La rentrée a commencé, mais pour certains parents, la course ne fait que commencer
Au Maroc, la rentrée scolaire 2026-2027 se déroule progressivement depuis le 3 septembre, avec une reprise obligatoire des cours fixée au lundi 7 septembre pour l’ensemble des cycles et niveaux.
Pour les familles, cette période ne se résume pourtant pas à acheter un cartable et quelques cahiers. Chaque rentrée implique de reconstituer une partie de l’équipement scolaire : fournitures, livres, vêtements lorsque l’établissement impose une tenue, matériel spécifique et, selon les établissements, manuels particuliers.
Le problème est que le parent ne peut pas toujours choisir librement ce qu’il achète. Lorsqu’une école fournit une liste précise de manuels, il faut généralement se procurer les références demandées pour que l’enfant puisse suivre les cours dans les mêmes conditions que ses camarades.
Et c’est précisément là que la situation devient particulièrement sensible cette année.
Pour les familles, cette période ne se résume pourtant pas à acheter un cartable et quelques cahiers. Chaque rentrée implique de reconstituer une partie de l’équipement scolaire : fournitures, livres, vêtements lorsque l’établissement impose une tenue, matériel spécifique et, selon les établissements, manuels particuliers.
Le problème est que le parent ne peut pas toujours choisir librement ce qu’il achète. Lorsqu’une école fournit une liste précise de manuels, il faut généralement se procurer les références demandées pour que l’enfant puisse suivre les cours dans les mêmes conditions que ses camarades.
Et c’est précisément là que la situation devient particulièrement sensible cette année.
Écoles pionnières : pourquoi les parents ont du mal à trouver certains manuels
Le modèle des « Écoles pionnières » constitue l’un des axes majeurs de la réforme de l’enseignement public marocain. Lancé durant l’année scolaire 2023-2024, il est progressivement étendu à de nouveaux établissements, avec l’objectif d’une couverture totale du primaire à l’horizon 2027-2028.
Le dispositif repose notamment sur de nouvelles approches pédagogiques, l’évaluation régulière des apprentissages et des supports pédagogiques adaptés.
Mais cette montée en puissance s’accompagne actuellement d'un problème très concret : certains manuels sont difficiles à trouver.
À quelques jours de la rentrée, des libraires marocains alertent sur des quantités insuffisantes et des ouvrages qui n’ont toujours pas été livrés. Selon l’Alliance des libraires au Maroc, les besoins seraient nettement supérieurs aux volumes effectivement disponibles.
Certains professionnels évoquent même des commandes de plusieurs milliers d’exemplaires qui ne seraient livrées qu’en partie.
La situation ne concerne donc pas nécessairement tous les manuels ni toutes les villes de la même manière. Il faut éviter de parler d’une pénurie généralisée. Mais pour une famille à qui il manque précisément un ouvrage demandé par l’école, la distinction devient assez théorique : le livre est soit disponible, soit il ne l’est pas.
Le dispositif repose notamment sur de nouvelles approches pédagogiques, l’évaluation régulière des apprentissages et des supports pédagogiques adaptés.
Mais cette montée en puissance s’accompagne actuellement d'un problème très concret : certains manuels sont difficiles à trouver.
À quelques jours de la rentrée, des libraires marocains alertent sur des quantités insuffisantes et des ouvrages qui n’ont toujours pas été livrés. Selon l’Alliance des libraires au Maroc, les besoins seraient nettement supérieurs aux volumes effectivement disponibles.
Certains professionnels évoquent même des commandes de plusieurs milliers d’exemplaires qui ne seraient livrées qu’en partie.
La situation ne concerne donc pas nécessairement tous les manuels ni toutes les villes de la même manière. Il faut éviter de parler d’une pénurie généralisée. Mais pour une famille à qui il manque précisément un ouvrage demandé par l’école, la distinction devient assez théorique : le livre est soit disponible, soit il ne l’est pas.
Pourquoi ne trouve-t-on pas simplement ces livres partout ?
Derrière le problème visible dans les librairies se trouve une chaîne beaucoup plus complexe : conception, impression, distribution puis vente.
Or, les relations entre éditeurs et libraires sont actuellement tendues.
Les professionnels de la librairie contestent notamment la baisse des marges commerciales sur certains manuels des écoles pionnières. Ils estiment que les nouvelles conditions économiques rendent certains ouvrages peu ou pas rentables à distribuer. Cette contestation a conduit plusieurs libraires à maintenir un boycott de certains titres.
Le paradoxe est particulièrement frappant : les prix des manuels ont été fortement encadrés ou réduits, mais cette volonté de rendre les ouvrages plus accessibles peut également créer des tensions dans leur distribution.
En 2025, les manuels des écoles pionnières avaient notamment été annoncés à des prix allant de 4 à 16 dirhams, ce que les libraires jugeaient déjà difficilement compatible avec leurs charges.
Cette année, le conflit commercial n'est donc plus seulement une question entre professionnels : il finit par atteindre directement les familles.
Le vrai coût de la rentrée ne se résume pas au prix affiché sur le livre : C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants à analyser.
Un manuel peut coûter quelques dirhams seulement sur le papier. Mais si un parent doit visiter plusieurs librairies pour le trouver, téléphoner à différents points de vente, se déplacer d’un quartier à l’autre ou attendre un nouvel arrivage, le coût réel de l’achat augmente.
C’est d’ailleurs ce qui s’était déjà produit lors de la rentrée précédente : des parents avaient témoigné de recherches longues et infructueuses pour trouver certains ouvrages des écoles pionnières.
Or, les relations entre éditeurs et libraires sont actuellement tendues.
Les professionnels de la librairie contestent notamment la baisse des marges commerciales sur certains manuels des écoles pionnières. Ils estiment que les nouvelles conditions économiques rendent certains ouvrages peu ou pas rentables à distribuer. Cette contestation a conduit plusieurs libraires à maintenir un boycott de certains titres.
Le paradoxe est particulièrement frappant : les prix des manuels ont été fortement encadrés ou réduits, mais cette volonté de rendre les ouvrages plus accessibles peut également créer des tensions dans leur distribution.
En 2025, les manuels des écoles pionnières avaient notamment été annoncés à des prix allant de 4 à 16 dirhams, ce que les libraires jugeaient déjà difficilement compatible avec leurs charges.
Cette année, le conflit commercial n'est donc plus seulement une question entre professionnels : il finit par atteindre directement les familles.
Le vrai coût de la rentrée ne se résume pas au prix affiché sur le livre : C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants à analyser.
Un manuel peut coûter quelques dirhams seulement sur le papier. Mais si un parent doit visiter plusieurs librairies pour le trouver, téléphoner à différents points de vente, se déplacer d’un quartier à l’autre ou attendre un nouvel arrivage, le coût réel de l’achat augmente.
C’est d’ailleurs ce qui s’était déjà produit lors de la rentrée précédente : des parents avaient témoigné de recherches longues et infructueuses pour trouver certains ouvrages des écoles pionnières.
À cela s’ajoute évidemment le reste de la liste scolaire.
Selon les estimations rapportées récemment à partir de professionnels du secteur, une rentrée dans le public pourrait représenter plusieurs centaines de dirhams par enfant, tandis que la facture peut atteindre plusieurs milliers de dirhams dans certains établissements privés, notamment lorsque des manuels importés sont utilisés.
Ces montants restent toutefois des ordres de grandeur et peuvent varier considérablement selon l’établissement, le niveau et les fournitures demandées.
Ces montants restent toutefois des ordres de grandeur et peuvent varier considérablement selon l’établissement, le niveau et les fournitures demandées.
Une pression financière, mais aussi une pression sociale
Pour les parents, le problème n’est pas uniquement financier.
Il existe aussi une forme de pression sociale et scolaire : acheter les mêmes livres que les autres enfants, dans les délais, afin que son fils ou sa fille ne commence pas l’année avec du retard.
Lorsque l’enseignant travaille directement à partir d’un manuel précis, ne pas l’avoir peut devenir une source d’inconfort pour l’élève. Et lorsqu’un ouvrage est difficile à trouver, la famille peut avoir le sentiment de devoir résoudre seule un problème qui dépasse largement le simple acte d’achat.
Cette pression touche d’ailleurs différents niveaux de revenus. Une famille disposant d’un budget confortable peut rencontrer un problème de disponibilité ; une famille plus modeste, elle, peut cumuler le problème de disponibilité et celui du prix.
Il existe aussi une forme de pression sociale et scolaire : acheter les mêmes livres que les autres enfants, dans les délais, afin que son fils ou sa fille ne commence pas l’année avec du retard.
Lorsque l’enseignant travaille directement à partir d’un manuel précis, ne pas l’avoir peut devenir une source d’inconfort pour l’élève. Et lorsqu’un ouvrage est difficile à trouver, la famille peut avoir le sentiment de devoir résoudre seule un problème qui dépasse largement le simple acte d’achat.
Cette pression touche d’ailleurs différents niveaux de revenus. Une famille disposant d’un budget confortable peut rencontrer un problème de disponibilité ; une famille plus modeste, elle, peut cumuler le problème de disponibilité et celui du prix.
Alors, où acheter les manuels des écoles pionnières ?
C’est justement l’une des questions que beaucoup de parents se posent actuellement.
Les manuels concernés sont commercialisés via le réseau de librairies, mais la disponibilité varie selon les références et les points de vente. À l’heure actuelle, les informations disponibles ne permettent pas d’établir une liste nationale fiable de librairies disposant de chaque titre.
Il est donc préférable de partir de la liste exacte remise par l’établissement, puis de contacter plusieurs librairies avant de se déplacer.
Et surtout, face aux tensions actuelles, mieux vaut ne pas considérer qu’un manuel annoncé comme disponible quelque part l’est nécessairement dans toutes les villes.
Les manuels concernés sont commercialisés via le réseau de librairies, mais la disponibilité varie selon les références et les points de vente. À l’heure actuelle, les informations disponibles ne permettent pas d’établir une liste nationale fiable de librairies disposant de chaque titre.
Il est donc préférable de partir de la liste exacte remise par l’établissement, puis de contacter plusieurs librairies avant de se déplacer.
Et surtout, face aux tensions actuelles, mieux vaut ne pas considérer qu’un manuel annoncé comme disponible quelque part l’est nécessairement dans toutes les villes.
Une rentrée qui révèle un problème plus profond
La polémique actuelle dépasse finalement la simple question du cartable.
Le Maroc cherche à transformer progressivement son école publique avec les Écoles pionnières, et le ministère présente ce modèle comme un levier pour améliorer les apprentissages et réduire les inégalités scolaires.
Mais une réforme pédagogique ne peut fonctionner pleinement que si les outils nécessaires à son fonctionnement sont accessibles au moment où les élèves en ont besoin.
C’est là tout le paradoxe de cette rentrée : vouloir rendre l’école plus équitable tout en laissant apparaître, même temporairement, des difficultés d’accès à certains supports pédagogiques.
Pour les parents, la priorité est beaucoup plus simple : que l’enfant ait son matériel et ses livres le jour où les cours commencent.
Et pour les libraires comme pour les éditeurs, le défi est désormais de résoudre les problèmes d’approvisionnement et de distribution sans faire supporter les dysfonctionnements de la chaîne aux familles.
La rentrée 2026 ne sera donc pas seulement celle des cartables et des cahiers. Au Maroc, elle sera aussi celle d’une question devenue très concrète pour des milliers de parents : comment acheter un manuel lorsqu’on vous demande de l’avoir, mais qu’il est parfois tout simplement difficile à trouver ?
Le Maroc cherche à transformer progressivement son école publique avec les Écoles pionnières, et le ministère présente ce modèle comme un levier pour améliorer les apprentissages et réduire les inégalités scolaires.
Mais une réforme pédagogique ne peut fonctionner pleinement que si les outils nécessaires à son fonctionnement sont accessibles au moment où les élèves en ont besoin.
C’est là tout le paradoxe de cette rentrée : vouloir rendre l’école plus équitable tout en laissant apparaître, même temporairement, des difficultés d’accès à certains supports pédagogiques.
Pour les parents, la priorité est beaucoup plus simple : que l’enfant ait son matériel et ses livres le jour où les cours commencent.
Et pour les libraires comme pour les éditeurs, le défi est désormais de résoudre les problèmes d’approvisionnement et de distribution sans faire supporter les dysfonctionnements de la chaîne aux familles.
La rentrée 2026 ne sera donc pas seulement celle des cartables et des cahiers. Au Maroc, elle sera aussi celle d’une question devenue très concrète pour des milliers de parents : comment acheter un manuel lorsqu’on vous demande de l’avoir, mais qu’il est parfois tout simplement difficile à trouver ?