Sauvons ces marchands à la sauvette et offrons leur une dignité.


Par Anissa Mekouar Senhadji.

Certains jours, la colère m'étrangle. Je vois ces petits vendeurs à la sauvette, courant à perdre haleine pour échapper aux agents de la moqataa et mqaddem. En moto ou en estafette, ils surgissent, criant « hez, hez, hez » — autrement dit : « ramasse, ramasse, ramasse ». Et les voilà partis, traqués, leurs marchandises confisquées par des agents qui n'ont qu'une mission : les faire disparaître.



Spectacle désolant que celui de ces marchands de fruits, de légumes, de tout et de rien, fuyant avec leurs chariots chargés.

Désopilant ? Non. Indécent Je comprends qu'on veuille nettoyer les rues, assainir les quartiers. Mais chasser ces hommes sans leur offrir d'alternative, c'est les acculer à la survie. Ils ne sont pas des brigands.

Ils sont des pères, des mères, des gens qui tentent de joindre les deux bouts. Alors pourquoi ne pas imaginer des espaces dédiés, par quartier? Des petites aires où ils pourraient exercer en toute légalité, payer une redevance symbolique et travailler en paix, à l'abri des confiscations arbitraires.

En échange, ils s’engageraient à tenir leur espace propre, balayeraient et jetteraient leurs ordures dans les poubelles.

En Europe, partout, il y a des marchés à ciel ouvert.

Les commerçants arrivent tôt, repartent à midi, laissent la place nette. Pourquoi pas chez nous ? Nos marchands ambulants ne sont pas des délinquants. Mais à force d'être traqués, brimés, humiliés, ils finiront par se révolter.

Et là, ce sera trop tard. On ne peut pas les chasser de leurs maisons et leur interdire de gagner leur pain. Donnons-leur une chance, un cadre, une dignité. Too much. Vraiment.

Par Anissa Mekouar Senhadji.


Mercredi 2 Septembre 2026

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