats ne mesurent ni une baisse observée du PIB, ni une perte déjà subie par toutes les entreprises. [4]
Le HCP souligne que la transmission aux prix de vente change l’ampleur de la compression. Il examine également les mécanismes d’absorption observés lors du précédent choc : ajustement des prix, substitution énergétique et amortisseurs publics. Leur efficacité passée ne garantit pas une reproduction à l’identique, notamment si les tensions durent davantage. La durée du choc compte autant que son intensité pour les trésoreries et les décisions d’investissement. [4]
Lecture L’ODJ. Pour les professionnels, le signal utile est de suivre conjointement les coûts d’achat, les prix de vente et les volumes d’activité. Une hausse du chiffre d’affaires en valeur peut coexister avec une compression des marges. Le rapport ne fournit pas de diagnostic individuel permettant d’en déduire la situation d’une entreprise précise.
La demande intérieure reste le principal appui de la conjoncture. Au troisième trimestre, la consommation des ménages aurait augmenté de 4,1 % et la formation brute de capital de 6,2 %. Les projets d’infrastructure participeraient au soutien de l’investissement, dans un contexte où les entreprises ajustent leurs dépenses à des équipements et intrants plus coûteux. Une progression de l’investissement agrégé ne décrit donc pas automatiquement celle de l’investissement privé de chaque branche. [1]
La note rapporte aussi une amélioration de l’emploi contre revenu au deuxième trimestre : sa progression annuelle atteint 4 %, pour un niveau de 10,6 millions de personnes. Le taux de chômage au sens strict est donné à 9,5 %, contre 11,1 % un an auparavant. Cette précision de définition est indispensable : il ne faut pas juxtaposer ce taux à une autre série de chômage sans vérifier les concepts et la comparabilité. [5]
Conséquence pour les lecteurs. L’amélioration de l’emploi contribue au soutien de la consommation décrit par le HCP. Elle n’établit toutefois ni une hausse identique des revenus, ni une amélioration équivalente de la stabilité professionnelle. Pour les jeunes et les personnes en recherche d’emploi, le chiffre national ne fournit pas à lui seul une mesure des chances d’insertion ou de la qualité des postes accessibles.
Cette distinction permet une lecture constructive : reconnaître un signal favorable sans effacer les difficultés restantes. Pour juger de sa portée sociale, il faudrait suivre la répartition des emplois, les revenus et les conditions de travail avec les données adaptées, plutôt que demander au seul taux de croissance de répondre à toutes les questions.
Le besoin de financement de l’ensemble de l’économie atteint 22 milliards de dirhams au deuxième trimestre 2026, contre 10,3 milliards à la même période de 2025. Le HCP relie son accroissement au déséquilibre commercial, au renchérissement énergétique et à l’évolution des comptes publics. Ce besoin ne doit pas être confondu avec le déficit budgétaire : les deux indicateurs ne couvrent ni les mêmes agents ni la même période. [1]
Sur janvier-août, le tableau des finances publiques présente un solde budgétaire de −56,898 milliards de dirhams, contre −54,095 milliards un an plus tôt. La note souligne une progression des dépenses ordinaires plus rapide que celle des recettes ordinaires, ainsi qu’un maintien de l’investissement budgétaire. Les dépenses de compensation augmentent de 71,3 % dans le tableau repris de la TGR. Il s’agit d’un cumul sur huit mois, et non du résultat définitif de l’exercice annuel. [6]
Les échanges extérieurs restent également une contrainte. Au troisième trimestre, les exportations de biens et services en volume auraient progressé de 6,2 %, et les importations de 7,4 %. La contribution des échanges à la croissance serait négative de 1,2 point. Une exportation qui augmente ne suffit donc pas à assurer une contribution extérieure positive ; les importations et les pondérations interviennent aussi dans le calcul. [1] [7]
Le financement bancaire continuerait parallèlement de soutenir l’activité : les créances sur l’économie auraient progressé de 11,1 % au troisième trimestre. Cette évolution agrégée ne permet pas de conclure que toutes les entreprises accèdent au crédit aux mêmes conditions. Lecture L’ODJ : l’enjeu est d’apprécier ensemble le soutien immédiat à l’activité et les ressources nécessaires pour le prolonger, sans présenter chaque dépense comme inefficace ni chaque hausse de crédit comme une preuve de solidité. [1]
Le HCP prévoit une croissance de 4,7 % au quatrième trimestre. Son scénario central repose sur une relative stabilité des prix de l’énergie et sur l’absence de nouveaux chocs majeurs. Il attend aussi un rattrapage progressif des industries extractives et des activités liées, avec l’achèvement de travaux d’entretien et le réajustement des exportations d’engrais. La consommation des ménages et l’investissement progresseraient respectivement de 4,3 % et de 6,8 %. [1]
Stabilité énergétique relative, sans nouveau choc majeur.
Scénario plus favorable≈ +5,3 %Allègement des contraintes d’approvisionnement et repli du pétrole.
PIB, variation annuelle au T4 2026. Source : HCP, p. 6. Écart : 0,6 point, calcul L’ODJ (5,3 − 4,7). Ce n’est ni un intervalle de confiance ni une probabilité. [1]
À l’inverse, une nouvelle intensification des tensions pourrait renforcer les pressions inflationnistes et peser sur les capacités de production. Le passage consacré à ce risque n’en propose pas de taux de croissance alternatif chiffré : aucun chiffre n’a donc été ajouté. Le lecteur doit pouvoir distinguer ce risque qualitatif du scénario favorable quantifié.
Le HCP recommande-t-il des mesures nouvelles ?Cette note est d’abord un diagnostic et un exercice de prévision conjoncturelle. Les passages mobilisés analysent les amortisseurs et les hypothèses de poursuite du soutien ; ils ne constituent pas un programme de réformes chiffré. La reconduction de mesures budgétaires mentionnée dans la prévision ne doit être présentée ni comme une décision nouvelle adoptée, ni comme une recommandation inventée par la rédaction.
Non. Il s’agit de la prévision centrale pour le quatrième trimestre 2026, conditionnée notamment par l’énergie et l’absence de nouveau choc majeur. [1]
−0,3 % signifie-t-il que tout baisse ?Non. C’est l’évolution estimée de l’indice global au troisième trimestre. Le non-alimentaire augmente alors que l’alimentaire recule. [2]
Le ressenti des ménages contredit-il les statistiques ?Les deux approches ne mesurent pas la même chose. Le panier statistique décrit une moyenne ; les perceptions intègrent l’expérience des dépenses et le niveau cumulé des prix. [3]
Peut-on additionner les taux de croissance sectoriels ?Non. Il faudrait les poids appropriés pour calculer leurs contributions. Une variation sectorielle en pourcentage n’est pas une contribution en points. [1]
La simulation pétrolière annonce-t-elle une baisse du PIB ?Non. Elle examine les coûts et la valeur ajoutée unitaire sous certaines hypothèses. Ce résultat ne constitue pas une perte de PIB constatée. [4]
Pourquoi préciser « chômage au sens strict » ?Parce que cette définition détermine le champ du taux. Toute comparaison avec une autre publication exige de vérifier les concepts et les éventuelles ruptures méthodologiques. [5]
La publication réunit des comptes, des informations infra-annuelles, des estimations et des projections. Ses séries ne portent donc pas toutes sur la même date : l’emploi présenté ici concerne le deuxième trimestre ; les prix et l’activité sont estimés pour le troisième ; le budget couvre janvier-août ; les perspectives regardent le quatrième trimestre. Les réunir éclaire la conjoncture, sans en faire une photographie parfaitement simultanée.
Le préambule indique que les prévisions sont mises à jour avec l’arrivée de nouvelles données. Le focus sur les perceptions étudie une relation statistique agrégée ; le focus pétrolier repose sur une simulation de relations productives. Aucun des deux ne constitue une enquête sur la situation individuelle de tous les ménages ou de toutes les entreprises. [3] [4] [8]
Questions de suivi L’ODJ. La reprise attendue des branches extractives se matérialisera-t-elle ? Les baisses alimentaires continueront-elles de compenser le coût de l’énergie ? L’amélioration de l’emploi se traduira-t-elle en revenus et en emplois durables ? Ce sont des questions à documenter, pas des échecs présumés.
Le prochain test sera la diffusion de la reprise.À suivre : les comptes trimestriels révisés, la production des branches exposées, les composantes de l’IPC, les créations d’emplois et l’exécution budgétaire. Ces indicateurs permettront de juger si les amortisseurs restent efficaces et si l’amélioration devient plus largement partagée.
Source principale : Haut-Commissariat au Plan, Institut national d’analyse de la conjoncture (INAC), Note de conjoncture n° 49 — Octobre 2026, PDF fourni, 61 pages. Rédaction achevée le 9 octobre 2026. Le mois d’édition est octobre ; le jour de publication n’est pas indiqué dans le PDF.
Synthèse conjoncturelle. p. 5-6 · pages PDF 6-7 : PIB, secteurs, demande, financement et scénarios.Prix à la consommation. p. 33-34 · pages PDF 34-35 : détail de l’inflation et tableau des prévisions.Focus 1 — Inflation perçue. p. 11-13 · pages PDF 12-14 : perceptions, méthode et résultats économétriques.Focus 2 — Choc pétrolier. p. 14-17 · pages PDF 15-18 : exposition, modèle de Leontief en prix et hypothèses de simulation.Emploi et chômage. p. 35-36 · pages PDF 36-37 : emploi contre revenu et chômage au sens strict.Finances publiques. p. 40-41 · pages PDF 41-42 : exécution cumulée janvier-août ; tableau TGR, calculs HCP.Échanges extérieurs. p. 37-39 · pages PDF 38-40 : biens et services en volume, distinction des données en valeur.Préambule et identification. p. 1-3 · pages PDF 2-4 : institution, date d’achèvement et calendrier de prévision.Convention : « p. » désigne la pagination imprimée, suivie de la position dans le PDF. Les principales valeurs de l’ouverture ont été revérifiées sur les pages rendues du document. Le registre CSV séparé décrit les indicateurs, leur statut et leurs références. Le seul calcul supplémentaire publié est l’écart de 0,6 point entre les deux scénarios de croissance.
Consulter le répertoire officiel des publications du HCP. Il s’agit d’un répertoire institutionnel ; le lien direct vers cette édition n’a pas été confirmé lors de la recherche. Aucune donnée extérieure n’a été substituée à celle du PDF. Cette lecture ne prétend pas identifier un éventuel erratum ultérieur.
Rédaction indépendante fondée sur le document fourni, selon la charte éditoriale L’ODJ jointe : distinction des faits, estimations, simulations et analyses ; esprit critique constructif ; respect des nuances et de l’intérêt du lecteur.
Une lecture journalistique de L’ODJ à partir du rapport cité. Cette publication n’est pas une communication du HCP et n’implique aucune validation de sa part.
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