Pourquoi les hommes adorent la clim… pendant que les femmes grelottent


Rédigé par le Vendredi 26 Juin 2026

Au bureau, en voiture ou à la maison, la climatisation est souvent source de débats. Si les hommes et les femmes ne sont pas toujours d'accord sur la température idéale, la science et l'histoire des normes de confort apportent quelques explications surprenantes.



La guerre des degrés

Au bureau, dans la voiture, à la maison ou même au restaurant, la même scène se répète dès que les températures grimpent.

Quelqu’un veut pousser la climatisation au maximum, pendant qu’une autre personne se met déjà à chercher une veste ou un foulard.

Cette petite bataille du thermostat, qui fait sourire autant qu’elle agace, n’est pas qu’une question de caractère.

Derrière ce conflit du quotidien se cachent des différences biologiques, mais aussi des habitudes qui remontent à plusieurs décennies.

Quand la clim devient un sujet de négociation

Avec les vagues de chaleur qui s'installent chaque été, la climatisation est devenue indispensable dans de nombreux bureaux, commerces et voitures au Maroc. Pourtant, son utilisation ne fait pas toujours l'unanimité.

Sur TikTok et Instagram, les vidéos humoristiques sur "la guerre de la clim" cumulent des millions de vues.

On y retrouve presque toujours le même scénario : les hommes travaillent en manches courtes sans difficulté tandis que les femmes s'emmitouflent dans un cardigan en plein mois de juillet. Une caricature ? Pas complètement.

Selon plusieurs études relayées récemment, les hommes et les femmes ne ressentent pas la température de la même manière.

Les chercheurs estiment que la zone de confort thermique des hommes se situe généralement entre 22 et 24 °C, alors que celle des femmes se rapprocherait davantage de 24,5 à 26 °C.

Quelques degrés seulement, mais suffisamment pour transformer une salle de réunion en véritable terrain de négociation.


Une histoire d'hormones… mais pas seulement

La première explication est biologique. Les hormones jouent un rôle important dans notre manière de percevoir le froid.

Chez les hommes, la testostérone influence notamment une protéine présente dans la peau, appelée TRPM8, chargée de détecter les basses températures.

Son action réduit en partie la sensation de froid, ce qui explique pourquoi certains supportent facilement une climatisation très fraîche.

En vieillissant, cet effet diminue progressivement, ce qui explique aussi pourquoi les hommes deviennent souvent plus sensibles au froid avec l'âge.

Les femmes, de leur côté, présentent généralement une circulation sanguine différente, notamment au niveau des extrémités.

Les mains et les pieds refroidissent plus rapidement, accentuant la sensation d'inconfort lorsque la climatisation est trop forte.

Leur métabolisme au repos étant également légèrement inférieur à celui des hommes, elles produisent un peu moins de chaleur corporelle. Mais la biologie n'explique pas tout.


Le thermostat hérité des années 1960

Ce que beaucoup ignorent, c'est que la plupart des systèmes de climatisation modernes reposent encore sur un modèle de confort thermique imaginé dans les années 1960.

À cette époque, les calculs servant à définir la température idéale des bureaux étaient basés sur le métabolisme moyen… d'un homme adulte d'environ 40 ans, pesant près de 70 kilos et portant un costume.

Pendant longtemps, cette référence a servi de norme dans les bâtiments professionnels du monde entier, alors même que les modes de travail, les vêtements et la diversité des salariés ont considérablement évolué.

Résultat : dans de nombreux open spaces, la température est encore réglée selon un modèle qui ne correspond plus à la réalité des équipes d'aujourd'hui.


Au Maroc aussi, un équilibre à trouver

Avec les épisodes de chaleur qui deviennent de plus en plus fréquents au Maroc, la question du confort thermique prend une nouvelle importance.

Dans les entreprises, les cafés, les centres commerciaux ou les transports, trouver la bonne température relève parfois du casse-tête.

Les spécialistes rappellent pourtant qu'une climatisation excessive n'apporte pas forcément plus de confort.

Un écart trop important entre la température extérieure et celle des espaces climatisés peut favoriser les maux de tête, les contractures musculaires, la fatigue ou encore les petits rhumes estivaux que beaucoup connaissent bien.

Plutôt que de transformer le thermostat en sujet de discorde, certaines entreprises commencent à adapter les réglages selon les espaces ou à privilégier une température intermédiaire qui convient au plus grand nombre.


Et si la vraie tendance, c'était le compromis ?

La fameuse guerre de la clim raconte finalement quelque chose de plus large : nous ne vivons pas tous les mêmes sensations, même lorsque nous partageons exactement le même espace. Ce qui paraît agréable pour l'un peut devenir inconfortable pour l'autre.

La prochaine fois qu'un collègue réclamera deux degrés de moins — ou de plus —, il ne s'agira peut-être pas d'un simple caprice.

Après tout, derrière cette bataille du thermostat se cache autant la biologie que l'histoire des normes de travail. Et si le vrai luxe de l'été n'était pas une clim glaciale, mais un compromis capable de satisfaire tout le monde ?





Vendredi 26 Juin 2026
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