Un défi sanitaire majeur en Afrique
Le dernier Rapport mondial sur les drogues des Nations unies met en lumière des écarts impressionnants de prévalence du virus chez les usagers de drogues injectables.
En Afrique du Nord, la Libye enregistre un niveau particulièrement alarmant, tandis que le Maroc affiche un taux de 5,3 %, bien inférieur à certains voisins, mais qui rappelle que la vigilance reste indispensable.
Des écarts impressionnants selon les pays africains
Les chiffres publiés par les Nations unies montrent une réalité très contrastée à travers le continent.
Dans certains pays, le VIH touche une large majorité des consommateurs de drogues par injection. Dans d'autres, la prévalence reste relativement faible.
Le cas de la Libye retient particulièrement l'attention. Selon une étude réalisée en 2010, 87,1 % des usagers de drogues injectables étaient porteurs du VIH, un niveau sans équivalent sur le continent.
Derrière ce chiffre se cachent plusieurs facteurs, notamment des difficultés d'accès aux soins, des contextes sanitaires fragilisés et des pratiques à risque liées au partage du matériel d'injection.
À l'opposé, plusieurs pays africains présentent des taux proches de 1 %, illustrant des situations épidémiologiques très différentes selon les contextes nationaux.
Le Maroc sous la barre des 10 %, mais la prévention reste essentielle
En Afrique du Nord, les écarts sont particulièrement marqués. L'Égypte arrive en deuxième position de la région avec un taux de 10,9 % relevé en 2024, suivie de la Tunisie à 8,8 %.
Le Maroc affiche, de son côté, une prévalence de 5,3 %, selon des données recueillies en 2023 auprès de 613 personnes âgées de plus de 18 ans.
Ce niveau reste inférieur à celui observé chez plusieurs voisins, mais il rappelle que les risques de transmission du VIH persistent au sein des populations les plus exposées.
L'Algérie présente, quant à elle, le taux le plus faible d'Afrique du Nord avec 1,1 % en 2024.
Ces données montrent que les politiques de prévention, le dépistage et les programmes de réduction des risques continuent de jouer un rôle déterminant.
Le partage de seringues ou de matériel d'injection demeure l'un des principaux facteurs de transmission du virus dans cette population.
L'Afrique australe toujours fortement touchée
Au-delà de l'Afrique du Nord, plusieurs pays d'Afrique australe restent confrontés à une situation préoccupante.
L'Afrique du Sud enregistre une prévalence de 47,3 % chez les consommateurs de drogues injectables en 2023. Au Mozambique, les estimations oscillent entre 19,9 % et 50,1 %, tandis que la Zambie atteint 24 %.
Ces niveaux témoignent d'une circulation importante du virus dans certains réseaux de consommation, malgré les efforts de prévention engagés depuis plusieurs années.
En Afrique de l'Est, la Tanzanie affiche un taux moyen de 36 %, devant les Seychelles (23 %) et l'île Maurice (21,2 %). L'Ouganda atteint 17 %, tandis que le Burundi enregistre 14,1 %.
Plus loin dans le classement figurent le Kenya, Madagascar, l'Éthiopie et les Comores, qui présentent les taux les plus faibles de cette région.
Des réalités différentes en Afrique de l'Ouest et centrale
L'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale présentent également des écarts notables.
Le Cap-Vert arrive en tête avec une prévalence de 20 %, devant le Liberia (14,4 %) et le Nigeria (10,9 %).
Le Mali atteint 5,1 %, alors que plusieurs pays affichent des niveaux compris entre 2 % et 4 %, notamment la Sierra Leone, la République démocratique du Congo, le Sénégal, le Tchad, la Côte d'Ivoire, le Togo et le Bénin.
Le Ghana ferme ce classement régional avec un taux de 1,2 %.
Ces différences illustrent la diversité des contextes sanitaires africains. Les experts soulignent que l'accès au dépistage, aux traitements, aux programmes d'échange de seringues et aux actions de sensibilisation reste déterminant pour limiter la transmission du VIH parmi les usagers de drogues injectables.
Les données des Nations unies rappellent ainsi que, derrière les statistiques, chaque pays fait face à des défis spécifiques qui nécessitent des réponses adaptées à sa propre réalité.